Andrée Gros-Duruisseau

| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Andrée Marie Denise Duruisseau |
| Pseudonyme |
Dédée |
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| Activités |
Résistante, écrivaine, conférencière |
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Andrée Gros-Duruisseau, née le à Garat, est une résistante, écrivaine et conférencière française. Figure de la résistance et porte-parole de la déportation, elle à l'origine de la fondation du Musée de la Résistance et de la déportation d'Angoulême.
Biographie
Andrée Duruisseau est la fille d'Alcide (1883-1977) et d'Augustine (1890-1982) Duruisseau. Elle fréquente dans les années 1930 l'école communale de Bouex en même temps que René Chabasse, son aîné de quatre ans. Madame Chabasse mère, l'institutrice, entretient une relation d'amitié avec la famille Duruisseau[1].
En , l'occupation allemande débute. La ferme Duruisseau, située au lieu-dit « Aux Forêts » près de Bouex, se trouve à proximité de la ligne de démarcation en zone occupée. La famille Duruisseau choisit de résister à l'occupant. Andrée, âgée de 15 ans, effectue bénévolement des passages clandestins avec son père et son frère aîné Edmond pour aider ceux qui tentent de fuir la zone occupée. Sa mère assure l'accueil des fugitifs dans la ferme[1].
À l'automne 1942, René Chabasse confie à la famille Duruisseau l'organisation du centre opérationnel des parachutages en Charente dans leur ferme. Andrée assure les liaisons du groupe et participe à la réception des parachutages, au transport, à la cache et à la distribution des armes. Un souterrain est creusé près de la ferme[1].
Les 14 et , le Délégué militaire régional (DMR) Claude Bonnier (« Hypoténuse ») est déposé par un Lysander sur le terrain Albatros en Charente. Les opérations de parachutage se multiplient sur les terrains Chouette, Pintade, Pélican. L'activité dans la ferme Duruisseau devient intense[1].
Le , René Chabasse, qui se sent traqué, donne à Andrée des instructions à transmettre au cas où il ne reviendrait pas. Le jour même, il est abattu par la Gestapo à Angoulême. Les arrestations en Charente se multiplient[1].
Le , la Gestapo se présente à la ferme Duruisseau. Le père et le frère d'Andrée échappent de justesse à l'arrestation. Andrée est arrêtée et enfermée à la prison d'Angoulême. Elle subit plusieurs interrogatoires brutaux dont elle sort le visage tuméfié, sans révéler d'informations compromettantes sur ses compagnons ou les dépôts d'armes[1].
Jusqu'au , Andrée est internée au Fort de Romainville. Puis, elle est déportée au camp disciplinaire de Neue Bremm, puis au camp de concentration de Ravensbrück et à celui de Buchenwald[1].
Le , Andrée quitte Buchenwald. Elle part en colonne pour une marche forcée de plusieurs jours. Les survivantes sont abandonnées par les SS et leurs chiens, puis se dispersent par petits groupes. Andrée et quatre compagnes rencontrent des prisonniers de guerre qui les assistent. Reprises par la police allemande, elles sont dirigées vers l'Elbe. Elles s'évadent et retrouvent des prisonniers de guerre à Tzeren[1].
Entre avril et , Andrée et ses compagnes sont libérées par l'Armée rouge, puis reprises par les Allemands, puis libérées de nouveau par les Russes qui les confondent avec des Allemandes et veulent leur imposer de travailler en les consignant dans un immeuble. Elles s'évadent de nuit et se dirigent vers l'ouest. Les cinq compagnes réussissent à rejoindre une unité américaine, qui les met en contact avec des militaires français[1].
Le , Andrée rejoint enfin la France[1].
De retour en Charente, Andrée retrouve sa famille. Elle rédige son témoignage sur un cahier d'écolier qu'elle range au grenier. Ce document est retrouvé des décennies plus tard et publié en 2008 sous le titre « Le Cahier »"[2].
Andrée se marie et devient mère de quatre enfants. Elle consacre une partie de son temps à aider les déportés et leurs familles.
Andrée préside l'Association des déportés, internés et familles de disparus de la Charente. Elle participe à la fondation du Musée de la Résistance et de la déportation d'Angoulême, institution qui ferme en 2009 avant de rouvrir en 2014 sous le nom d'Espace Mémoriel de la Résistance et de la Déportation[3].
Andrée intervient régulièrement dans les établissements scolaires de Charente pour des conférences sur la Résistance et la Déportation. Elle témoigne dans les écoles pour transmettre la mémoire historique.
Son action s'étend au-delà de la Charente : elle intervient dans les lycées et collèges, organise des voyages du souvenir et participe aux manifestations patriotiques. En 2017, elle participe à une visioconférence avec des établissements scolaires de La Réunion pour transmettre son expérience aux jeunes générations[4].
Œuvre
- Le Cahier, Parole Et Silence, (ISBN 978-2866328924)
Reconnaissance
- Le a eu lieu l'inauguration de l'amphithéâtre nommé en son honneur des lycées Marguerite de Valois et Jean Rostand à Angoulême[5]
- L'école maternelle de Ruelle-sur-Touvre porte son nom[6]
Distinctions
Elle est reconnue « Déporté résistant »[7].
Grand-croix de la Légion d'honneur (par décret du )
Grand-croix de l'ordre national du Mérite (par décret du )[8]
Croix de guerre -, palme de bronze (citation à l’ordre de l’armée)[9]
Médaille de la Résistance française (par décret du )[10]
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Croix du combattant
Médaille de la déportation pour faits de Résistance
Notes et références
- Association pour des Etudes sur la Résistance Intérieure, La résistance en Charente, Association pour des Etudes sur la Résistance Intérieure, coll. « Histoire en mémoire 1939 - 1945 », (ISBN 978-2-915742-05-3)
- ↑ « La Resistance Francaise: Andrée Gros-Duruisseau - résistante et déportée : Témoignage », sur La Resistance Francaise (consulté le )
- ↑ Lead Off, « Andrée GROS », sur Mémoire et Espoirs de la Résistance (consulté le )
- ↑ zinfos974, « Visioconférence avec une résistante de la seconde guerre mondiale », sur Zinfos974, (consulté le )
- ↑ « Inauguration de la salle Andrée Gros-Duruisseau | Lycée Marguerite de Valois » (consulté le )
- ↑ « Ecole maternelle Andrée Gros-Duruisseau », sur Ministère de l'Education Nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (consulté le )
- ↑ Base des déportés-résistants, « Duruisseau Andrée », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Charente : Andrée Gros, figure de la Résistance, élevée Grand-Croix de l'ordre national du Mérite », sur SudOuest.fr, (consulté le )
- ↑ « Dossier de presse 16 avril 2016 », sur Les services de l'État en Charente (consulté le )
- ↑ « Medailles | L'Ordre de la Libération et son Musée », sur www.ordredelaliberation.fr (consulté le )
Voir aussi
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Bibliographie
- Equipe Charente, Association pour des Etudes sur la Résistance Intérieure, « Andrée Duruisseau (épouse Gros) », dans La résistance en Charente, Fondation de la Résistance, Département AERI, coll. « Histoire en mémoire 1939 - 1945 », (ISBN 978-2-915742-05-3).
. DVD pédagogique. - Equipe Charente, Association pour des Etudes sur la Résistance Intérieure, « Famille Duruisseau », dans La résistance en Charente, Fondation de la Résistance, Département AERI, coll. « Histoire en mémoire 1939 - 1945 », (ISBN 978-2-915742-05-3).
DVD pédagogique.
Liens externes
- Archives conservées par :
- Service historique de la Défense - site de Vincennes (GR 16 P 205201)
- Service historique de la défense - site de Caen (AC 21 P 640037)
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