Anna Guérin

Anna Guérin
Anna Guérin en 1919.
Biographie
Naissance
Décès
(à 83 ans)
Nom de naissance
Anna Boulle
Pseudonyme
Sarah Garnier
Autres noms
Anna Rabanit
Nationalité
Activités
Conférencière, enseignante, militante
Autres informations
A travaillé pour
Conflit
Œuvres principales

Anna Guérin est une Française née le à Vallon-Pont-d'Arc et morte le , à l'origine de la Campagne du Coquelicot pour commémorer les victimes de la Première Guerre mondiale et aider leurs familles.

Biographie

Coquelicots de tissu sur un mémorial à Canberra.

Anna Boulle naît à Vallon-Pont-d'Arc (Ardèche)[1] le [2]. Ses parents, des paysans cévenols de tradition protestante, lui permettent de suivre des études et elle obtient le brevet supérieur[3]. Elle s'installe à Madagascar avec son premier mari, un ancien marin renvoyé pour inconduite nommé Paul Rabanit, qui a mis le cap sur cette nouvelle colonie pour y chercher des pierres précieuses[3]. Le couple a deux filles, Raymonde et Renée[3]. Anna fonde une école, qui accueille plus de cent élèves. En 1907, elle reçoit les Palmes académiques[3]. Elle se sépare la même année de cet homme brutal, mais souhaite continuer le métier d’institutrice, ce qui est alors interdit aux femmes divorcées[4] : elle rentre en métropole et contracte en 1909 un mariage de convenance avec Eugène Guérin, un magistrat d'origine alsacienne[3].

Vers 1910, elle enseigne à l'Alliance française au Royaume-Uni et s'y fait en parallèle conférencière sous le pseudonyme de Sarah Granier[3], racontant l'histoire de Françaises célèbres (Jeanne d'Arc, Marie-Antoinette ou encore Charlotte Corday). Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, elle laisse ses filles dans sa famille et part aux États-Unis[3]. De passage en France en 1915, elle est frappée par la souffrance des familles des soldats tués ou lourdement blessés. Elle décide de vendre aux États-Unis des coquelicots de papier en soutien aux familles des victimes des combats. À raison de 10 cents la pièce, c'est un million de francs-or qu'elle récolte[4] au fil de ses tournées, arborant un tailleur coupé dans la toile bleu horizon des capotes des soldats français[3].

Après l'Armistice, Anna Guérin créée la Ligue interalliée des enfants, patronnée par la France[3].

Toujours outre-atlantique, elle lance alors l'idée du Poppy Day, cette journée commémorative de l'armistice du 11 novembre 1918 où chacun porte à la boutonnière une fleur de coquelicot (poppy, en anglais). La pratique se répand dans les pays anglophones : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande. En France en revanche, c'est le bleuet qui est porté à partir de 1916, sous l'impulsion de deux infirmières de l'hôpital militaire des Invalides, Charlotte Malleterre et Suzanne Lenhardt[4]. Le port du bleuet en France disparaît progressivement après la Seconde Guerre mondiale, avant de renaître à partir des années 1990 ; le port du coquelicot en revanche reste un succès dans les pays du Commonwealth[4].

En 1940, Anna Guérin entreprend une action en justice contre Moina Michael, une Américaine dont elle s'est inspirée et qui s'est attribuée la paternité de l'idée. Ce n'est qu'en 2022 qu'une étude publiée par l'historienne britannique Heather Johnson lui en reconnaît le crédit[4],[5].

Anna Guérin meurt dans l'anonymat le [3]. Elle exerçait alors en France la profession d'antiquaire[4].

Distinctions et hommages

Une plaque à sa mémoire a été posée en 2021 à Aubigny-sur-Nère[3].

Bibliographie

  • (en) Heather Johnson, The Poppy Lady, the Story of Madame Anna Guérin and the Remembrance Poppy, Pen and Sword History, (ISBN 978-1399073721)
  • Claude Vigoureux, La Dame au coquelicot, le roman vrai d'Anna Guérin, Souvenir français d'Ardèche,

Articles connexes

Références

  1. « Anna Guérin, l'Ardéchoise qui a créé l'équivalent du "bleuet français" - ICI », sur ICI, le média de la vie locale, (consulté le ).
  2. « Actes de naissance de la commune de Vallon-Pont-d'Arc - année 1878 », sur archives.ardeche.fr (consulté le )
  3. Claude Vigoureux, « Anna Guérin, la french lady du Poppy », sur Monarchie Britannique (consulté le ).
  4. Benoît Hopquin, « A l’origine du coquelicot et du bleuet comme fleurs symboles du 11 novembre, des femmes dont l’histoire a oublié les noms », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. [compte rendu] (en) Clayton Willis, « The Poppy Lady: The Story of Madame Anna Guérin and the Remembrance Poppy by Heather Anne Johnson », French History, vol. 37, no 4,‎ , p. 492-493 (DOI 10.1093/fh/crad054).
  • icône décorative Portail de la Première Guerre mondiale
  • icône décorative Portail des femmes et du féminisme