Anisodus tanguticus

Anisodus tanguticus
Description de l'image Anisodus tanguticus1.jpg.
Classification GBIF
Règne Plantae
Embranchement Tracheophyta
Classe Magnoliopsida
Ordre Solanales
Famille Solanaceae
Genre Anisodus

Espèce

Anisodus tanguticus
(Maxim.) Pascher, 1909

Synonymes

Statut de conservation UICN

(NT)(NT)
NT : Quasi menacé

Anisodus tanguticus est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Solanaceae. L'aire de répartition native de cette espèce s'étend du Népal à la Chine centrale. C'est une plante vivace qui pousse principalement dans le biome subalpin ou subarctique.

Anisodus tanguticus (ཐང་ཕྲོམ་ནག་པོ། en Tibétain). Il est donc étroitement lié à la jusquiame et à la belladone. Les Solanacées sont une famille de plantes qui comprend de nombreuses plantes agricoles importantes comme la pomme de terre et la tomate. On les trouve principalement en train de pousser sur le plateau Qinghai-Tibet. Les racines et graines d'A. tanguticus sont récoltées et utilisées principalement pour leurs effets médicinaux causés par les nicotines et alcaloïdes tropaniques biologiquement actifs de la plante. Il a un impact significatif en Chine en tant que l'une des « 50 herbes fondamentales » utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise.

Nom scientifique

Le nom générique Anisodus est un composé des mots grec {ἄνισος} 'inégal' et ὀδούς 'dent' signifiant donc 'ayant des dents de longueurs différentes' – ainsi nommé d'après l'observation que certaines espèces ont des calices présentant des lobes ou des dents de longueurs inégales[1]. Le nom spécifique « tanguticus » est un épithète géographique, signifiant « appartenant à la région des Tangoutes », c'est-à-dire « croissant sur la terre du peuple Tangut » – ce qui inclut la région de l'Amdo, l'une des trois régions traditionnelles du Tibet (englobant la province chinoise moderne du Qinghai et une partie du sud de la province chinoise moderne du Gansu)[2]. Historiquement, les Tangoutes, ou l'empire Xia occidental, comprenaient, à leur plus grande étendue, aussi des parties de ce qui sont maintenant les provinces chinoises de Ningxia, le nord du Shaanxi, le nord-est du Xinjiang, le sud-ouest de Mongolie intérieure et le sud le plus méridional de Mongolie extérieure – tous ces territoires se trouvent en fait en dehors de l'aire de répartition de Anisodus tanguticus[3],[4].

Autres noms

Anisodus tanguticus est communément dénommé en Chine 山莨菪 (shān làngdàng = Jusquiame noire des montagnes)[5] ou 藏茄 (Zàng qié = aubergine du Tibet)[6].

Description

Anisodus tanguticus

« Anisodus tanguticus » est une plante vivace. Elle a des fleurs qui sont principalement solitaires et portées à l'aisselle des feuilles. Les fleurs sont majoritairement en forme de coupe et radiales. La plupart d'entre elles sont pendantes mais elles peuvent parfois devenir dressées.

Les pédicelles ont une longueur variable, en moyenne d'environ 1,5–11 cm et peuvent être soit glabres, soit pubescents.

Le calice est généralement largement infundibuliforme (en forme d'entonnoir) et mesure environ 2,5–4 cm de longueur.

La plupart des lobes du calice d’A. tanguticus apparaissent largement dentés. Un examen plus attentif de ces lobes révèle généralement qu’un ou deux lobes sont plus larges et plus longs que les autres. Les apex de ces lobes peuvent être soit aigus soit obtus, et les lobes eux-mêmes sont légèrement inégaux et glabres.

La corolle en entonnoir varie en couleur à travers différentes nuances et zonations de violet jusqu’à des formes occasionnelles totalement jaune pâle à verte, les pétales individuels constituant la corolle atteignant entre 2,5 et 4 cm de longueur.

L'ovaire est conique, portant des styles d'environ 1,2 cm (0,5 in) de longueur. Le stigmate est discoïde et quelque peu déhiscent à maturité.

Les anthères sont de forme oblongue et mesurent environ 5–6 mm (0,20–0,24 in) de longueur, se déhiscant longitudinalement à maturité[7].

Les pollinisateurs insectes de la plante incluent mouches, abeilles domestiques, et fourmis.

Répartition

Anisodus tanguticus se trouve principalement sur le plateau tibétain (sur des pentes herbeuses et ensoleillées), son aire s'étendant des montagnes Hengduan de Sichuan et Yunnan à l'est, en passant par Qinghai et Gansu au nord-ouest, jusqu'au Tibet à l'ouest[8] et Népal au sud[9],[10]. Elle est présente à des altitudes de 2 800 à 4 200 m. Les populations d'A. tanguticus dans cette région ont diminué de manière significative en raison de la récolte intensive de l'espèce à des fins médicinales, entraînant (puisque les racines sont la partie récoltée) l'enlèvement des plantes dans leur totalité[11].

Selon des prédictions, avec le changement climatique, on peut s'attendre à un déplacement des populations montagnardes de l'espèce à se déplacer à des altitudes plus hautes. Et les populations peuplant une zone plus tempéré à se déplacer à des latitudes plus hautes[12]. La zone d'habitat propice au développement augmenterait d'environ 1.2 pour cent en 2050 et de 1.7 pour cent en 2070[13].

Globalement, l'espèce est considérée comme en quasi menacé du à la récolte intensive[13],[14].

Répartition de A. tanguticus

En raison de sa répartition sur le plateau tibétain, qui comprend de nombreuses montagnes et vallées, A. tanguticus peut être trouvé dans des zones très isolées par rapport à un autre site de la même plante. Cela a conduit à un niveau élevé de différenciation génétique de A. tanguticus.

On le trouve fréquemment à proximité des établissements humains et des monastères, prospérant dans des sols riches en nutriments grâce au dépôt régulier de fumier de cheval et de bétail.

Médecine traditionnelle

Anisodus tanguticus est l'une des « 50 herbes fondamentales » utilisées en médecine traditionnelle chinoise. Elle contient des niveaux élevés d'alcaloïde tropanique (hyoscyamine et scopolamine), qui affectent principalement le système nerveux parasympathique et peuvent agir comme des agents anticholinergiques[11].

Utilisation pharmaceutique

Structure_chimique_d'Anisodamine texte_alt
Structure chimique d'Anisodamine
Texte alternatif Anisodine
Structure chimique de l'Anisodine

Anisodus tanguticus est cultivée et récoltée afin d'extraire deux alcaloïdes, l'anisodamine et l'anisodine, qui peuvent être obtenus à partir des racines de la plante. Ces alcaloïdes sont utilisés comme médicaments anticholinergiques en Chine pour le choc circulatoire aigu[15]. L'anisodamine en particulier a été introduit dans l'usage clinique en Chine en 1965 grâce à la fabrication d'un médicament synthétique qui concentrait les alcaloïdes de la plante. Il a été utilisé pour la première fois pour traiter la méningite épidémique, mais a ensuite été utilisé pour traiter d'autres maladies, y compris la glomérulonéphrite, la polyarthrite rhumatoïde, l'entérite clostridienne nécrosante, l'éclampsie, l'œdème pulmonaire et le choc circulatoire[16]. On a également constaté que l'anisodamine est très bénéfique dans les cas de perte auditive due au bruit, en dilatant les capillaires et en améliorant la microcirculation dans le labyrinthe osseux ; tandis que l'anisodine a été utilisée cliniquement pour la migraine et les maladies du fond de l'œil dues au vasospasme[17].

Néanmoins, à cause de ces mêmes molécules, la plante peut potentiellement être toxique si consommée à forte dose[18].

Tentatives d'augmentation de la population

La population d'A. tanguticus commence à diminuer dans son habitat principal du plateau Qinghai-Tibet en Chine. Cela peut être attribué non seulement aux effets de la surexploitation, en tant qu'espèce médicinale, mais aussi à un faible taux de germination des graines chez A. tanguticus – même dans la plupart des conditions naturelles. Cela est probablement dû à l'imperméabilité relative du tégument de ses graines, qui tend à empêcher l'absorption d'eau et agit également pour inhiber les échanges gazeux. Les graines de A. tanguticus sont donc classées comme ayant une dormance imposée par le tégument.

Une étude a été menée dans le but de trouver la méthode la plus efficace pour briser la dormance des graines de l'espèce afin d'augmenter les taux de germination. Plusieurs combinaisons de traitements (qui comprenaient le refroidissement, l'acide gibbérellique et la scarification mécanique) ont été employées[19] La méthode de scarification mécanique (qui consiste à casser, gratter ou ramollir le tégument de la graine) s'est avérée être la seule façon d'augmenter la germination. Le taux est passé à environ 70 % et le temps de germination a été réduit à 4,1 jours.

L'étude a été entreprise dans le but de trouver des moyens d'augmenter la population de la plante.

Systématique

Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Anisodus tanguticus (Maxim.) Pascher[20]. L'espèce a été initialement classée dans le genre Scopolia sous le basionyme Scopolia tangutica Maxim.[20].

Anisodus tanguticus a pour synonymes[20] :

  • Anisodus tanguticus var. viridulus C.Y.Wu & C.Chen
  • Scopolia tangutica Maxim.
  • Scopolina tangutica (Maxim.) Kuntze
  • Whitleya tangutica (Maxim.) Sandina

Liens externes

Notes et références

  1. Umberto Quattrocchi, CRC World dictionary of medicinal and poisonous plants: common names, scientific names, eponyms, synonyms and etymology, vol. IV, M-Q, CRC Press,
  2. Patrick M. Synge, The Royal Horticultural Society Dictionary of Gardening, vol. IV : Pt-Zy, Clarendon Press, , 2nd éd. (1re éd. 1965) (ISBN 978-0-19-869106-8)
  3. Bian, Ren [边人] (2005). Xixia: xiao shi zai li shi ji yi zhong de guo du [Western Xia: the kingdom lost in historical memories] 西夏: 消逝在历史记忆中的国度. Beijing [北京], Wai wen chu ban she [Foreign Language Press] 外文出版社.
  4. Li, Fanwen [李范文] (2005). Xixia tong shi [Comprehensive History of Western Xia] 西夏通史. Beijing [北京] and Yinchuan [银川], Ren min chu ban she [People's Press] 人民出版社; Ningxia ren min chu ban she [Ningxia People's Press] 宁夏人民出版社.
  5. (en) « MDBG English to Chinese dictionary: 山莨菪 symbols » Accès libre, sur www.mdbg.net (consulté le )
  6. (en) « MDBG English to Chinese dictionary: 藏茄 symbols » Accès libre, sur www.mdbg.net (consulté le )
  7. Yang DZ, Zhang ZY, Lu AM, Sun K, Liu JQ, « Floral organogenesis and development of two taxa of the Solanaceae — Anisodus tanguticus and Atropa belladonna », Israel Journal of Plant Sciences, vol. 50, no 1,‎ , p. 127–134 (DOI 10.1560/9J1P-6GCQ-M375-51P4, Bibcode 2002IsJPS..50..127Y)
  8. Lu An-ming et Zhang Zhi-yu, Solanaceae : Biology and Systematics, Columbia University Press, , « Studies of the Subtribe Hyoscyaminae in China, paper no. 5 »
  9. « Annotated Checklist of the Flowering Plants of Nepal », sur Efloras.org (consulté le )
  10. « ANISODUS Link in Sprengel, Syst. Veg. 1: 699. 1825 », Flora of China, vol. 17,‎ , p. 304–305 (lire en ligne, consulté le )
  11. Zheng W, Wang L, Meng L, Liu J, « Genetic variation in the endangered Anisodus tanguticus (Solanaceae), an alpine perennial endemic to the Qinghai-Tibetan Plateau », Genetica, vol. 132, no 1,‎ , p. 123–9 (PMID 17516136, DOI 10.1007/s10709-007-9154-5, S2CID 11346705)
  12. (en) Dong‐Shi Wan, Jian‐Ju Feng, De‐Chun Jiang et Kang‐Shan Mao, « The Quaternary evolutionary history, potential distribution dynamics, and conservation implications for a Qinghai–Tibet Plateau endemic herbaceous perennial, Anisodus tanguticus (Solanaceae) », Ecology and Evolution, vol. 6, no 7,‎ , p. 1989 (ISSN 2045-7758 et 2045-7758, PMID 27099706, PMCID 4831433, DOI 10.1002/ece3.2019, lire en ligne, consulté le )
  13. (en) Chen Chen, Bo Wang, Jianan Li et Yuanming Xiao, « Predicting potential and quality distribution of Anisodus tanguticus (Maxim.) Pascher under different climatic conditions in the Qinghai–Tibet plateau », Frontiers in Plant Science, vol. 15,‎ , p. 08-10 (ISSN 1664-462X, PMID 38887466, PMCID 11180894, DOI 10.3389/fpls.2024.1369641, lire en ligne Accès libre [PDF], consulté le )
  14. Famei Zhang, Jianan Li, Tao Wang et HuiYuan Ma, « Integrated microbiological and metabolomic analyses reveal the mechanism by which P addition affects the quality of Anisodus tanguticus », Industrial Crops and Products, vol. 228,‎ , p. 1 (ISSN 0926-6690, DOI 10.1016/j.indcrop.2025.120956, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  15. Varma DR, Yue TL, « Adrenoceptor blocking properties of atropine-like agents anisodamine and anisodine on brain and cardiovascular tissues of rats », British Journal of Pharmacology, vol. 87, no 3,‎ , p. 587–94 (PMID 2879586, PMCID 1916562, DOI 10.1111/j.1476-5381.1986.tb10201.x)
  16. Xiu RJ, Intaglietta M, « Improvement of microvascular function by Chinese vasocative substance », Advances in Chinese Medicinal Materials Research, vol. 1, no 1,‎ , p. 553–7
  17. James A. Duke et Edward S. Ayensu, Medicinal Plants of China, vol. 2, Reference Publications, coll. « Medicinal Plants of the World », , p. 605
  18. Xuebin Guo, Qian He, Bangguo Qi et Chenye Sun, « A Poisoning Outbreak Caused by Anisodus tanguticus - Maqin County, Qinghai Province, China, July 2021 », China CDC weekly, vol. 4, no 41,‎ , p. 920–923 (ISSN 2096-7071, PMID 36426290, PMCID 9681605, DOI 10.46234/ccdcw2022.189, lire en ligne, consulté le )
  19. He T, Jai JF, « Breaking dormancy in seeds of Anisodus tanguticus: an endangered medicinal herb of high altitude in the Qinghai-Tibet Plateau », Seed Science and Technology, vol. 37, no 1,‎ , p. 229–231 (DOI 10.15258/sst.2009.37.1.26)
  20. GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 19 avril 2026.
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