Andurarum

Ama-gi en sumérien cunéiforme

L’andurāru(m) (terme akkadien ; parfois aussi mišarum, et en sumérien ama.ar.gi) est une mesure promulguée par le pouvoir royal dans la Mésopotamie antique, qui a en général le caractère d'un édit de rémission des dettes. Cette mesure est courante durant l'époque paléo-babylonienne (2004-1595 av. J.-C.), mais elle est attestée jusqu'à l'époque néo-assyrienne (911-612 av. J.-C.).

Traduit littéralement, le sumérien ama.ar.gi signifie « retour à la mère », ou plus précisément « retour à un état originel » : ainsi les membres de la famille du débiteur qui étaient remis en gage au prêteur et à sa famille, étaient rendus lors de l'annulation de la dette[1].

Ces édits royaux de rémission de dettes s'inscrivent dans l'idéologie politique du Proche-Orient ancien, selon laquelle le roi se voit confier par les dieux la mission d'assurer l'ordre et la stabilité dans son royaume, ce qui implique de corriger les injustices. Ces édits sont généralement prononcés lors de la montée sur le trône d'un roi, ou bien durant une période de crise économique, et semblent avoir visé en priorité les prêts de nécessité, pas les prêts commerciaux. Ils ont pu être interprétés comme une forme de « justice sociale », protégeant ceux qui subissent malheur et déchéance (en particulier en conséquence d'un endettement insoutenable), et destinée au sens large à ceux qui s'estiment injustement traités. Mais leur but final reste le maintien de l'ordre public et des hiérarchies sociales établies. Il s'agit de mesures réparatrices visant à limiter l'impact d'une crise, sans empêcher que la situation ne se reproduise à nouveau[2],[3].

Une institution comparable est le jubilé des Hébreux, décrit dans le Lévitique.

Plusieurs organisations libérales ont adopté ce glyphe cunéiforme, ou le mot Ama-gi, comme symbole car il constitue "la plus ancienne apparition écrite du mot 'liberté' "[4]. Ce logo est notamment utilisé par le Journal de la Hayek Society de la London School of Economics[5], la boîte à idées Liberales (nl) en Belgique[6], ou l'éditeur américain Liberty Fund (en)[7].

Références

  1. ↑ The Sumerians: Their History, Culture, and Character, Samuel Noah Kramer, 1971.
  2. ↑ (en) Raymond Westbrook, « Social Justice in the Ancient Near East », dans K. Irani et Morris Silver (dir.), Social Justice in the Ancient World, Westport, Greenwood Press, , p. 149-163
  3. ↑ (en) Brian R. Doak, « The Origins of Social Justice in the Ancient Mesopotamian Religious Traditions », Faculty Publications - College of Christian Studies. Paper 185,‎ (lire en ligne).
  4. ↑ (en) « Our Logo | Liberty Fund », libertyfund.org (consulté le )
  5. ↑ (en) « Trademark Electronic Search System » [archive du ], United States Patent and Trademark Office
  6. ↑ (nl) « Liberales » (consulté le )
  7. ↑ (en) « Trademark Electronic Search System », United States Patent and Trademark Office (consulté le )

Source

Bibliographie

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