Antoinette de Saliès

Antoinette de Saliès
Biographie
Naissance
Décès
Pseudonyme
Antoinette de Salies
Activité
Autres informations
Date de baptême

Antoinette de Saliès, née Antoinette de Salvan en à Albi et morte le [1] à Saliès[4], est une écrivaine française.

Biographie

Enfance et famille

Antoinette de Salvan naît en à Albi d'une famille de robe. Elle est baptisée le . Sa mère Anne de Teissier est fille d'écuyer et son père Étienne de Salvan est juge. Elle a deux sœurs et un frère[5].

Elle reçoit une bonne éducation et une dot importante. En , elle épouse Antoine de Fontvieille, seigneur de Saliez, nommé depuis peu viguier d'Albi[5] et est désignée comme « La Viguière d'Alby »[6].

Carrière littéraire

Antoinette Saliès se désigne « la petite muse d'Albi »[6].

À la mort de son mari en , sa fortune est mise à mal suite au procès de son mari contre l'évêque d'Albi[5]. Tout en assurant l'éducation de ses trois enfants, elle s'adonne à l'écriture romanesque (roman historique), poétique et épistolaire[7]. Elle explique dans sa correspondance que ce veuvage lui accorde « la liberté et l'indépendance » nécessaire pour lui permettre de se consacrer pleinement à l'écriture[5].

Elle se consacre à la poésie en publiant régulièrement dans le Mercure Galant de à [5]. Elle écrit aussi bien des psaumes en latin, des traductions d'odes du poète grec Anacréon que une élégie en occitan.

En apparaît son roman La Comtesse d'Isembourg chez Claude Barbin à Paris, un éditeur mondain connu. Elle dénonce les violences conjugales subies par une princesse allemande, obligée de quitter son pays pour fuir son époux. En , elle adresse à la revue Mercure galant un « Projet d’une nouvelle secte de philosophes en faveur des dames » précieux, où hommes et femmes pourraient disserter sans les galanteries, les vantardises, les coquetteries et les dévots. Elle prône l'Amitié Tendre de Madeleine de Scudéry où l'amitié prédomine sur les amours[5].

Elle est reçue en à l'Académie des Ricovrati de Padoue, mais ne va ni en Italie ou ailleurs : elle ne quitte jamais sa province[7].

Elle tient un salon littéraire à Albi[5]. En [5], elle fonde la Société des chevaliers et chevalières de la Bonne-Foi[8], société littéraire dont on a encore le premier statut envoyé au Mercure Galant qu'elle a coécrit avec son ami Claude-Charles Guyonnet de Vertron (1645-1715), l'auteur de La Nouvelle Pandore ou les femmes illustres de ce siècle en 1698[5] :

«  Une amitié tendre et sincère,

Plus douce mille fois que l'amoureuse loi,

Doit être le lien, l'aimable caractère

Des chevaliers de Bonne-Foi. »

Elle a l'ambition de créer une « nouvelle secte de philosophes en faveur des dames » et est convaincue de l'égalité des sexes (Lettre V de madame de Saliez à monsieur de Vertron, page 213 de Lettres de Mesdames de Scudéry, de Saliez et Mademoiselle Descartes). Elle écrit par exemple dans le Mercure Galant de  : «  L'égalité des sexes ne se conteste plus parmi les honnêtes gens »[9].

Œuvres

  • Paraphrases sur les psaumes de la pénitence
  • Traduction de psaumes latins
  • Traduction de deux odes du poète grec Anacréon
  • Lettres et Poésies
  • Réflexions chrétiennes
  • Deux romans historiques :
  • Une élégie pastorale en occitan
  • Des poèmes publiés dans le Mercure Galant de à [10].
  • Correspondance et poésies dans la Seconde partie de La Pandore de Charles de Vertron (1806) :

Lettre de Saliez sur son projet, pages 111 ; réponse à Vertron 126, 137 ; réponse aux lettres patentes de l'Académie des Ricovrati 143, lettres à Vertron 148, 150, 153, 290, 300 ; sur la nouvelle secte des Filosofes -sic- 312 ; traduction d'un psaume 331, prière pour le Roy 334, lettre à Vertron 462[11]

  • Œuvres complètes, édition annotée par Gérard Gouvernet, Paris, Honoré Champion, « Sources classiques », 2004

Postérité

  • Notice dans Dictionnaire de Riballier et Cosson en 1779[5]
  • Notice dans Dictionnaire de Fortunée Briquet en 1806[5]
  • Un restaurant d'Albi nommé La viguière d'Alby.
  • La salle des fêtes de Saliès porte son nom.
  • L'école Salvan-de-Saliès

Bibliographie

  • Grande, Nathalie, Stratégies de romancières de Clélie à La Princesse de Clèves (1654-1678), Paris, Honoré Champion, « Lumière classique » n° 20, 1999, passim.
  • Grande, Nathalie, « Madame de Saliez, une précieuse occitane », dans Garona (revue de la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine), n° 16 (), p. 47-62.
  • Maître, Myriam, Les Précieuses, Naissance des femmes de lettres en France au XVIIe siècle, Paris, Honoré Champion, 1999, p. 335-337 et p. 716.
  • Pianori, Renata, « Antoinette de Salvan de Saliès, una femminista avanti lettera », dans Atti e Memorie dell’Academia patavina di Scienze Lettere et Arti già Accademia dei Ricovrati (1982-83), volume 95, parte III, p. 33-63.
  • Stuurman Siep, « Literary Feminism in Seventeenteh Century Southern France, The case of Antoinette de Salvan de Saliez », dans Journal of modern History, n° 71, march 1999, p. 1-27.

Notes et références

  1. ↑ « Registres paroissiaux 1727-1730 de Notre-Dame de Salies (cote 1E_274_006_2) », sur Archives départementales du Tarn (consulté le )
  2. ↑ Jules Rolland, Histoire littéraire de la ville d'Albi, (lire en ligne)
  3. ↑ « Arbre généalogique Angélique RABARY - Geneanet », sur gw.geneanet.org (consulté le )
  4. ↑ L'état civil indique qu'elle est baptisée le 27 novembre 1639[2] (elle est donc née avant le 29 novembre 1639, date retenue par certaines sources), et morte le 13 juin 1730 à 91 ans, ce qui indiquerait qu'elle soit née pendant la première moitié de l'année 1639[3].
  5. Nathalie Grande, « Antoinette de Salvan » Accès libre, sur SIEFAR, (consulté le )
  6. Nouvelle Pandore
  7. LETTRE VI DE MADAME DE SALIEZ A messieurs de l'Académie des Ricourati à Padoue, page XXXVIII
  8. ↑ Huguette Krief et Valérie André, Dictionnaire des femmes des Lumières, (ISBN 978-2-7453-2487-0 et 2-7453-2487-X, OCLC 905835550, lire en ligne), p. 1044-1045
  9. ↑ Antoinette de Saliès, « Réponse de madame de Saliès, viguière d'Albi », Mercure galant,‎ , p. 92 (lire en ligne)
  10. ↑ Page des Mercure Galant en ligne sur Gallica, on peut y chercher le nom de Saliez (numéros postérieurs à 1678)
  11. ↑ Claude-Charles Guyonnet de Vertron Seconde partie de la Pandore (option de lecture conseillée : image de pages)

Liens externes

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