Amiral Makarov (brise-glace, 1940)

Amiral Makarov (Адмирал Макаров)
Autres noms V. Molotov (1941-1958)
Type Brise-glace à vapeur
Histoire
Chantier naval Chantier naval de la Baltique (chantier naval n°189 S. Ordzhonikidze), Leningrad Drapeau de l'URSS Union soviétique
Fabrication acier
Lancement 24 avril 1941
Commission 8 août 1941
Statut Déclassé en 1966, démantelé en 1967
Équipage
Équipage 142
Caractéristiques techniques
Longueur 106,9 m
Maître-bau 23,1 m
Tirant d'eau 8,8 m
Déplacement 11000 tonnes
Tonnage 4866 TJB
Propulsion
Puissance 10000 ch
Vitesse 15,5 nœuds (28,7 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement 3 canons de 76,2 mm, 7 canons AA de 20 mm (pendant la Seconde Guerre mondiale)
Aéronefs 3 (avant la Seconde Guerre mondiale)
Carrière
Propriétaire
  • Vladivostok Arctic Shipping Company (jusqu’en 1957)
  • Compagnie maritime d'Extrême-Orient
Pavillon Drapeau de l'URSS URSS
Port d'attache Vladivostok Drapeau de l'URSS Union soviétique (1941-1944)[1]

L'Amiral Makarov (en russe : Адмирал Макаров) est un brise-glace construit en 1940 en URSS, au chantier naval de la Baltique à Leningrad. Appartenant à la série de brise-glaces « projet 51 », il était le navire jumeau du brise-glace Joseph Staline (Sibir après 1956). Il a été en service de 1940 à 1966. Il a été nommé à son lancement V. Molotov en l’honneur du dirigeant soviétique Viatcheslav Molotov[2].

Conception

Dans les années 1930, compte tenu de la nécessité de maintenir la navigation dans les régions septentrionales et de l’obsolescence technique des brise-glaces en leur possession, les autorités soviétiques décident de construire de nouveaux brise-glaces dans les chantiers navals domestiques. La conception technique des brise-glaces de type 51 a été réalisée par le bureau Sudoprojekt, la conception de travail a été développée dans le bureau d'études du chantier naval Sergo Ordzhonikidze (devenu chantier naval de la Baltique) à Leningrad[3]. Le projet a utilisé des solutions éprouvées, prenant en compte l’expérience dans la navigation arctique acquise lors de l’exploitation du brise-glace Krassine, construit en Angleterre en 1917, et du brise-glace Yermak. Les machines à vapeur ont été construites selon les dessins britanniques, les chaudières étaient alimentées au charbon. Le commandement naval soviétique a décidé de construire les brise-glaces en 1932, confiant le projet à l’ingénieur Ivan Smorgon. Le projet a été approuvé en 1934 et, en moins d’un an, la construction a commencé pour le J. Staline, le navire de tête de la série, et trois autres navires de la même classe : le V. Molotov, également construit au chantier naval de la Baltique de Leningrad, ainsi que le L. Kaganovich et le A. Mikoyan construits à Mykolaïv[4].

Spécifications

Le navire avait une longueur de 106,6 m et une largeur de 23,1 m, un tirant d'eau de 8,8 m et un déplacement de 11000 tonnes. Ses machines avaient une puissance de 10000 ch, et il atteignait la vitesse de 15,5 nœuds.

Sa coque était constituée de plaques d’acier de 32 à 35 mm d’épaisseur. La ceinture de glace, allant de 0,6 m au-dessus de la ligne de flottaison à 5,7 m au-dessous de la ligne de flottaison, avait un revêtement de 40 mm d’épaisseur. L’espacement entre les cadres était de 305 mm[3].

La propulsion était assurée par trois machines à vapeur à triple expansion, alimentées en vapeur par 9 chaudières à tubes d'eau alimentées au charbon. La puissance totale était de 9900 ch. Les machines entraînaient 3 hélices à pales remplaçables en acier d’un diamètre de 4,4 m qui pesaient 14,9 tonnes chacune[3].

L’électricité était fournie par un générateur de 25 kW. Une génératrice de secours était placée sur le pont supérieur.

Le brise-glace pouvait emporter jusqu’à 2900 tonnes de charbon, ce qui lui permettait de naviguer 6000 milles nautiques. L’équipage était composé de 138 personnes.

Une catapulte pour hydravions était installée à l’arrière. Le hangar devant la catapulte abritait trois hydravions[3].

Lors de sa conception, une attention particulière a été portée aux conditions de vie de l’équipage, ainsi qu’à l’amélioration des performances de ses moteurs[4]. Il a été prévu pour un équipage de 138 hommes, et équipé pour la recherche hydrologique, géochimique et biologique, entre autres[4]. Pour l’exploration de l’Arctique, il avait la capacité de transporter trois avions sur le pont, ainsi que de puissantes stations radio à ondes courtes, à ondes longues et d’urgence[4].

Historique

Le brise-glace a été construit au chantier naval S. Ordzhonikidze à Leningrad. Le navire a été lancé en , plus tôt que prévu, après quoi les travaux de construction et d’installation ont commencé. En , trois chaudières ont été installées.

Entre août et , le brise-glace a été converti en croiseur auxiliaire au chantier naval de la Baltique, principalement par l’installation d’un armement antiaérien.

En , le V. Molotov fait partie du Détachement des brise-glaces armés. Durant l’été 1942, presque tout l’équipage a été transféré à terre dans le corps des fusiliers marins. Après avoir mis fin au blocus de Leningrad en , le brise-glace a été transféré sous la juridiction du Glavsevmorpoutnik (Direction générale de la Route maritime du Nord) pour travailler dans le secteur oriental de l’Arctique[5].

Jusqu’en 1957, le navire était subordonné au Glavsevmorpoutnik et faisait partie des navires de la Vladivostok Arctic Shipping Company, basée dans le port de Vladivostok en Extrême-Orient. Puis, après que la Compagnie de navigation de l’Arctique de Vladivostok soit devenue une partie de la Compagnie de navigation d’Extrême-Orient, il est resté dans la FESCO.

En 1958, après la défaite du « groupe anti-parti », le brise-glace a été rebaptisé Amiral Makarov, en l’honneur du vice-amiral Stepan Makarov[5].

Le brise-glace a été transféré à la République démocratique allemande en 1966 pour travailler dans la mer Baltique. Son utilité a rapidement disparu, lorsque le tout nouveau brise-glace Stefan Janzen est entré en service. En 1967, le navire a été vendu pour la ferraille à une société allemande[5].

Notes et références

  1. ↑ (en) « armed merchant cruisers of WWII », sur Navypedia (consulté le ).
  2. ↑ (ru) « На стройке ледокола "В. Молотов" », Правда, no 107 (7792),‎ , p. 6.
  3. (ru) « Паровые линейные ледоколы «русского типа» » [archive du ], sur opww.narod.ru,‎ (consulté le ).
  4. (ru) Иван Кукушкин, « «Иосиф Сталин» / «Сибирь» , линейный ледокол », sur Полярная Почта,‎ (consulté le ).
  5. (ru) Н. А. Кузнецов, Отечественные морские ледоколы от "Ермака" до "50 лет Победы", Moscou, Paulsen,‎ , 32 p. (ISBN 978-5-98797-087-4), p. 24.

Bibliographie

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