André Conreaux

André Conreaux, né le à Lièpvre et mort le à Ribeauvillé, est un passeur et résistant alsacien durant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie

Origines et jeunesse

André Conreaux grandit au hameau de la Chambrette à Rombach-le-Franc, où il exerce le métier de tisserand. Son père est un blessé de la Grande Guerre. La famille vit à proximité des Langlaude, avec lesquels ils entretiennent des relations de voisinage étroites[1].

Résistance et activités clandestines

Filière d'évasion

Un dimanche de , André Conreaux reçoit la visite d'un officier français cherchant à franchir la « frontière de 1870 rétablie par les allemands » entre l'Alsace annexée de fait et la zone occupée. Avec l'aide de Jean Langlaude, son cousin, il mène l'homme vers le secteur des Trois Bornes. Cette expérience initiale l'entraîne dans un réseau clandestin de passeurs[1].

Marthe Chappel, qui gère un bureau de tabac à Rombach-le-Franc, devient son intermédiaire et lui adresse régulièrement des personnes souhaitant quitter l'Alsace annexée de fait. Le système mis en place avec Auguste Schmitt, un industriel, permet d'acheminer les évadés jusqu'à Lubine dans les Vosges. Le responsable de la gare locale leur procure alors des papiers falsifiés facilitant leur progression vers Saint-Dié-des-Vosges puis Épinal. Ses cousins Jean et Jeanne Langlaude, cette dernière née en 1914 et habitant aussi la Chambrette, participent aux passages. Ses actions s'inscrivent dans un dispositif coordonné avec Ottenwaelder[1].

Arrestation et internement

Début 1943, après le conseil de révision pour la Wehrmacht à Sainte-Marie-aux-Mines le , André Conreaux et plusieurs jeunes de Rombach-le-Franc manifestent leur attachement à la France en chantant « La Marseillaise » et « Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine » durant le trajet ferroviaire de retour vers Lièpvre. Des passagers les dénoncent aux autorités d'occupation[1].

Le Sicherheitsdienst les convoque le à Lièpvre. André Conreaux, Paul Philippe, René Didierjean, Jean Stouvenot, Jean-Paul Philippe et Adrien Frechard sont alors appréhendés et envoyés au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Dès leur arrivée, ils endurent un traitement brutal et passent cinq semaines dans le secteur disciplinaire où les conditions sont extrêmement dures. Adrien Frechard décède des sévices subis le . Après avoir travaillé dans plusieurs Kommandos, les quatre autres prisonniers retrouvent la liberté le [1].

Réfractaire et clandestinité

Le , soit trois jours plus tard, André Conreaux et René Didierjean sont envoyés à Sarrebrück où ils doivent effectuer leur service dans le Reichsarbeitsdienst. Dès leur retour en Alsace annexée de fait le , ils choisissent de disparaître pour éviter d'être enrôlés de force dans l'armée allemande. René Didierjean part rejoindre son frère dans le massif vosgien tandis qu'André Conreaux se dissimule à Sainte-Croix-aux-Mines chez des proches de son père jusqu'au printemps 1944[1].

Ses parents, qui l'ont fortement encouragé à refuser la convocation militaire, sont appréhendés le . Ils sont ensuite déportés dans un camp de détention où ils demeurent jusqu'en . Paul Philippe, contraint de servir dans la Wehrmacht et déployé à l'Est, perd la vie le [1].

Engagement dans le maquis

Au mois de , André Conreaux revient à l'exploitation agricole familiale, désormais propriété de sa sœur, et intègre le groupe de résistants de la Chambrette sous l'autorité de Paul Sattler. Disposant d'armement sommaire composé de fusils de chasse et de vestiges de 1914-1918, leur capacité d'action demeure restreinte. Auguste Schmitt leur fait néanmoins parvenir des recrues, portant l'effectif à environ dix combattants[1].

François Artz, maquisard basé à Marigoutte, hameau de Sainte-Croix-aux-Mines, tombe sous les balles d'une patrouille allemande le . Dès le jour suivant, l'armée américaine libère le secteur de Sainte-Marie-aux-Mines[1].

Engagement dans les Forces françaises de l'intérieur

À la suite de la Libération, André Conreaux rejoint les Forces françaises de l'intérieur où il sert comme soldat de deuxième classe dans l'unité du capitaine Auguste Schmitt. Après avoir participé à des missions visant à restaurer l'ordre public, il quitte le service en pour retourner à la vie civile[1].

Distinctions

André Conreaux a reçu les distinctions suivantes :

Notes et références

  1. Le Normand 2016.
  2. « Conreaux Jean André », sur archives.legiondhonneur.fr (consulté le )
  3. « Conreaux André », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • Eric Le Normand, Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA) (ill. Christophe Clavel), La Résistance des Alsaciens, Paris, Fondation de la Résistance, Département AERI, (ISBN 978-2-915742-32-9), « André Conreaux ». Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

Liens externes

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