André Thomas Perreimond
| André Thomas Perreimond | |
| Naissance | Vidauban, Provence |
|---|---|
| Décès | (à 77 ans) Toulon, Var |
| Origine | |
| Arme | Cavalerie |
| Grade | Général de division |
| Années de service | 1785 – 1816 |
| Conflits | Guerres de la Révolution française Guerres napoléoniennes |
| Distinctions | Baron de l'Empire Officier de la Légion d'honneur |
André Thomas Perreimond, né le à Vidauban en Provence et mort le à Toulon dans le Var, est un général français de la Révolution et de l'Empire.
Biographie
Sous l'Ancien Régime et la Révolution française
André Thomas Perreimond naît le à Vidauban, en Provence[1], du mariage de Pierre Bernard Perreimond, notaire, et de Marie Madeleine Thomas[2]. Entré au service le comme simple dragon au régiment de Noailles, il est licencié le [1] mais retourne sous les drapeaux en tant que capitaine au 1er bataillon de volontaires du Var en 1791[3]. Il devient ensuite cavalier au 21e régiment de chasseurs à cheval le . De là, son ascension dans la hiérarchie militaire est rapide : capitaine le , il est promu adjudant-général chef de bataillon le suivant, puis élevé au grade de général de brigade à titre provisoire le , sur décision du représentant du peuple Duquesnoy. Passé ce même mois à l'armée de la Moselle, il sert à la division du général Ambert lors de la bataille de Kaiserslautern, le ; appelé à comparaître devant un tribunal militaire pour abandon de poste, il est acquitté le et est d'abord envoyé à Trippstadt à la mi-juillet puis à la 5e division de l'armée de la Moselle, commandée par le général Taponier, en décembre. Après sa participation au siège de Luxembourg, il est confirmé comme général de brigade le et est attaché, en , à la division du général Gouvion-Saint-Cyr ; il est cependant réformé le 13 de ce mois[1].
Chargé de lutter contre le brigandage dans le département du Var après le coup d'État du 18 fructidor (), Perreimond préside le canton de Brignoles de 1798 à 1799[3].
Au service de Napoléon Ier
Rappelé au service par Napoléon Ier le , il rejoint la Grande Armée et est placé, le suivant, à la tête de la 1re brigade de la division de cavalerie du général La Tour-Maubourg, composée des 1er et 2e régiments de dragons. Il devient officier de la Légion d'honneur le [1], titulaire d'une rente de 4 000 francs sur les biens réservés en Westphalie le [4] et baron de l'Empire le , avant d'être affecté avec sa division à l'armée d'Espagne le de la même année[1]. Les deux régiments de sa brigade totalisent, à cette date, 1 193 sabres[5]. Le jour de Noël, il est surpris à Tarancón par l'avant-garde de l'armée espagnole du duc del Infantado, menée par le général Venegas, qui cherche à le couper de sa ligne de retraite. Perreimond parvient néanmoins à s'extraire du piège en se faufilant à travers les carrés adverses en arrière de la ville, non sans déplorer la perte de 50 ou 60 cavaliers[6]. Autorisé à regagner la France le , il est nommé chef d'état-major de la 16e division militaire à Lille le suivant[1].
Le , il est de nouveau envoyé en Espagne pour y diriger la brigade de cavalerie légère du 4e corps du général Sébastiani[7]. L'historien Charles Oman indique toutefois qu'il n'hérite du commandement de cette brigade qu'après la mort du général Paris d'Illins à la bataille d'Ocaña, le [8]. Il a sous ses ordres le 10e chasseurs à cheval et les lanciers polonais de la Vistule[9], renforcés en par le 27e chasseurs à cheval[10]. Au , ses effectifs s'élèvent à 1 349 hommes[11]. Il stationne à Antequera et Baza en juin[12], puis uniquement dans cette dernière localité en novembre[13]. Durant la première moitié de l'année 1811, la brigade Perreimond opère dans les provinces de Grenade et de Malaga[14] ; le général ne fait toutefois pas partie, contrairement à deux de ses régiments, de l'expédition conduite au printemps par le maréchal Soult pour contraindre les Alliés à lever le siège de Badajoz[15].
Selon Robert Burnham, il commande toujours en juillet la brigade de cavalerie légère du 4e corps[16], alors qu'Oman affirme qu'il mène, le 15 de ce mois, une brigade formée du 2e hussards et du 5e chasseurs à cheval, forte de 1 015 sabres et rattachée au 1er corps du maréchal Victor[17]. Le , il prend le commandement de la 2e brigade de la 1re division de dragons[18] mais voit ses effectifs, par suite de remaniements, être réduits à peau de chagrin[19]. À l'automne, il est transféré à la tête de la 2e brigade de la réserve de cavalerie de l'armée du Sud, réunissant les 4e, 14e et 26e dragons[20]. C'est à cette époque qu'il sollicite sa mise à la retraite[21], laquelle lui est dans un premier octroyée par décret impérial du [22] avant d'être finalement annulée[21]. Désigné le pour commander les six régiments de la 1re division de cavalerie de l'armée du Sud[23], il prend part au combat de Villagarcia, le , au cours duquel ses escadrons et ceux du général Lallemand sont défaits par la cavalerie britannique de Stapleton Cotton[24]. Il est finalement autorisé à quitter le service le [23] et, voyageant en compagnie du général Bouillé[25], est de retour en France le suivant[21].
Sa retraite est cependant de courte durée puisqu'il est appelé, le , à rejoindre le corps d'observation de l'Adige pour combattre les Autrichiens en Italie. En , il commande une brigade de cavalerie de la division du général Mermet, avec laquelle il participe à la bataille du Mincio, le 8 de ce mois. Remplacé à son poste trois jours plus tard, il est affecté derechef à la division Mermet le , pour la quitter semble-t-il à nouveau dès le mois suivant[22].
Fin de carrière
Mis non-activité en [22], Perreimond refuse de servir Napoléon lors du retour de ce dernier au pouvoir l'année suivante[21], allant jusqu'à rejoindre, le , l'armée royaliste constituée par le duc d'Angoulême pour combattre les bonapartistes dans le Midi. Ladite armée étant rapidement dissoute, le général rentre à Marseille à la fin du mois d'avril et, après la seconde abdication de Napoléon en juin, dirige à titre provisoire un corps d'armée royaliste en Provence puis, à partir de juillet, la 2e subdivision de la 8e division militaire, ce qui lui vaut d'être élevé au grade de lieutenant-général par le duc d'Angoulême le 18 de ce mois, sans que cette nomination soit confirmée par la suite. Le , il succède au général Slivarich au commandement de la place d'Antibes[22]. Il subit alors le blocus de la ville par les troupes autrichiennes du général Bianchi, qui ne s'achève que dans les premiers jours d'octobre[26]. Ayant quitté son poste après cette date, Perreimond est mis à la retraite le , non sans être fait lieutenant-général honoraire le suivant et chevalier de l'ordre de Saint-Louis le [22]. De 1824 à 1831, il est maire de Brignoles, dans le Var, et exerce en parallèle les fonctions de conseiller d'arrondissement entre 1828 et 1831[3].
Le général Perreimond meurt le , à Toulon[1]. Dans sa biographie du général John Le Marchant, le neveu de ce dernier Denis Le Marchant décrit Perreimond comme « un soldat d'une bravoure consommée, qui se vantait de connaître son métier à fond ; mais d'un caractère vaniteux et nourrissant le mépris le plus total pour la cavalerie anglaise […] »[27]. De même, Peter Young et J. P. Lawford, s'ils voient en lui un « commandant de cavalerie expérimenté », soulignent son « profond mépris pour la cavalerie britannique dans son ensemble, qu'il ne manquait jamais de tourner en ridicule devant ses camarades quelque peu sceptiques »[28]. D'après les écrits du général Pouget, Perreimond « était hostile à l'Empereur »[29], ce qui recoupe le témoignage d'un officier de dragons français ayant servi en Espagne :
« Le général Perreimond était du nombre des incorrigibles ; il n'avait jamais reconnu Napoléon comme empereur ; il l'appelait le général Buonaparte, qu'il traitait comme un conscrit […]. Son refus de reconnaître le chef de l'État comme empereur le fit exiler à Philadelphie, dans les États-Unis d'Amérique, d'où il s'échappa, apprenant la guerre contre l'Autriche, en 1805[30]. »
Famille
Il se marie le à Louise Anne Antoinette Aude, avec qui il a trois enfants : Louis Antoine Ferdinand Perreimond, né le ; Joachim Marie Perreimond, né le , dont Joachim Murat et Caroline Bonaparte sont respectivement le parrain et la marraine ; et Caroline Lestradie Perreimond, née le [3].
Armoiries
| Figure | Nom du baron et blasonnement |
|---|---|
![]() ![]()
|
Armes du baron André Thomas Perreimond et de l'Empire, lettres patentes du
D'azur à trois chevrons d'or, au franc-quartier des barons militaires[4]. |
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « André Thomas Perreimond » (voir la liste des auteurs).
- Six 1934, p. 302.
- ↑ Bulletin de la Société des amis du vieux Toulon 1933, p. 161.
- Bulletin de la Société des amis du vieux Toulon 1933, p. 162.
- Albert Révérend, Armorial du Premier Empire : titres, majorats et armoiries concédés par Napoléon Ier, t. 4, Paris, Bureau de l'annuaire de la noblesse, , 420 p. (lire en ligne), p. 27.
- ↑ Burnham 2011, p. 15.
- ↑ Oman 1903, p. 6.
- ↑ Burnham 2011, p. 204.
- ↑ Oman 1908, p. 118.
- ↑ Burnham 2011, p. 32.
- ↑ Burnham 2011, p. 39.
- ↑ Oman 1908, p. 129.
- ↑ Burnham 2011, p. 42.
- ↑ Burnham 2011, p. 47.
- ↑ Burnham 2011, p. 53.
- ↑ Burnham 2011, p. 54.
- ↑ Burnham 2011, p. 61.
- ↑ Oman 1911, p. 638.
- ↑ Six 1934, p. 302-303.
- ↑ Burnham 2011, p. 62.
- ↑ Burnham 2011, p. 64-65.
- Burnham 2011, p. 205.
- Six 1934, p. 303.
- Burnham 2011, p. 204-205.
- ↑ (en) Charles Oman, A History of the Peninsular War, Volume V : October 1811 to August 31, 1812 : Valencia, Ciudad Rodrigo, Badajoz, Salamanca, Madrid, Oxford, At the Clarendon Press, (lire en ligne), p. 277-278.
- ↑ Burnham 2011, p. 111.
- ↑ Georges Carrot, « La frontière du Var entre 1789 et 1815 », Cahiers de la Méditerranée, no 13, , p. 97 (lire en ligne).
- ↑ (en) Denis Le Marchant, Memoirs of the Late Major-Genl. Le Marchant, Londres, Samuel Bentley (lire en ligne), p. 210-211.
- ↑ (en) Peter Young et J. P. Lawford, Wellington's Masterpiece : The Battle and Campaign of Salamanca, Taylor & Francis, (1re éd. 1972), 344 p. (lire en ligne), p. 139.
- ↑ Alain Pigeard (préf. baron Gourgaud), Les étoiles de Napoléon : maréchaux, amiraux, généraux, 1792-1815, Quatuor, , 768 p., p. 519.
- ↑ (es) Francisco Luis Díaz Torrejoń, Antequera, 1808-1812. De la crisis del Antiguo Régimen a la Ocupacion Napoleónica, Exlibric, , 362 p. (lire en ligne), chap. 8.
Bibliographie
- Bulletin de la Société des amis du vieux Toulon, vol. 10-12, Société des amis du vieux Toulon, (lire en ligne), p. 161-163.
- (en) Robert Burnham (préf. Howie Muir), Charging against Wellington : The French Cavalry in the Peninsular War, 1807-1814, Barnsley, Frontline/Pen and Sword Books, , 380 p. (ISBN 978-1-84832-591-3).
- (en) Charles Oman, A History of the Peninsular War, Volume II : January to September 1809 : From the Battle of Corunna to the End of the Talavera Campaign, vol. 2, Oxford, At the Clarendon Press, (lire en ligne).
- (en) Charles Oman, A History of the Peninsular War, Volume III : September 1809 to December 1810 : Ocaña, Cadiz, Bussaco, Torres Vedras, Oxford, At the Clarendon Press, (lire en ligne).
- Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire, t. 2, Paris, Georges Saffroy Éditeur, (lire en ligne), p. 302-303.
Liens externes
- Archives conservées par : Service historique de la Défense (GR 7 YD 904, FRSHD_PUB_00000355.pdf)
- Ressource relative à la vie publique :
- (en) « Generals Who Served in the French Army during the Period 1789 - 1814: Eberle to Exelmans »
- Portail de l’histoire militaire
- Portail de la Révolution française
- Portail du Premier Empire
- Portail de la Grande Armée

