André Burthe

 André Burthe d'Annelet
André Burthe
Le général André Burthe.

Naissance
Metz
Décès (à 57 ans)
Ancien 2e arrondissement de Paris
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général de brigade
Années de service 1791 – 1815
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Distinctions Baron de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, 9e colonne.
Famille Dominique François Burthe

André Burthe d’Annelet, né le à Metz dans les Trois-Évêchés et mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l'Empire.

Biographie

Sous la Révolution et le Consulat

André Burthe naît le à Metz[1]. Il est le fils de Nicolas Burthe et de Françoise d'Annelet[2]. Émile Bégin le dit « issu d'une famille irlandaise réfugiée » ; son père exerce la profession d'épicier[3]. Il entre au service le dans le 2e régiment de dragons et sert l'année suivante à l'armée du Nord. Remarqué après la bataille de Neerwinden le , il devient sous-lieutenant au 10e régiment de dragons, d'abord à titre provisoire le de la même année puis de façon permanente le , et est affecté à l'armée du Rhin l'année suivante[1].

Il est décrit vers cette époque par le général Desaix comme un « joli jeune homme, grand, jolie figure, doux, yeux noirs, un peu petit »[4]. Désigné pour exercer les fonctions d'adjoint du général Solignac à l'armée d'Italie en , il est promu lieutenant le puis capitaine le suivant, grade dans lequel il est confirmé le . Il est ensuite nommé aide de camp du général Masséna à l'armée d'Helvétie le [1].

Après la bataille de Zurich, il est fait chef d'escadron par Masséna le , avant de passer en Italie avec son général en décembre et d'être blessé à deux reprises au cours du siège de Gênes[1]. Le , il porte au Premier consul les drapeaux pris à l'ennemi et est élevé au grade d'adjudant-général le suivant. De 1801 à 1805, il sert à l'armée de Batavie, en Hollande et à Hanovre[5]. En 1803, il s'embarque pour la Louisiane avec l'administrateur Pierre-Clément de Laussat et son cousin Dominique François Burthe[6]. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le puis officier de l'ordre le suivant.

Au service de Napoléon Ier

Le 4e hussards à la bataille de Friedland, le 14 juin 1807 (huile sur toile d'Édouard Detaille, 1891).

De retour en France, il est nommé colonel du 4e régiment de hussards le et participe à la campagne d'Autriche au sein de la brigade du général Picard. Il combat à Austerlitz le [5], où il est brièvement capturé lors d'une charge de la cavalerie de Kellermann sur l'aile gauche française avant d'être dégagé par l'intervention de ses hussards[7]. Les pertes de son régiment, qui aligne 280 sabres au début de la bataille, s'élèvent à 63 tués ou blessés[8]. Il est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur le 25 de ce mois.

À l'ouverture de la campagne de Prusse en 1806, le 4e hussards de Burthe est attaché à la division du général Tilly, aux côtés du 2e hussards et du 5e chasseurs à cheval[9]. Burthe est présent à la bataille de Schleiz et au combat de Halle, livrés respectivement les 9 et , et reçoit une blessure à Liebstadt le . Le de la même année, il est transféré à la brigade de cavalerie du général Beaumont[5], avec laquelle son unité sert à la gauche du dispositif français lors de la bataille de Friedland, le [9]. Il est titulaire d'une rente de 4 000 francs sur le territoire de Westphalie le [2] et est créé baron de l'Empire le suivant[10].

Le , Burthe est affecté à l'armée d'Espagne, qu'il rejoint en même temps que la brigade Beaumont[5]. Au moment de franchir la frontière espagnole, le 4e hussards déploie 812 hommes répartis en trois escadrons[9]. Ayant pris part au second siège de Saragosse, qui capitule en , Burthe est versé peu après à l'armée d'Aragon[5], dont le 4e hussards constitue la force montée avec le 13e cuirassiers et un détachement de lanciers polonais de la Vistule ; réduite à 326 soldats, son unité combat successivement à Alcañiz, Maria et Belchite au cours de l'année 1809[9]. Il se distingue également en avril de l'année suivante au cours du siège de Lérida[5], qui voit les hussards du 4e jouer un rôle important dans la défaite des troupes espagnoles du général O'Donnell lors du combat de Margalef[9]. Un peu plus tard dans l'année, ses hommes disputent plusieurs combats victorieux contre les Espagnols dans les opérations préliminaires au siège de Tortose[11].

En récompense de ses services, Burthe est promu général de brigade le . Un temps sans emploi, il prend successivement la tête d'une brigade de cavalerie à Stenay à la fin de l'année 1811, de la 8e brigade de cavalerie légère de la 2e division du général Wathier le et d'une brigade de cavalerie du 2e corps du maréchal Oudinot le . En , il commande la 2e brigade de la 2e division de cavalerie légère du général Sébastiani en prévision de la campagne de Russie. Passé le à la division du général Pajol, il est blessé à la bataille de la Moskova le et fait prisonnier par les Russes le , au cours de la retraite française[5].

Rentré de captivité le , il est employé pendant les Cent-Jours à l'armée du Nord, au sein de la 5e division de dragons du général Strolz, et charge à Fleurus le . De nouveau engagé au combat de Vélizy le , il est mis en non-activité lors du licenciement de l'armée en [5]. Il meurt le , à Paris[1], et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (28e division)[12]. Le général Paul Thiébault écrit à son propos qu'il « n'avait ni le sentiment des déférences que donne l'éducation, ni le tact qui peut résulter de l'instinct […] son esprit naturel ne lui ayant donné d'autre supériorité que celle des lazzi des corps de garde » ; déplorant « la vulgarité de ses goûts », il ajoute :

« Le jeu, le vin, les duels, les femmes se partageaient sa vie ; et cependant il ne manquait pas de mérite[13]. »

Famille

Il épouse Marguerite Suzanne Delord-Sarpy[2], une créole dont il a fait la connaissance en Louisiane[14]. La cérémonie a lieu le [2] ou le [14]. Revêtue de l'uniforme du 4e hussards, cette dernière accompagne son mari dans les premières campagnes napoléoniennes et est distinguée de la médaille de Sainte-Hélène sous le Second Empire[15]. De leur union naissent huit enfants : Jules Félix Burthe (1804-1857), officier et consul de France, André Adolphe Burthe (1808-1846), Charles Saint-Léon Burthe (1812-1838), Jean Oscar Burthe (1810-1836), Charles François Burthe (1829-?), Marguerite Anne Joséphine Burthe, Marie Napoléonie Burthe et enfin Marie Octavie Burthe[2].

Distinctions

Armoiries

Figure Blasonnement
Armes du 1er baron d'Annelet et de l'Empire (lettres patentes du )

Écartelé : au 1er, d'azur à un sauvage d'or portant un carquois et appuyé sur son arc du même ; ; au 2e, des barons militaires ; au 3e, de gueules à six drapeaux passés en sautoir ; au 4e, parti : a) d'argent à une tête de cheval, coupée de sable et surmontée d'une étoile d’azur, b) d'azur à une harpe d'or[2].

Bibliographie

  • Jérôme Croyet, « Le 4e régiment de hussards sous la Révolution et l'Empire », Traditions, no 7,‎ , p. 74-85 (ISSN 2427-2744).
  • Edward Larocque Tinker, Les écrits de langue française en Louisiane au XIXe siècle, Genève, Slatkine Reprints, , 502 p. (lire en ligne).
  • Thierry Lentz et Denis Imhoff, La Moselle et Napoléon : étude d'un département sous le Consulat et l'Empire, Metz, Serpenoise, .
  • Alain Pigeard (préf. baron Gourgaud), Les étoiles de Napoléon : maréchaux, amiraux, généraux 1792-1815, Quatuor, , 768 p..
  • Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire, t. 1, Paris, Librairie Georges Saffroy, (lire en ligne), p. 174-175.

Liens externes

Notes et références

  1. Six 1934, p. 174.
  2. Albert Révérend, Armorial du Premier Empire : titres, majorats et armoiries concédés par Napoléon Ier, t. 1, Paris, Bureau de l'annuaire de la noblesse, , 294 p. (lire en ligne), p. 154.
  3. Émile Bégin, Biographie de la Moselle, t. 1, Metz, Verronnais, , 462 p. (lire en ligne), p. 217.
  4. Pigeard 1996, p. 254.
  5. Six 1934, p. 175.
  6. Larocque Tinker 1975, p. 62.
  7. Jean Tranié et Juan-Carlos Carmigniani, Napoléon et la Russie : les années victorieuses (1805-1807), Copernic, , 245 p. (ISBN 2-85984-062-1), p. 107.
  8. Croyet 2016, p. 78.
  9. Croyet 2016, p. 80.
  10. Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire : suivi de la liste complète des membres de la noblesse impériale, Paris, Tallandier, , 359 p. (ISBN 2-235-00694-9), p. 215.
  11. Croyet 2016, p. 80, 82.
  12. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoires et Documents, , 867 p. (lire en ligne), p. 161.
  13. Pigeard 1996, p. 254-255.
  14. Larocque Tinker 1975, p. 61.
  15. Larocque Tinker 1975, p. 61-62.
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