Amanda Kerfstedt

Amanda Kerfstedt
Biographie
Naissance

Eskilstuna (d)
Décès
(à 84 ans)
Gustav Vasa parish (d)
Sépulture
Cimetière de Solna (d)
Nationalité
Formation
Zanderska flickpensionen (d) (-)
Activités
Enfant
Hellen Lindgren (en)
Autres informations
A travaillé pour
Dagny (-)
Membre de
Association pour les droits de propriété des femmes mariées (en)
Personne liée
Alfhild Agrell (professeur)

Hilda Augusta Amanda Kerfstedt, née Hallström le à Eskilstuna et morte le à Stockholm, est une écrivaine, dramaturge et traductrice suédoise ayant produit essentiellement des romans, des nouvelles et des pièces de théâtre, mais aussi des livres pour enfants, des critiques et des articles. Elle est connue pour ses représentations littéraires de l'hypocrisie sociétale.

Amanda Kerfstedt est une des premières membres du Comité de l'association Nya Idun fondée en 1885 par Calla Curman, Hanna Winge, Ellen Fries, Ellen Key et Amelie Wikström.

Biographie

Hilda Augusta Amanda Hallström est née le à Eskilstuna. Elle est l'aînée des six enfants de Sven August Hallström et d'Albertina Elisabet Amanda Dybeck[1]. Elle grandit dans une famille influente. Son père, maire d'Eskilstuna, exerce une forte influence et gouverne la ville d'une main de fer pendant un demi-siècle. Sa mère est la sœur de l'archéologue Richard Dybeck. Le foyer est imprégné d'un intérêt pour la littérature et le père participe activement à l'éducation intellectuelle de sa fille[2].

Grâce à une imagination débordante, elle écrit ses propres histoires dès le jeune âge. À huit ans, elle est envoyée à Stockholm, dans le pensionnat de sa tante, situé à Södermalm[3].

Lorsqu'elle a treize ans, sa mère tombe malade et elle doit abandonner l'école et retourner à Eskilstuna pour prendre en charge les tâches ménagères[1].

Elle assume cette responsabilité jusqu'à l'âge de seize ans quand une servante est engagée pour la soulager[3].

En 1855, Amanda Hallström épouse le doyen d'Hedemora, Bengt Gustaf Lindgren, de quarante ans son aîné. De cette union naît un fils, Hellen Lindgren (en) (1857-1904), qui devient plus tard un célèbre critique littéraire. Son mari meurt trois ans plus tard et Amanda Kerfstedt déménage alors à Uppsala où vivent déjà deux de ses frères, étudiants[3],[1]. Elle s'intègre rapidement au un cercle social culturel local, épouse Petrus Kerfstedt, directeur d'école, et a une fille, Signe Kerfstedt[1],[3].

En 1879, la famille s'installe à Stockholm où Peter Kerfstedt est nommé recteur à l'institut Tomteboda pour aveugles. En 1903, il perd son travail et meurt six ans après. Ce deuxième veuvage, plonge Amanda Kerfstedt dans de grandes difficultés financières. « Écrire pour gagner sa vie est impossible », écrit-elle à Ellen Key[3],[1].

Amanda Kerfstedt meurt le à Stockholm. Elle est inhumée le au cimetière de Solna. Sa tombe abrite également, entre autres, les dépouilles de son second époux, Petrus Kerfstedt, et de ses enfants, Hellen Lindgren et Signe Wessman[1],[4].

Œuvre littéraire

Littérature pour l'enfance

En 1865, Amanda Kerfstedt publie, sous le pseudonyme « …y » ses deux premiers contes pour enfants, Tiggargossen eller Qvastgubbens dukater (sv) (Le Garçon mendiant ou Les Ducats de Qvastgubben) et Signild och hennes vänner (sv) (Signild et ses amis) chez l'éditeur Sigfrid Flodins förlag[1]. Ces récits, initialement imaginés pour son fils malade, sont empreints de réalisme et de conscience sociale[5].

Entre 1882 et 1908 Amanda Kerfstedt publie quasi quotidiennement des livres pour enfants ou pour la jeunesse[1].

À partir de 1892, elle collabore au Folkskolan barntidning (le journal des enfants de l'école primaire) et à d'autres publications de Noël pour enfants de l'époque ainsi qu'à Idun. Elle écrit aussi pour des journaux étrangers, au Danemark et en Finlande[3].

En 1882, son premier livre pour enfants, Små och stora (sv) ( Petit et Grand), est publié sous son nom, avec une préface de l'écrivain finno-suédois Zacharias Topelius. Le livre est salué par la presse.

En 1891, elle publie le livre pour enfants Glädjens blomster , illustré par Ottilia Adelborg, Jenny Nyström et Hanna Frosterus-Segerstråle. Ce livre obtient un prix du magazine Dagny[6].

Amanda Kerfstedt écrit à partir de pour la revue destinée aux enfants, Folkskolans Barntidning (en), récemment fondée.

Entre 1902 et 1903, Amanda Kerfstedt écrit trois livres pour enfants. En 1902, elle publie Blåklint, un recueil de dix-sept nouvelles, dont la plupart ont déjà paru dans divers magazines pour enfants[7]. En 1903, elle publie le roman jeunesse Susanne et le livre pour enfants Tipp. Susanne est une adaptation de la nouvelle Synd de 1881) et raconte l'histoire d'une jeune fille élevée à l'abri des aspects les plus sombres de la vie. Le roman montre également comment l'héroïne, Susanne, est brisée par un environnement moralement corrompu. Gurli Linder, dans sa critique parue dans Dagens Nyheter le , salue l'esprit « pur et bon » du livre. Tipp est un ouvrage pour enfants destiné aux plus jeunes[8].

Romans et nouvelles

En 1873, elle remporte le premier prix d'un concours de nouvelles du magazine Ekos, avec Till kusten. Écrite sous le pseudonyme de « Frank », cette nouvelle est destinée à un public adulte. Suite à ce succès, les magazines Eko et Tidskrift för hemmet publient plusieurs de ses nouvelles qui sont en 1880 regroupées dans un recueil intitulé Vid vägkanten[1].

C'est aussi à cette époque qu'elle rencontre Sophie Adlersparre, écrivaine et féministe, qui aura une grande influence sur sa carrière littéraire. Leur correspondance est conservée à la Bibliothèque royale de Suède, à Stockholm[3].

Entre 1880 et 1916, elle publie plusieurs romans et nouvelles de divertissement, offrant « des descriptions poétiques et chaleureuses, nées d'une profonde sensibilité morale et religieuse » [9],[3].

Le premier ouvrage d'Amanda Kerfstedt destiné à un public adulte est un recueil de nouvelles Vid vägkanten I (sv) (Au bord de la route I), paru en 1880. Il contribue à asseoir sa réputation dans les cercles littéraires. Vid vägkanten II (sv) (Au bord de la route II) paraît en 1883[8].

Le roman Holger Vide publié en 1893 est celui qu'elle considère comme son œuvre la plus importante. Elle y présente une image idéalisée de la maternité[10].

En 1901, elle publie le roman Reflexer. Ce roman raconte l'histoire de Walter Lagerstam, qui s'enferme une heure par jour pour se glisser dans la peau d'une femme. Il s'agit probablement du premier roman suédois sur un travesti, bien que le terme n'ait été inventé qu'en 1910. Si des hommes habillés en femmes ont déjà été représentés dans la littérature, Reflexer décrit le personnage avec empathie et tente d'expliquer son désir de porter des vêtements féminins[1]. Le roman est réédité en 2010 par Rosenlarv Förlag avec une prèface de Tiina Rosenberg[11].

Le dernier roman d'Amanda Kerfstedt, Maja, est publié en 1916. Il raconte l'éveil amoureux d'une fille de prêtre. Il est suivi de sa dernière nouvelle Lyckostenen paru en 1918 dans la revue Idun[12].

Théâtre

Amanda Kerfstedt fait ses débuts comme dramaturge en 1882, avec la pièce Lilla Nina, créée au Théâtre dramatique royal à Stockholm . Dans cette pièce qui n'est jouée que trois fois, elle aborde le thème du mariage[1].

Sa deuxième pièce, Hett blod, est jouée le , dans ce même théâtre et n'est pas mieux accueillie par la critique qui la juge ennuyeuse[13].

Traductions

Amanda Kerfstedt traduit des œuvres de fiction de l'anglais et du norvégien vers le suédois : Resan till världens ända (1986) de Hallvard Bergh (sv) et Onkel Toms stuga (La Case de l'oncle Tom, 1900) de Harriet Beecher Stowe qui connaît un grand succès, avec des rééditions jusqu'aux années 1960[14],[1]. Il est probable qu'elle ait également traduit Farbror Fredriks kassaskrin (1870) d'Anna Maria Hall et Cola Monti (1871) de Dinah Maria Craik.

Reconnaissance

Le 75e anniversaire d'Amanda Kerfstedt, en 1910, est célébré dans les revues Idun et Dagny. Les deux articles rendent hommage à son œuvre. Dans Idun, le rédacteur en chef écrit : « Sa contribution au roman suédois a été d'une importance capitale, non pas tant par l'originalité de ses idées ou la brillance de son style, mais plutôt par l'idéalisme de sa vision du monde, la profondeur de ses sentiments et le ton chaleureux et authentique qui caractérise toute son œuvre. ». Dans Dagny, Lotten Dahlgren, auteure de l'article, écrit : « Elle a su développer son exceptionnel talent d'écriture, don de la nature, en toute indépendance, et, à travers ce talent, elle a généreusement partagé la chaleur de son cœur qui imprègne son être, si profondément sensible à la joie et à la douleur humaines. »[10]. Un court article est également publié dans Idun à l'occasion du 80e anniversaire d'Amanda Kerfstedt, en 1915[15].

Engagement féministe

Durant les années 1880, Amanda Kerfstedt s'engage dans le mouvement des femmes et soutient le combat pour le droit de vote des femmes[16]. Elle est une des fondatrices, avec les écrivains Anne Charlotte Leffler, Alfhild Agrell de Svältringen (sv), une coterie littéraire qui regroupe une nouvelle génération de jeunes autrices se réclamant de la Jeune Suède (sv) et joue un rôle significatif pour l'avant-garde des années 1880[3].

De 1889 à 1890, l'association édite le magazine de l'Association Fredrika Bremer, Dagny[1],[17]. Amanda Kerfstedt en est la rédactrice en chef de 1888 à 1891 et aurait pris l'initiative de créer le comité littéraire de l'Association [18],[3].

Amanda Ferfstedt fréquente aussi le célèbre salon de Calla Curman[3].

Elle est membre de l'Association pour les droits de propriété des femmes mariées (en), fondée en 1873 et de l'Association Fredrika Bremer,,fondée en 1884. Elle est aussi une des premières membres de l'association Nya Idun fondée en 1885 par Calla Curman, Hanna Winge, Ellen Fries, Ellen Key et Amelie Wikström[3].

.Les écrits d'Amanda Kerfstedt contribuent au débat sur les droits de femmes. Elle y aborde des sujets parmi les plus controversés de son époque, tels que les droits patrimoniaux des femmes mariées, l'accès des femmes au travail et la double morale sexuelle de la société. Le désir d'une réforme du droit du mariage et d'une égalité entre hommes et femmes y est récurrent. Avec Anne Charlotte Leffler et Alfhild Agrell, elle est une des autrices ayant le plus contribué au débat moral littéraire des années 1880[11],[3].

La nouvelle Synd (Le péché) publiée dans la revue Finsk tidskrift en 1881, qui décrit la détresse d'une jeune femme découvrant l'infidélité de son mari est une critique de l'hypocrisie et du double standard de la société. Elle contribue à alimenter le débat moral des années 1880. Le sujet provocateur incita le rédacteur en chef du *Finnish Journal* à publier une préface dans laquelle il prenait ses distances avec le contenu[1],[3].

Le double standard sexuel est aussi un thème récurrent dans le recueil de nouvelles « Kärlek och andra berättelser (1885) et le roman Eva (1888)[1],[3].

Au tournant du siècle, elle collabore également avec Stina Quint (en) à la publication de Hemtrefnad, la revue de l'Association Fredrika Bremer[19].

Publications

Un liste exhaustive est disponible sur Libris

  • (sv) Vid vägkanten - Berättelser och skizzer, Stockholm, Björck, (lire en ligne)
  • (sv) Kärlek och andra berättelser, Stockholm, Beijer, (lire en ligne)
  • (sv) Eva, Stockholm, Hæggström, (lire en ligne)
  • (sv) Bränningar : verklighetsbilder, Stockholm, Geber,
  • (sv) I vind och motvind : noveller och utkast, Stockholm, Beijer,
  • (sv) Holger Vide, Stockholm, Geber,
  • (sv) Maja : en kärlekshistoria från en romantisk tid, Stockholm, Geber,
  • Synd : noveller av det moderna genombrottets kvinnor ; publié dans la revue Finsk en 1881 ; réédition : Stockholm, Ordfront, 1993 Lire en ligne (ISBN 91-7324-425-2).
  • .(sv) Reflexer, Stockholm, Rosenlarv, (1re éd. 1901) (ISBN 978-91-977935-4-4)

Livres pour enfants

  • (sv) Harriet Beecher Stowe et Amanda Kerfstedt (adaptation et traduction) (ill. Karl Aspelin), Onkel Toms stuga, Stockholm, Svensk Läraretidnings Förlagsaktiebolag, (lire en ligne)
  • (sv) Hallvard Ellestad Bergh (trad. Amanda kerfstedt), Resan till världens ända, Stockholm, Hugo Gerers, (lire en ligne)
  • (sv) Bläklint, Stockholm, Hugo Gebers, (lire en ligne)

Bibliographie

  • (su) Maria Andersson, Att bli människa : barn, sedlighet och kön i Amanda Kerfstedts, Helena Nybloms och Mathilda Mallings författarskap 1880-1910, Göteborg, Makadam, coll. « Skrifter utgivna av Svenska Litteratursällskapet », , 336 p. (ISBN 978-91-7061-087-5).

Références

  1. (en) Eva Heggestad (trad. Alexia Grosjean), « Hilda Augusta Amanda Kerfstedt », sur Svenskt kvinnobiografiskt lexikon, (consulté le )
  2. (sv) Laura Fitinghoff, Laura, « Amanda Kerfstedt », Idun, vol. 4, no 2,‎ (lire en ligne)
  3. (sv) « KAPITALBESKRIVNING Kerfstedt, Amanda », sur www.skeptron.uu.se (consulté le )
  4. « Gravar.se », sur gravar.se (consulté le )
  5. (sv) Lars Lönnroth, Sven Delblanc et Sverker Göransson, Den svenska litteraturen, Stockholm, Bonniers,
  6. (sv) « Litteraturbanken | Svenska klassiker som e-bok och epub », sur litteraturbanken.se (consulté le )
  7. (sv) Amanda Kerfstedt, « Blåklint. Berättelser för barn », sur runeberg.org, (consulté le )
  8. (sv) Anna Grettve, , (2003). författarens barnberättelser, Uppsala, Litteraturvetenskapliga institutionen, univ., (LIBRIS 9432759)
  9. (sv) Sigrid Leijonhufvud, Kvinnan inom svenska litteraturen intill år 1893. En bibliografi utarbetad med anledning af världsutställningen, Stockholm, Kungl. Boktryckeriet. P. A. Norstedt & Söner., (lire en ligne)
  10. (sv) Johan Nordling, « Amanda Kerfstedt: En 75-årig författarinna », Idun, vol. 23, no 25,‎ (lire en ligne)
  11. (sv) Lina Arvidsson, « Bilden av en garderob | dagensbok.com », (consulté le )
  12. (sv) Amada Kerfstedt, « Lycksopenen », idun, no 23,‎ (lire en ligne)
  13. (sv) « Litteraturbanken | Svenska klassiker som e-bok och epub », sur litteraturbanken.se (consulté le )
  14. (sv) Hallvard Ellestad Bergh, « Resan till världens ända », sur runeberg.org, (consulté le )
  15. (sv) « Amanda Kerfstedt », Idun, no 24,‎ (lire en ligne)
  16. Maria Andersson, « Framtidens kvinna. Framställningen av kvinnlig rösträtt i två svenska flickböcker », Barnelitterært forskningstidsskrift, vol. 8, no 1,‎ (DOI 10.1080/20007493.2017.1304514, lire en ligne, consulté le )
  17. (en) « Hilda Augusta Amanda Kerfstedt », sur The History of Nordic Women's Literature
  18. (sv) « Dagny, 1886-1913 | KvinnSam », sur kvinnsam.ub.gu.se, (consulté le )
  19. (sv) Lisbeth Larsson, En annan historia. Om kvinnors läsning och svensk veckopress, Stockholm, Symposion Bokförlag & Tryckeri AB, (ISBN 91-7868-1634, lire en ligne)

Lien externe

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