André Rosevègue

André Rosevègue
Biographie
Nom de naissance André Rozencweig
Date de naissance
Lieu de naissance Talence (Gironde)
Nationalité Française
Parti politique PCF (jusqu'en 1965)
PCI (1965-1968)
LC (1969-1973)
LCR (1974-2009)
NPA (2009-2012)
Ensemble !
Syndicat UNEF
UEC (1963-1966)
CGT (1968)
SNES (à partir de 1969)
Fratrie Georges Rosevègue (d)
Diplômé de Université de Caen
Profession Enseignant

André Rosevègue[a], né André Rozencweig le à Talence (Gironde), est un enseignant et militant syndicaliste, associatif et politique français.

Engagé au sein de mouvements trotskistes, altermondialistes, pacifistes et antisionistes, il est notamment membre du syndicat national des enseignements de second degré (SNES), de la ligue communiste révolutionnaire (LCR) et de l'union juive française pour la paix (UJFP).

Biographie

Famille et jeunesse

André Rozencweig naît le à Talence, dans l'agglomération de Bordeaux. Il est le fils de Michel Rozencweig et de Rosa Mitchnik, juifs polonais athées et laïcs nés respectivement à Varsovie et Odessa qui émigrent en France vers 1925 pour suivre des études de médecine à l'université de Montpellier. Ils militent au Parti communiste français avant la Seconde Guerre mondiale. Michel Rozencweig résiste au sein du Front national et des francs-tireurs et partisans puis rejoint fin 1944 le 6e bataillon de chasseurs alpins où il reste jusqu'en 1948. Il obtient la nationalité française (qui lui avait été refusée en 1937) en 1947 et francise son nom en Rosevègue[1],[2]. Il devient médecin inspecteur de la santé et sa femme médecin scolaire. Ils votent PCF sans être encartés et sont syndiqués respectivement au CGC des inspecteurs de santé et au syndicat national des médecins scolaires (FEN). Ils ont trois fils : Georges Rosevègue (d), né en 1941, directeur de la maison de la culture du Havre, André et Pierre, né en 1949. Ils s'installent au Havre en 1950[1].

Études et carrière

André Rosevègue étudie au lycée François-Ier du primaire au secondaire (1950-1962), où il obtient son baccalauréat (série sciences expérimentales). Il étudie un an en hypokhâgne au lycée Malherbe de Caen (1962-1963) puis en licence de sociologie à l'université de Caen (1963-1967). Il est brièvement moniteur en sociologie à l'université de Bordeaux (1966-1967), puis chargé d'études sur l'emploi à la direction générale du Travail de Caen puis de Paris en 1968. La même année, il obtient le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement technique (CAPET) en sciences techniques et économiques (STE). EN 1969, il est six mois professeur stagiaire au lycée de Massy-Palaiseau puis professer certifié en STE puis en sciences économiques et sociales en 1972. Il enseigne au lycée Claude-Monet du Havre de 1969 à 1977, au lycée Laure-Gatet de Périgueux de 1977 à 1982 et au lycée Bertran-de-Born dans la même ville de 1982 à 1993. Il réussit le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré (CAPET) en 1994 et devient professeur documentaliste au collège de Guîtres de 1994 à 1995 puis au collège du Grand Parc à Bordeaux de 1996 à sa retraite en 2005. Pendant sa carrière, il est membre du groupe académique de formation de formateurs « Sexualité et prévention des MST » (1996-2002), coordinateur de l'initiative « Collège au cinéma » et animateur de ciné-clubs de lycéens[1].

Engagement syndical

André Rosevègue milite au début de ses études à l'Union nationale des étudiants de France puis à l'union des étudiants communistes de 1963 à 1966. Il en est le secrétaire pour Caen dès 1964 et participe à la rédaction de son bulletin L'Étincelle. Il rejoint la confédération générale du travail en 1968 au ministère des affaires sociales, puis le syndicat national des enseignements de second degré (SNES) en . Membre de la tendance « École émancipée », il est élu à plusieurs reprises au sein de bureaux de sections d'établissements, des bureaux de sections départementales, de commissions administratives départementales ou des bureaux des sections académiques de Rouen et Bordeaux. Il est membre de l'équipe responsable de la tendance de 1970 à 1972 aux côtés de Michel Chauvet (d), puis du bureau national du syndicat de 1971 à 1975. Il s'intéresse aux questions de droits et libertés, d'éducation sexuelle et d'environnement[1].

Il effectue son service militaire du au au sein du 51e Régiment d’infanterie d'Amiens. Le , il participe au défilé du Front des soldats, marins et aviateurs révolutionnaires (FSMAR). Il prend part aux comités de soldats et au comité de défense des appelées après un accident faisant huit morts dans son régiment à l'occasion duquel il organise au Havre une conférence de presse avec deux autres havrais du 51e régiment[1],[3]. Il siège à nouveau au bureau national du SNES de 1983 à 1989 et au conseil fédéral de la fédération de l'Éducation nationale (FEN) de 1985 à 1989 puis participe à la création de la fédération syndicale unitaire (FSU). Il est égalent commissaire paritaire académique, représentant de la FNES et la FSU au Comité Hygiène et Sécurité de Gironde et de l'académie de Bordeaux[1].

Engagement politique

Il est brièvement membre de la cellule du Parti communiste français de Caen. Il en est exclu en parce qu'il a rejoint le Parti communiste internationaliste en février sous le pseudonyme « Sadose ». En , avec Alain Krivine et Daniel Bensaïd, il crée la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR)[1]. Il y côtoie aussi bien des enfants de notables (médecins, comme ses parents, chefs d'entreprises) mais aussi des militants issus de familles ouvrières, comme Gérard Filoche[4]. Il participe à la rédaction de L'Étincelle, devenue le bulletin de la section de Caen de la JCR et y milite jusqu'à sa dissolution le . Il participe à la rédaction de Rouge de d' à . Il rejoint la Ligue communiste dès sa création en 1969[1] sous le pseudonyme « Milos », du nom du poète polonais engagé Czesław Miłosz[5], dont il est membre de la commission nationale enseignante et du comité central de 1969 à 1971. Il participe à la construction de la section du Havre de la LC (devenue Ligue communiste révolutionnaire, LCR, en 1973) jusqu'en 1977. En 1971, à l'occasion du centenaire de la Commune de Paris et en collaboration avec des militants anarchistes, les militants de la section débaptisent la place Thiers en place Eugène Pottier. Leader de la section, il participe à la rédaction du journal La Lutte continue et à sa diffusion, notamment sur l'usine Renault de Sandouville, ce qui permet de recruter plusieurs ouvriers industriels et portuaires[1].

À Périgueux, il collabore au bulletin de la LCR Le Petit Rouge du Périgord, journal ouvert à l'occitanisme et aux questions agricoles. Il est candidat à trois reprises aux élections législatives pour la LCR (devenue Nouveau Parti anticapitaliste, NPA, en 2009) : en 1980 dans la 2e circonscription de la Dordogne, en 2007 dans la 3e circonscription de la Dordogne et en 2012 dans la 1re circonscription de la Dordogne. Il mène la liste À gauche vraiment aux élections municipales de 2008 à Talence. Il quitte le NPA le après la campagne présidentielle de Philippe Poutou et la minorisation dans le parti de la ligne Gauche anticapitaliste par les anciens de Lutte ouvrière et de Voix des travailleurs, tout en restant membre de la Quatrième Internationale. Il rejoint alors le Front de gauche et Ensemble !. Il contribue à organiser la deuxième université d'été du parti en [1].

Engagement associatif et pacifiste

Anti-impérialiste, il participe au Comité Vietnam national avant 1968 puis au Front Solidarité Indochine et fonde au Havre un Comité de soutien aux exilés des départements d’outre-mer soutenu par la LC, le Parti socialiste unifié et la Ligue des droits de l'homme. Le , avec quatre camarades, il s'enchaine aux grilles de la sous-préfecture pour s'opposer à l'« affectation autoritaire en métropole » de sept fonctionnaires d'outremer . Il participe à la fondation du Comité de solidarité avec la lutte révolutionnaire du peuple chilien. À Périgueux, il fait partie de Solidarité Internationale Dordogne de 1988 à 1993. À Bordeaux, il participe à la création d'« Espaces Marx Aquitaine Bordeaux Gironde » où il anime un atelier sur les langues et cultures régionales. Il crée en 2004 les rencontres cinématographiques « La classe ouvrière, c’est pas du cinéma » en collaboration avec Espaces Marx et le réseau de cinémas indépendants Utopia, qu'il coordonne jusqu'en 2011. En 2009, il contribue à la réédition de Bordeaux et la Commune de Jacques Girault aux éditions Fanlac[1].

Il devient réellement antisioniste en 1967, à l'occasion de la guerre des Six Jours. Le , sur le conseil de Jean-Michel Krivine, il signe dans Le Monde l'appel « En tant que Juifs » en soutien à la résistance palestinienne, avec Daniel Bensaïd, Michael Löwy et Marcel-Francis Kahn[1],[4]. Il s'oppose dès lors au Conseil représentatif des institutions juives de France et à une partie de la communauté juive de France qui met en rapport antisionnisme et antisémitisme, mais, en parallèle, se considère comme juif pour la première fois de sa vie[2]. Il poursuit cet engagement au sein de Palestine 33, qui devient un groupe de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS), et de l'Union juive française pour la paix (UFPJ). Il effectue une mission humanitaire en Palestine en 2002 et participe, en lien avec le forum social mondial sur l'éducation de 2010, à une « mission judéo-arabe ». Il est membre du conseil national de l'AFPS de 2007 à 2011, il contribue à créer un groupe de travail sur les manuels scolaires qui mène à la tenue d'un colloque sur le sujet en 2013. Il est à plusieurs reprises membre du bureau national de l'UFPJ à partir de 2006 et en devient même le vice-président. Il fait éditer les chroniques de Michel Warschawski dans Siné Hebdo, un numéro spécial de la revue de l'UJFP intitulé De l'autre côté, les Bédouins du Néguev et coordonne avec Dominique Natanson deux éditions d'Une parole juive contre le racisme. Depuis 2014, il prend part au groupe de travail inter-associations qui réunit l'AFPS, l'UFPJ et le collectif inter-universitaire pour la coopération avec les universités palestiniennes dans le cadre de réunion locales et de publication de brochures[1].

Il milite à l'association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (ATTAC) et il est membre du conseil d'administration de l'institut de recherche sur l'histoire du syndicalisme enseignant dans le second degré (IRHSES) au moins jusqu'en 2015[1]. Il anime plusieurs émissions sur la radio associative bordelaise La Clé des ondes : « Le Guide du Bordeaux colonial », « Histoire(s) de Palestine » et « Des gens qui cherchent »[1]. Il participe à la rédaction du Guide du Bordeaux colonial[6]. Le , il anime une conférence intitulée Comment en est-on arrivé là à Auch[7], puis, le , une conférence intitulée Palestine-Israël, microcosme du chaos mondial à l'Institut national universitaire Jean-François-Champollion[8].

Vie privée

Le André Rosevègue épouse Françoise Desjacques (morte en 2006), enseignante, militante syndicale et féministe. Ils ont trois fils. Ils divorcent en 1993 et il se remarie en 1996 à Françoise Bonnet, professeure agrégée d’anglais et militante syndicale[1].

Synthèse des résultats électoraux

Élections municipales

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste.

Année Nuance Liste Commune 1er tour Issue
Voix % Rang
2008[9] Extrême-gauche À gauche vraiment Talence 657 4,97 3e Battu

Élections législatives

Année Parti Nuance Circonscription 1er tour Issue
Voix % Rang
1980 LCR Extrême-gauche 2e de la Dordogne 326 0,79 7e Battu
2007[10] 3e de la Dordogne 989 2,00 8e
2012[11] NPA 1re de la Dordogne 217 0,47 11e

Publications

  • Nombreux articles dans L’Étincelle, Rouge, La Lutte continue, Le Petit Rouge du Périgord, La Lettre Rouge et L’École émancipée.
  • Préface de Michel Warschawski, Au pied du mur : de notre correspondant à Jérusalem, Paris, Syllepse, , 141 p. (ISBN 978-2-84950-287-7).
  • Participation à La classe ouvrière, c’est pas du cinéma, Paris, Syllepse, , 124 p. (ISBN 9782849503805)
  • Participation à Roland Lombard et Marilyn Pacouret (dir.), Israël-Palestine : le conflit dans les manuels scolaires, Paris, Syllepse, , 91 p. (ISBN 978-2-84950-425-3, lire en ligne).
  • Participation à Une parole juive contre le racisme, Paris, Syllepse, , 112 p. (ISBN 978-2-84950-653-0, lire en ligne).
  • Participation à Guide du Bordeaux colonial, Paris, Syllepse, , 252 p. (ISBN 978-2-84950-849-7).
  • Participation à Parcours de juifs antisionnistes en France, Paris, Syllepse, (ISBN 979-10-399-0024-9).
  • Participation à Loïc Le Clerc (dir.), Jérusalem 2048 : Israël célèbre le centenaire de son indépendance...ou pas, Paris, Arcane, , 101 p. (ISBN 978-2-493049-21-6).
  • Participation à Monique Sérot Chaïbi (dir.), Paroles pour une paix en terre de Palestine, Montpellier, Chèvre-feuille étoilée, , 295 p. (ISBN 978-2-36795-163-8).

Notes et références

Notes

  1. ↑ Il emploie plusieurs pseudonymes dans ses actions militantes : Sadose, Milos, Ribérac, ou encore Roger Devaneuse.

Références

  1. Alain Dalançon (d) et Jean-Paul Salles (d), « Rosevègue André, Jean », Le Maitron,‎ (lire en ligne).
  2. Laurent Perpigna Iban, « André Rosevègue : une voix juive pour la paix », Revue Far Ouest,‎ (lire en ligne).
  3. ↑ Salles 2005, p. 183-227.
  4. Salles 2005, p. 291-315.
  5. ↑ Salles 2005, p. 79-109.
  6. ↑ Denis Lherm, « Le "Guide du Bordeaux colonial" veut aider à "voir la magnificence de la ville sous un autre jour" », Sud Ouest,‎ (lire en ligne).
  7. ↑ Yves Faucoup, « Palestine : comment en est-on arrivé là ? », Club Mediapart,‎ (lire en ligne).
  8. ↑ Yves Faucoup, « Une conférence-débat sur le conflit en Palestine », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne).
  9. ↑ « Résultats des élections municipales de 2008 à Talence », sur Ministère de l'Intérieur.
  10. ↑ « Résultats des élections législatives de 2007 dans la 3e circonscription de la Dordogne », sur Ministère de l'Intérieur.
  11. ↑ « Résultats des élections législatives de 2012 dans la 1re circonscription de la Dordogne », sur Ministère de l'Intérieur.

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • [Salles 2005] Jean-Paul Salles (d), La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981): Instrument du Grand Soir ou lieu d'apprentissage ?, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2753501942, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [Rougier 2009] Cyrille Rougier, « La confrontation des habitus militants au sein de la LCR Gironde. Enjeux et luttes symboliques pour la légitimité des modes d’engagement », Dissidences, no 6,‎ , p. 120-133 (ISSN 2265-5603).
  • [Salles 2014] Jean-Paul Salles (d), « De la LCR au NPA : l’impossible mutation ? », dans Pascal Delwit (dir.), Les Partis politiques en France, Bruxelles, Éditions de l’Université Libre de Bruxelles, , 252 p. (ISBN 2800415517), p. 109-126.
  • [Hirsch 2017] Robert Hirsch, « André Rosevègue », dans Sont-ils toujours des Juifs allemands ? La gauche radicale et les Juifs depuis 1968, Paris, Abre bleu, , 314 p. (ISBN 979-1090129184), p. 279-282.

Liens externes

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