Anton Six

Anton Six
One shot
Scénario José-Louis Bocquet
Dessin Arno
Couleurs quadrichromie
Genre(s) Bande dessinée

Pays Drapeau de la France France
Éditeur Albin Michel
Première publication 1986
ISBN 2226029710
Nombre de pages 46

Anton Six est un album de bande dessinée avec un scénario de José-Louis Bocquet et des dessins de Arno . L'album a été publié aux éditions Albin Michel dans la collection L'Écho des Savanes en 1987.

Synopsis

L’histoire se déroule en Pologne en 1946 et suit un jeune homme, Anton Six. A la suite de l’attaque du train dans lequel voyage Six, ce dernier rencontre le Capitaire Koch, dirigeant le groupe armé Werewolfs, composé d’anciens nazis. Ce groupe vit caché en forêt et continue le combat contre les Russes. Le Capitaine Koch obéit aux autres de Gehlen, lui même travaillant en sous-main pour les américains. Ces américains, installés à Berlin, continuent une guerre cachée contre les Russes qu’ils considèrent comme une menace même si la guerre est officiellement terminée. La mission de Koch est de conduire Six dans un camp dirigé par Vassili Mirzeny en Ukraine. Six doit récupérer des photos conservées par l’infirmière du camp, Rebecca et compromettant Staline au sujet de sa gestion du ghetto de Varsovie. Repartant vers Berlin, la troupe de Koch est attaquée par Mirzeny. Koch, dépendant de la morphine, est en manque, faible. Six retourne au camp chercher de la morphine, Rebecca veut s’enfuir avec lui. Ils emmènent Koch dans un village. Rebecca et Six tombent amoureux. Mais les Ukrainiens les retrouvent finalement, tuent Koch et Rebecca. L’armée rouge intervient et libère Six, blessé et le renvoie vers Berlin.

Publication

Personnages

  • Anton Six : le personnage principal. Jeune américain en mission.
  • Rebecca : jeune juive rescapée du ghetto de Varsovie et infirmière au camp Ukrainien de Mirzeny
  • Léon Lacour : SS belge, membre des Werwolf.
  • Hans Joachim Koch : hauptsturmführer (capitaine) SS des Werwolf. Il meurt le .
  • Sergent Willem: le second du Capitaine Koch
  • Vassili Mirzeny : Ukrainien commandant une unité de l'U.P.A.
  • Edelweiss Piraten : commandos de Werwolfs dirigé par Koch opérant en Pologne. La dizaine de groupes composant ce commando n'a jamais dépassé les 300 combattants. Après la mort de leur chef, certains poursuivent leur action jusqu'en 1948.

Analyse

L'album évoque dans le contexte peu connu des derniers combats entre armée allemande et armée rouge après 1945, une histoire d'amour sur fond d'espionnage. L'album a pour titre le nom du personnage principal, un jeune Juif chargé d'une mission secrète en Ukraine dans l'immédiat après-guerre.

Il met également en scène plusieurs rescapés d'anciennes divisions SS : le Belge Léon Lacour de la SS Freiwilligen-Grenadier 28e division SS Wallonie, le Finlandais Einar Tuomikoski de la 5e Panzerdivision SS Wiking, l'Allemand Otto Möller de la 10e Panzerdivision SS Frundsberg… Tous sont des "stay-behind" (agents clandestins) ayant rejoint un groupe de Werwölfe baptisé "Edelweiss Piraten", que commande l'Allemand Hans Joachim Koch[1].

Le livre est reconnu pour être moralement difficile car portant sur une période d'après-guerre où les alliances sont impossibles à comprendre. Comme l'écrit C.L. : « Arno et Bocquet sont impitoyables. S'il reste à leurs lecteurs quelques rares illusions sur l'âme humaine, leur implacable récit saura les en débarrasser »[2].

On peut aussi noter que cette fiction permet de mieux ressentir une période et des faits méconnus: « On sait bien sûr quelles troubles alliances ont été nouées en ces temps incertains. Mais c'est la force de la fiction, paradoxalement, que de rendre plus vrais des faits historiques en leur donnant, par l'entreprise de personnages, des yeux, des mots, des contours humains. Le dessin est d'une justesse qui dérange, et l'album refermé, on ne se défait pas de l'image du capitaine des Werwolf, de son hallucinant et toujours actuel regard de folie et de mort »[2]

En 1988, l'album se voit complété par un recueil de dessins et de textes supplémentaires portant sur les principaux protagonistes, qui paraît sous le titre Kriegspiel en 1988 chez Alpen Publisher. Ensuite les deux sont réunis en un seul volume plus luxueux avec jaquette intitulé Kriegspiel, le jeu de la guerre, aux éditions la Sirène (1992). Le complément illustré apporte un jour nouveau sur l'intrigue et dévoile l'étendue des recherches documentaires faites par le scénariste. Les personnes réelles et les personnages fictifs se mêlent de manière à semer la confusion sur l'existence et la réalité des Werwölfe, dont l'existence est niée par plusieurs historiens.

Cette histoire aurait pu avoir une suite. Comme l'écrit José-Louis Bocquet dans les Cahiers de la BD: « Pour l'instant, Arno travaille sur Alef-Thau mais nous pensons l'un comme l'autre que Six n'est pas un cadavre dans le placard. Donc, il doit réexister, ne serait-ce que pour nous ! » »[3]. Arno est cependant décédé quelques années après, à 35 ans.

Éditeurs

Périodiques

Notes et références

  1. bedetheque, « Anton Six », sur bedetheque.com,
  2. CL, Mensuel A suivre : Chronique "Livres à suivre", vol. 179, Casterman, , 148 p.
  3. Emmanuel Proust, Les cahiers de la BD : Le portrait de Dorian Bocquet, Glénat,

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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