André Weil-Curiel

André Weil-Curiel
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Fonctions
Conseiller municipal
2e arrondissement de Paris
-
Secrétaire de la Conférence
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Pierre André Weil
Nationalité
Formation
Activités
Enfant
Autres informations
Partis politiques
Membre de
Association des amis de l’Union soviétique (d)
Ligue des droits de l'homme
Conflit
Distinctions

André Weil-Curiel, né le à Paris et mort le à Paris, est un avocat, résistant, conseiller municipal socialiste, puis non-inscrit de Paris (IIe arrondissement) de 1959 à 1965.

Biographie

André Weil-Curiel est né le à Paris[1].

A 17 ans, il est l'un des fondateurs du Groupe universitaire des Amis de l'Union soviétique et milite activement à la Ligue d'action universitaire républicaine et socialiste (LAURS)[2].

Il milite aux Jeunesses socialistes, puis à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO).

Il est franc-maçon, inscrit à la loge Union des peuples[3].

Secrétaire général du Cercle des étudiants de la Ligue des droits de l'Homme, il est partisan de la réconciliation franco-allemande et participe à des rencontres de jeunes des deux côtés du Rhin. C'est dans le cadre de ces échanges qu'il se lie d'amitié en 1930 avec Otto Abetz, futur Ambassadeur de Hitler en France[2].

En 1935, Otto Abetz le fait entrer au Comité France- Allemagne[3]. Reçu à Berlin par Abetz à l'occasion des jeux olympiques de 1936, Weil-Curiel transmet à Léon Blum une invitation indirecte de contact avec Hitler, l'intermédiaire de Blum pouvant être Yvon Delbos[3]. Cette invitation reste sans suite.

En 1938, il adhére au Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert, et fait partie de sa commission administrative permanente[1]. Il se prononce contre les accords de Munich.

La Résistance

André Weil-Curiel est un des premiers à s'engager dans la France Libre en [4].

Le chef de cabinet du général, le lieutenant Hettier de Boislambert, lui confie la mission de dénombrer, recruter et organiser en France les Français favorables au général. Weil-Curiel rentre donc en France en . Il parcourt le pays, rencontrant des personnes d’horizons politiques différents, afin de les rassembler et de les orienter vers la France libre[5].

À la fin de l'année 1940, il rejoint le Réseau du musée de l'Homme avec Léon-Maurice Nordmann et Albert Jubineau, ayant fondé avec lui un groupe clandestin, Avocats socialistes[6].

Il participe à la manifestation du 11 novembre 1940[7] qui débute tôt le matin à h 30 quand André Weil-Curiel, Léon-Maurice Nordmann et Michel Edinger, membres du réseau du Musée de l'Homme, déposent devant la statue de Georges Clemenceau en bas des Champs-Élysées une gerbe « en témoignage d'admiration envers l'homme qui ne voulut jamais capituler et ne désespéra pas de la Patrie ». La gerbe est entourée d'un ruban tricolore et accompagnée d'une « carte de visite » en carton d'un mètre de long, portant l'inscription « Le général de Gaulle à l'organisateur de la victoire ». La carte de visite et le ruban disparaissent au cours de la matinée, ainsi que les nombreux bouquets qui avaient été déposés près de la gerbe par des mains anonymes.

La suite de ses activités est moins bien connue et lui a attiré des soupçons. Le colonel Passy, chef du BCRA à l’époque (les services secrets gaullistes), rapporte dans ses mémoires que Boislambert ne tenait aucune archive et que lui-même ignorait la mission de Weil-Curiel. Au retour de celui-ci, il a considéré de bonne foi que Weil-Curiel n’avait pas eu de mission, ce qui aurait pu avoir pour lui de sérieuses conséquences, alors même que ses rapports adressés à la France libre étaient « remarquables »[8]. Dans ses Mémoires, Roger Wybot indique que Weil-Curiel tutoyait Otto Abetz qui l'avait fait inviter aux Jeux olympiques de 1936 à Berlin et que "son cas est loin d'être transparent". Faisant part de ses doutes au général de Gaulle, celui-ci lui répond "- Wybot, ne me mettez pas une nouvelle affaire Dreyfus sur les bras ![9]" Accueilli en suspect à son retour à Londres en , Weil-Curiel fut envoyé s'occuper des gaullistes du Pacifique d'abord en Nouvelle-Calédonie puis en Polynésie, où il contribue à la création du Bataillon Diu Pacifique, qui s'illustrera notamment à Bir-Hakeim / note : Broche, 1970/ , et où il rencontre sa femme.

Il a reçu la médaille de la Résistance française[10].

Conseiller municipal de Paris

André Weil-Curiel est conseiller municipal socialiste, puis non-inscrit de Paris (IIe arrondissement) de 1959 à 1965[11]. Il fut, durant ces années, vice-président du Conseil Municipal de Paris.

Œuvre

  • André Weil-Curiel. Règles du savoir vivre à l'usage d'un jeune Juif de mes amis. Préface de Leon-Paul Fargue de l'Académie Mallarmé. Éditions du Myrte: Paris, 1945[12], republication aux éditions Fario, collection Théodore Balmoral, (avec la préface de Léon-Paul Fargue et une note bio-bibliographique de Thierry Bouchard), .
  • André Weil-Curiel. Le Temps de la honte. Éditions du Myrte: Paris, 1945-1947[13]. Titres des trois volumes: I. jour se lève à Londres () ; II. Éclipse en France () ; III. Un voyage en enfer ().
  • André Weil-Curiel & Raymond Castro. Spoliations et restitutions. Paris, 1945[14]

Bibliographie

  • André Weil-Curiel, « Les Contours du gaullisme », Le Monde, [15]
  • (en) John M. Sherwood. Georges Mandel and the Third Republic. Stanford University Press, 1970 (ISBN 0804707316), (ISBN 9780804707312)[16]
  • (en) Martin Cornick & Peter Morris. The French Secret Services. Transaction Publishers, 1993 (ISBN 1560001119), (ISBN 9781560001119)
  • (en) Eugen Joseph Weber. The Hollow Years: France in the 1930s. W.W. Norton & Company, 1996 (ISBN 0393314790), (ISBN 9780393314793)[17]
  • (en) Nicholas Atkin & Frank Tallet. The Right in France: From Revolution to Le Pen. I.B. Turus, 2003 (ISBN 1860649165), (ISBN 9781860649165)
  • (en) Gilbert Michlin. Of No Interest to the Nation: A Jewish Family in France, 1925-1945. Wayne State University Press, 2004 (ISBN 0814338488), (ISBN 9780814338483)[18]
  • (en) William Irvine. Between Justice And Politics: The Ligue Des Droits De L'Homme, 1898-1945. Stanford University Press, 2006 (ISBN 0804767874), (ISBN 9780804767873)[19]
  • Julien Blanc. Au commencement de la Résistance. Du côté du musée de l'Homme 1940-1946. Le Seuil: Paris, 2010[20]

- François Broche, Le Bataillon des guitaristes, Paris, Fayard, 1970

-André Halimi, Chantons sous l'Occupation (documentaire), 1976.

- "André Weil-Curiel", Nécrologie (rédigée par E. Nessler), Revue de la France Libre, n° 262, 2e trimestre 1988. mise en ligne sur le site de la Fondation de la France Libre https://francelibre.net/andre-weil-curiel/

Notes et références

  1. WEIL-CURIEL, ANDRÉ. LE MAITRON. Dictionnaire Biographique. Mouvement Ouvrier. Mouvement Social. Université Paris 1.
  2. Laurent Laloup, « Pierre André Weil Curiel », sur francaislibres.net, (consulté le )
  3. Fred Kupferman, « Diplomatie parallèle et guerre psychologique. Le rôle de la « Ribbentrop-Dienststelle » dans les tentatives d’action sur l’opinion française : 1934-1939 », sur persee.fr, (consulté le )
  4. « Pierre André Weil Curiel - Les Français Libres », sur www.francaislibres.net (consulté le )
  5. « La participation des Juifs à la libération du territoire », Le Monde Juif, vol. 152, no 3,‎ , p. 229–296 (ISSN 0026-9425, lire en ligne, consulté le )
  6. Gouvernement français, « Le réseau de musée de l’Homme », sur Chemins de mémoire
  7. Alain Monchablon, « La manifestation à l'Étoile du 11 novembre 1940. Histoire et mémoires », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, vol. 110, no 2,‎ , p. 67–81 (ISSN 0294-1759, DOI 10.3917/ving.110.0067, lire en ligne, consulté le )
  8. Colonel Passy, Mémoire du chef des services secrets de la France libre, , p. 64
  9. Roger Wybot et la bataille pour la DST (récit recueilli par Philippe Bernert), Presses de la Cité, 1975, p.59
  10. Par décret du 11 mars 1947, voir le site de l’Ordre de la Libération.
  11. Coup de cafard. L'EXPRESS.
  12. /weillcur.fargu.html André Weil-Curiel. Règles du savoir vivre à l'usage d'un jeune juif de mes amis. Paris, 1945.
  13. (en) Cornick & Morris, 1993, p. 62.
  14. André Weil-Curiel & Raymond Castro. Spoliations et restitutions, 1945.
  15. « LES CONTOURS DU GAULLISME », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. (en) John M. Sherwood, Georges Mandel and the Third Republic, 1970, p. 266.
  17. (en) Eugen Joseph Weber. The Hollow Years: France in the 1930s, 1996, p. 291, note 30.
  18. (en) Gilbert Michlin. Of No Interest to the Nation: A Jewish Family in France, 1925-1945, 2004, p. 136.
  19. Voir, (en) William Irvine. Between Justice And Politics: The Ligue Des Droits De L'Homme, 1898-1945, 2006, p. 207.
  20. Julien Blanc. Au commencement de la Résistance. Du côté du musée de l'Homme 1940-1946. Voir, l'analyse de Joel Drogland dans La Cliothèque, lundi 8 novembre 2010, qui cite le rôle de Weil-Curiel.

Articles connexes

Liens externes

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