Anti-humour

L'anti-humour (ou anti-comédie) est un style de comédie qui subvertit volontairement les attentes du public en ne livrant pas de véritable blague ni de chute humoristique, avec un résultat souvent maladroit ou expérimental. Le principe repose sur l’absence d’une chute attendue dans une narration présentée comme une blague, créant un effet comique pour certains par l’anticlimax ainsi généré.

Ce type d'anticlimax est comparable à celui de la shaggy dog story (histoire interminable sans vraie chute). Certains chercheurs classent d’ailleurs ce type d’histoire comme une forme d'anti-blague.

L’anti-humour est souvent décrit comme une forme d’ironie ou de renversement des attentes, qui peut susciter non seulement le rire, mais parfois aussi des émotions opposées à l’humour, comme la peur, la douleur, l’embarras, le dégoût, la gêne ou l’inconfort[1].

Exemples

Un exemple d’anti-humour est l'histoire sans queue ni tête, où on raconte une histoire extrêmement longue et détaillée, parfois surréaliste ou répétitive, afin de manipuler l'auditeur de sorte qu'il s'attende à une chute humoristique désopilante, avant de finir soit sur une chute très faible ou un jeu de mots insignifiant, soit sans véritable chute du tout.

La chute évidente se retrouve dans des récits structurés comme des blagues traditionnelles, avec une introduction et une chute, mais dont la chute est la plus évidente du récit. On peut citer comme exemples les blagues « Pourquoi le poulet a-t-il traversé la route ? » («Pourquoi le poulet a-t-il traversé la route?» «Pour aller de l'autre côté.») et celles du type « Qu'a dit/fait le fermier ? », qui présentent diverses situations où le conteur demande à l'auditeur ce que le fermier a fait dans une situation donnée. La réponse est littérale et non tournée vers l'humour attendu.

L'humour alternatif, entre autres aspects, parodie l'idée traditionnelle de la blague comme forme d'humour[2]. Les blagues anti-humour sont aussi souvent associées à des humoristes de stand-up volontairement mauvais. L'humoriste Andy Kaufman avait son propre style d'anti-humour, des numéros quasi- surréalistes couplés à de l'art performance ; l'une de ses manifestations les plus connues était son personnage fictif de Tony Clifton, un amuseur de cabaret sans talent[3].

Norm Macdonald était un autre humoriste parfois associé à l'anti-humour, bien qu'il ait contesté cette caractérisation[1],[4].

Références

  1. Lewis, « Painful Laughter: The Collapse of Humor in Woody Allen's "Stardust Memories" », Studies in American Jewish Literature (1981-), no 5,‎ , p. 141–150 (ISSN 0271-9274, JSTOR 41205641, lire en ligne)
  2. John Henderson, "Writing Down Rome: Satire, Comedy, and Other Offences in Latin Poetry" (1999) (ISBN 0-19-815077-6), p. 218
  3. Nachman, « Anti-Humor: Why the Grand Sorcerer Wags His Penis », Ethos, vol. 10, no 2,‎ , p. 117–135 (ISSN 0091-2131, DOI 10.1525/eth.1982.10.2.02a00020, JSTOR 3696960, lire en ligne Inscription nécessaire)
  4. « Norm Macdonald, Still in Search of the Perfect Joke », The New York Times, (consulté le )

Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé "Anti-humor"

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