Anne Couppier de Romans

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(à 71 ans) Versailles |
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Anne Couppier de Romans (1737 - 1808), baronne de Meilly-Coulonge, est une maîtresse du roi Louis XV.
Biographie
Naissance
Elle naît en 1737 à Grenoble, alors dans la province du Dauphiné,
Son acte de baptême indique qu'elle est la fille du sieur Jean Joseph Roman Couppier, bourgeois, et de Marie-Madeleine Armand, époux mariés. Son parrain est un marchand et sa marraine est la femme d'un marchand.
Par la suite, son acte de baptême sera falsifié sur un des deux registres, avec la volonté manifeste de lui prêter des origines nobles : sieur devient messire, la particule de est intercalée entre Roman et Couppier devenu Coppier, les épithètes de marchand sont grattés[1]. Son acte de décès la qualifie de dame Anne Coppier[2].
Maîtresse du roi
De passage à Grenoble à l'été 1760[3], Giacomo Casanova, devient l'amant de la jeune Anne. Casanova la décrit ainsi : « Sa peau de satin était d'une blancheur éblouissante que relevait encore une magnifique chevelure noire. Les traits de son visage étaient d'une régularité parfaite ; son teint était légèrement coloré, ses yeux noirs, bien fendus avaient à la fois le plus vif éclat et la plus grande douceur ; elle avait les sourcils bien arqués, la bouche petite, les dents régulières et bien placées avec un émail de perle, et les lèvres d'un rose tendre sur lesquelles reposait le sourire de la grâce et de la pudeur[1]. »
L'aventurier vénitien invente pour elle un horoscope qui lui enjoint de se rendre à Versailles, pour y devenir la maîtresse du roi Louis XV[4],[5]. De façon moins romanesque, la soeur d'Anne, Marie-Madeleine Couppier-Varnier, courtisane à Paris, la mit en relation avec Dominique Guillaume Lebel, premier valet de chambre du roi, qui identifiait pour son maître les fameuses petites maîtresses du pavillon du Parc-aux-Cerfs.
De fait, la jeune femme a une liaison avec le roi, de 1760 à 1765. Comme elle est de grande taille, Louis XV la surnomme « ma grande »[1]. Cette nouvelle venue dans le lit du roi inquiète la marquise de Pompadour, favorite officielle du monarque. Anne se refuse à faire partie des maîtresses du Parc-aux-Cerfs, et obtient de se voir offrir sa propre maison à Passy, l'hôtel de la Folie, où le monarque peut lui rendre visite. Elle reçoit également le titre de baronne de Meilly-Coulonge. En 1762, Anne donne au roi un fils. Elle se montre exigeante auprès de son royal amant, demandant des honneurs et la légitimation de son fils : de fait, Louis-Aimé de Bourbon (1762-1787), sera le seul de ses enfants naturels auquel Louis XV accordera le privilège de porter le nom de Bourbon[6].
Mais la baronne perd bientôt toute retenue. Elle traite son enfant comme un fils de France, s'adresse à lui par le titre de « Monseigneur », appellation princière qu'il ne saurait recevoir, et exige de tous la même déférence à son endroit. Elle s'affiche en public avec lui au bois de Boulogne. En 1765, elle est compromise dans l’affaire La Chalotais : sa maison est perquisitionnée, ses papiers saisis, mais pas ceux constatant la paternité du roi[7].
Quoi qu'il en soit, le roi finit par se lasser des maladresses de sa maîtresse. Au mois de , la disgrâce tombe : des archers royaux viennent enlever l'enfant, qui sera élevé loin de sa mère et dans l'ignorance de son ascendance, jusqu'au jour où il fut en âge d'entrer au collège de Pontlevoy[1]. Quant à la baronne, elle est exilée pour un temps. Elle doit quitter Passy pour le couvent des Ursulines de Saint-Denis.
Louis Phélypeaux de Saint-Florentin lui donne néanmoins souvent des nouvelles de son fils. Outre les rentes qu'il lui a concédées pour elle et son fils, Louis XV lui fait remettre 500 000 livres en 1767[1], ainsi qu'une pension de 3 000 livres[7]. Ces sommes très importantes dépassent de loin toutes celles concédées à d'anciennes maîtresses du Parc-aux-Cerfs.
Mariage et fin de vie
Sortie du couvent, la baronne demeure, compte tenu de sa fortune, un beau parti. Elle se marie en 1772 à un aristocrate languedocien, Gabriel-Guillaume de Siran, marquis de Cavanac, maréchal de camp de dragons, brigadier des armées du roi, et chambellan du duc des Deux-Ponts. Contrairement à de nombreuses petites maîtresses, son mariage n'est pas arrangé par le souverain. Le couple aura deux enfants.
La mésentente s'installe cependant entre le marquis et son épouse : un procès en séparation de corps et de biens est engagé. La marquise de Cavanac poursuit dans le même temps sa vie galante : en 1781, elle est surprise par son mari avec son jeune amant, l'abbé Thomas de Boisgelin de Kerdu, de dix-sept ans son cadet. Cet épisode vaut à ce dernier de voir sa carrière ecclésiastique brisée. À l'aube de la Révolution, la marquise de Cavanac fait partie des libertines en vue à Paris[7].
Pour échapper à la guillotine, elle émigre en Espagne en 1792, avant de revenir en France. Elle meurt à Versailles (alors dans le département de Seine-et-Oise), au 21 de la rue de Satory, le [1],[2]. Elle aurait alors été à la tête d'une fortune d'un million de livres[7].
Notes et références
- Historia no 159, février 1960
- Archives départementales des Yvelines, « Versailles : Registre des décès de 1808. Cote 1081404 » (Acte de décès d'Anne Coppier, avec mention du lieu de naissance), sur archives.yvelines.fr (consulté le ), p. 210.
- ↑ Google Livre Le lit du roi : Casanova, Louis XV et Mlle de Romans par Octave Aubry, éditions Fayard 1932.
- ↑ Octave Aubry, Le lit du roi, , 126 p. (lire en ligne)
- ↑ Goole Livre Casanova, les dessus et les dessous de l'Europe des Lumières par Guy Chaussinand-Nogaret édition Fayard 2006.
- ↑ Site histoire-et-secrets.com, page sur Louis-Aimé de Bourbon.
- Minega, « Anne Couppier de Romans, maîtresse passagère de Louis XV », sur Les Favorites Royales (consulté le )
Bibliographie
- Michel Garcin, Mademoiselle de Romans, la « grande », Atlantica, , (ISBN 978-2843949029).
Liens externes
Articles connexes
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