Antonina Vallentin
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Traductrice, agente littéraire, biographe, historienne de l’art, écrivaine, éditrice associée |
| Conjoint |
Julien Luchaire (à partir de ) |
El Greco (d), Pablo Picasso |
Antonina Silberstein - Luchaire dite Antonina Vallentin, née le à Lviv et morte le à Paris est une femme de lettres franco-allemande-polonaise juive pratiquante, traductrice, auteure de biographies et historienne de l'art.
Biographie
Venue étudier à Berlin la philosophie et l'histoire de l'art. Elle fait sa thèse sur un disciple de Léonard de Vinci[1]. Elle tenait un salon très couru à Berlin au cours des années 1920. Polyglotte, elle parle outre le polonais et l'allemand, le russe, le français, l’italien et l’anglais. Elle a su lier des relations amicales avec la plupart des intellectuels allemands de l’époque dont Thomas Mann, Stefan Zweig, Lion Feuchtwanger ou d’autres nationalités comme H. G. Wells ou Malraux.
Dés les années 1920, elle co-dirige la revue Nord und Süd, une des plus anciennes revues culturelles allemandes et pacifiste. Elle épouse alors Maxim Vallentin, un homme d'affaires allemand dont elle divorce un an plus tard, mère d'une petite fille. Antonina Vallentin devient secrétaire et conseiller de Gustav Stresemann, chancelier de la République de Weimar puis ministre des Affaires Étrangères, prix Nobel de la paix avec Aristide Briand, qui s'implique dans une réconciliation franco-allemande et une révision du traité de Versailles. Elle aurait été son amie intime[2].
Elle épouse à Paris en 1929 le philologue universitaire et écrivain de théâtre Julien Luchaire, qui l'appelle « Tosia » et devient française, dont elle divorce en 1949. Par ce mariage, elle devient la belle-mère du journaliste collaborationniste Jean Luchaire. Dés 1940, son nom et ses écrits sont interdits de publication par la Liste Otto.
En 1933, elle soutient les artistes juifs persécutés. Amie de Elsa, la seconde femme de Albert Einstein, elle joue un rôle crucial dans le départ d'Einstein d'Allemagne. L'appartement des Luchaire, villa des Ternes à Paris devient le refuge de la diaspora allemande "de toute religion et de tout parti" opposante au nazisme. En 1934, elle traduit de l'anglais " Une Tentative d'autobiographie. Découvertes et conclusions d'un cerveau très ordinaire" publié chez Gallimard en 1936. Son étude sur Léonard de Vinci est publié aux USA, puis en France avec grand succès, après celle sur Heinrich Heine .
En 1940, elle publie une brochure "Les atrocités allemandes en Pologne" où elle décrit les actes de cruautés, massacres de soldats, les camps de concentration et transferts de population meurtriers[3]. Elle a écrit de nombreux ouvrages dont des biographies de Heine, Albert Einstein, Léonard de Vinci (1938), Mirabeau, Goya.
Seconde Guerre Mondiale
Protégée par son mari Julien, gaulliste, qui cache sa femme, sa belle-mère et sa belle-fille, avec des amis, elle vit à Clermont-Ferrand. Après le suicide de Zweig, elle tente de se suicider en 1942, et entame sa biographie de Goya. Sa fille Irène est arrêtée en 1944, puis rapidement libérée. Antonina Vallentin intègre avec son mari Julien Luchaire, le Comité National des Écrivains. Elle suit et commente différents procès d'Épuration.
Après-Guerre
Elle est critique de la situation politique française, autant que de la place des anciens nazis en Allemagne, dans la banque et l'industrie[4]. Elle tente d'émigrer aux USA, mais revient vivre auprès de Julien Luchaire, lassée de ses aventures extra-conjugales, ils se séparent. Elle publie un "Greco" qui est primé par l'Académie Française[5] puis le drame d'Albert Einstein en 1954, qui problématise le dilemme moral et intime du scientifique, qu'elle connaît depuis les années 1920 et qu'elle a convaincu de fuir d'Allemagne, face à la Seconde Guerre mondiale et à la bombe atomique. En 1955, elle écrit l'introduction au recueil "Les Désastres de la Guerre" de Francisco de Goya, et enfin une étude biographique de Picasso en 1957. Elle meurt d'une crise cardiaque.
Bibliographie
- Die Purpurne Flut – Märchen und Grotesken, Verlag Reuss & Pollack, Berlin, (1925).
- Stresemann, Flammarion, (1931).
- Henri Heine, Paris, Gallimard, (1934).
- Léonard de Vinci, Paris, Gallimard, (trad.française 1939)(1938)
- Les Atrocités Allemandes en Pologne, éditions Denoel (1940)
- Mirabeau avant la Révolution, Paris, Grasset,(1946)
- Goya, Paris, Albin Michel,(1949)
- H.G. Wells ou la conspiration au grand jour, Stock,(1950)
- El Greco, Paris, Albin Michel, (1951)
- Le Drame d’Albert Einstein, Paris, Plon, (1954)
- Picasso (1957)
Traduction
- Herbert George Wells, Une tentative d'autobiographie, Gallimard, (1936).
- Adrienne Thomas, Trois-quarts curiosité, Paris, Stock, Delamain et Boutelleau, (1936).
Notes
- ↑ in Laurent Broche "Une immense fosse commune". Une dénonciation de la réserve juive de Lublin au début de 1940, Diasporas. Histoire et sociétés Année 2006 9 pp. 169-179, à lire sur https://www.persee.fr/doc/diasp_1637-5823_2006_num_9_1_1078
- ↑ voir l'article de Laurent Broche,"« Une étonnante virtuosité et perspicacité », Antonina Vallentin", Franges 2 dans la revue Hypothèses à lire en ligne - https://liej.hypotheses.org/revue/numero-2-ecrivaines-juives-de-langue-francaise/laurent-broche#_ftn1
- ↑ aux éditions Denoel, 1940
- ↑ in Antonina Vallentin, « Fascistes de tous les pays, unissez-vous », Les Temps Modernes, n° 73, novembre 1951, p. 940-950.
- ↑ Prix Eugène Carrière 1955 à lire sur https://www.academie-francaise.fr/antonina-vallentin
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