Anne de Jésus Marie de Bragance
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| Infante du Portugal (d) |
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 50 ans) Rome |
| Nom dans la langue maternelle |
Ana de Jesus Maria Luísa Gonzaga Joaquina Micaela Rafaela Sérvula Antónia Francisca Xavier de Paula de Bragança e Bourbon |
| Nationalité | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie |
Maria Teresa de Bragança (sœur aînée) François-Antoine de Bragance (en) (frère aîné) Marie-Isabelle de Bragance (sœur aînée) Pierre Ier du Brésil (frère aîné) Marie Françoise de Bragance (sœur aînée) Isabelle-Marie de Bragance (sœur aînée) Michel Ier de Portugal (frère aîné) Marie Assomption de Bragance (sœur aînée) |
| Conjoint |
Nuno José Severo de Mendonça Rolim de Moura Barreto (à partir de ) |
| Enfants |
Ana Carlota de Mendoca Rolim de Moura Barreto de Sousa Coutinho, Comtesse de Linhares (d) Pedro José de Mendoça Rolim de Moura Barreto (d) Augusto Pedro de Mendóça Rolim de Moura Barreto (d) Maria do Carmo de Mendoça Rolim de Moura Barreto de Figueiredo Cabral da Camara (d) Maria Amália de Mendoça Rolim de Moura Barreto (d) |
| Distinctions |
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Anne de Jésus Marie de Bragance (en portugais : Ana de Jesus Maria Luísa Gonzaga Joaquina Micaela Rafaela Sérvula Antónia Francisca Xavier de Paula de Bragança e Bourbon), infante de Portugal et, par son mariage, marquise de Loulé, est née le à Mafra, au Portugal, et morte le à Rome, dans les États pontificaux. Membre de la maison de Bragance, elle prend position en faveur de sa nièce Marie II de Portugal, contre son frère le roi-consort Michel de Portugal, au moment de la crise de succession portugaise de 1826-1834.
Biographie
Famille
Membre de la maison de Bragance, l'infante Anne de Jésus Marie est la fille cadette du roi Jean VI de Portugal (1767-1826) et de son épouse l'infante Charlotte-Joachime d'Espagne (1775-1830).
Par son père, elle est donc la petite-fille de la reine Marie Ire de Portugal (1734-1816) et de son époux le roi-consort Pierre III de Portugal (1717-1786) tandis que, par sa mère, elle a pour grands-parents le roi Charles IV d'Espagne (1748-1819) et la reine Marie-Louise, née princesse de Parme (1751-1819).
De son père vivant, de nombreuses rumeurs circulaient, remettant en question sa paternité sur plusieurs de ses enfants officiels, car son épouse était réputée avoir de nombreux amants. Des historiens, comme Alberto Pimentel, par exemple, affirmait qu’« il est généralement admis que, sur les neuf enfants de Dona Carlota Joaquina, seuls les quatre premiers avaient Dom João VI pour père », et Laure Junot d'Abrantès commentait la situation avec ironie, déclarant que les enfants ne se ressemblaient pas. Des sources bibliographiques et contemporaines affirment que le roi Jean VI lui-même a confirmé n'avoir eu aucune relation sexuelle avec son épouse pendant plus de deux ans avant la naissance de Michel, période durant laquelle le couple a traversé de profondes crises conjugales et des complots, ne se voyant qu'à l'occasion d'événements officiels. Quoi qu’il en soit, le roi les reconnut tous comme légitimes.
À son sujet et à celui de sa fratrie, si l’on en croit le maréchal de Castellane : « Sauf pour l'infante dona Maria Isabelle de Bragança, le marquis de Marialva Pedro José Joaquim Vito de Meneses Coutinho passe pour être le père des autres princes. Don Miguel de Bragança le raconte quand il est en goguettes. / João VI de Bragança disait, en parlant de la régente actuelle Isabel de Bragança: "Pour celle là, elle est ma fille, elle me ressemble." » (Journal du Maréchal de Castellane, tome II, 1900, page 139 [journée du 30 11 1826, à l'époque l'auteur était au Portugal]).
Exil au Brésil et une jeunesse brésilienne
Née près de Lisbonne en 1806, l'infante Anne de Jésus Marie part, dès l'année suivante, dans la colonie du Brésil avec sa famille du fait de l'invasion du Portugal par les forces napoléoniennes. Elle y passe toute son enfance et grandit à Rio de Janeiro, ville qu'elle ne quitte qu'en 1821, lorsque son père décide de rentrer en Europe sous l'injonction de la révolution libérale portugaise.

Retour au Portugal et mariage
De retour à Lisbonne, l'infante est le témoin des divisions qui traversent sa famille et qui mettent en péril la stabilité du Portugal. Ses parents, le roi Jean VI et la reine Charlotte-Joachime, se détestent et la souveraine complote ouvertement avec son fils cadet l'infant Michel, frère d'Anne de Jésus Marie, pour renverser le monarque et mettre un terme au vent de libéralisme qui secoue le Portugal.
Dans ce contexte mouvementé, l'infante noue une liaison secrète avec le marquis de Loulé, un aristocrate dont la famille est bien en dessous des standards matrimoniaux des maisons royales de cette époque. Rendue publique après que la princesse soit tombée enceinte au début de , leur relation provoque donc un énorme scandale[1]. Cependant, la reine Marie II, par la voix de l'infante-régente Isabelle-Marie de Bragance, accorde toutefois l'autorisation au couple de se marier, le , soit vingt-deux jours avant la naissance de son premier enfant et le jour même où la suite royale était venue la féliciter pour son mariage[2].
Grossesse, mariage et descendance
Le à Queluz, elle épouse Nuno de Mendoça (1804-1875), 2e marquis de Loulé et 9e comte de Vale de Reis, fils d'Agostinho de Mendoça (1780-1824), 1er marquis de Loulé et 8e comte de Vale de Reis, et de Maria Margarida do Carmo de Lorena e Menezes (1781-1852), descendante par sa grand-mère maternelle de la maison de Lorraine et de la maison de Cadaval.
De ce mariage (inégal mais réalisé avec le consentement de la régente Isabelle-Marie de Bragance, au nom de la reine Marie II) naissent cinq enfants[2] :
- Ana Carlota de Mendoça Rolim de Moura Barreto (1827-1893), mariée au 3e comte de Linhares (d'où postérité : 12 enfants) ;
- Maria do Carmo de Mendoça Rolim de Moura Barreto (1829-1907), mariée au 3e comte de Belmonte (d'où postérité : 7 enfants) ;
- Pedro José Agostinho de Mendoça Rolim de Moura Barreto (1830-1909), 2e duc de Loulé (d'où postérité : 2 filles) ;
- Maria Amália de Mendoça Rolim de Moura Barreto (1832-1880), mariée à Don João Salazar de Mascarenhas (union annulée, d’où postérité : 1 fils), puis devenue religieuse ;
- Augusto Pedro de Mendoça Rolim de Moura Barreto (1835-1914), 3e comte d'Azambuja (d'où postérité : 13 enfants).
L'époux de l'infante Anne de Jésus Marie, Nuno de Mendoça, marquis de Loulé, est élevé et titré 1er duc de Loulé le .
Soutien à Marie II et exil
Le roi Jean VI étant décédé en 1826 et son fils aîné ayant été proclamé empereur du Brésil indépendant en 1822, le Portugal est secoué par une grave crise de succession. Le pays et la famille royale se divisent ainsi entre partisans de la jeune Marie II, soutenue par les libéraux, et les partisans de son oncle Michel Ier, appuyé par les conservateurs.
Contrairement à sa mère et à ses sœurs Marie-Thérèse, Françoise, Isabelle-Marie et Assomption, toutes ardentes partisanes de l'absolutisme royal, Anne de Jésus Marie prend parti pour sa nièce Marie II et pour les libéraux. Elle fuit ainsi le Portugal avec son époux et ses enfants et retrouve la jeune souveraine à Londres.
Après quelques semaines dans la capitale anglaise, Anne de Jésus Marie et sa famille décident de gagner le Brésil et de se placer sous la protection de l'empereur Pierre Ier.
Guerre civile et séparation

En 1831, Pierre Ier renonce à la couronne brésilienne pour rentrer en Europe et restaurer sa fille Marie II sur le trône de Portugal. Anne de Jésus Marie, son époux et leurs enfants l'accompagnent et le marquis de Loulé prend les armes aux côtés de son beau-frère durant la guerre civile qui éclate au Portugal (1832-1834).
Installée en Italie pendant ce temps, Anne de Jésus Marie y donne le jour à ses derniers enfants. Une fois la paix revenue, Anne de Jésus Marie prend la décision de rester vivre Rome : la guerre a en effet éloigné le couple, qui choisit de se séparer en 1835. De son côté, le marquis de Loulé rentre au Portugal, où il assume plusieurs charges ministérielles.
Anne de Jésus Marie meurt à Rome en 1857, cinq ans avant que son époux ait été élevé au rang de duc de Loulé.
Postérité
Après la mort sans postérité du roi Manuel II de Portugal (1932) et à la suite de l'exclusion de Michel Ier de Portugal et de ses héritiers (1834), une partie des descendants d'Anne de Jésus Marie revendique la succession au trône de Portugal contre leur cousin, Duarte Nuno de Bragance.
Aujourd'hui, Pedro José Folque de Mendoça Rolim de Moura Barreto (né en 1958), 6e duc de Loulé, se considère ainsi comme l'héritier du trône de Portugal.
Articles connexes
- Histoire du Portugal (1777-1834)
- Guerre civile portugaise
- Jean VI de Portugal
- Charlotte-Joachime d'Espagne
- Nuno José Severo de Mendonça Rolim de Moura Barreto
Références
- ↑ Dans "As Senhoras Infantas filhas de D. João VI", publié à Lisbonne en 1938, l'historien Ângelo Pereira cite, à la page 161 de son livre, une lettre de l'infante Anne de Jésus Marie à son frère Dom Pedro, qui suppose qu'elle n'avait pas pu obtenir le consentement de leur père (le roi Jean VI) à son mariage avec le marquis de Loulé, bien que rien dans la loi portugaise n'exige d'une infante cadette qu'elle obtienne la permission du roi pour se marier.
- (en) Paul Theroff, « Loulé », sur An Online Gotha (consulté le ).
Liens externes
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