Aptychotrema rostrata
Aptychotrema rostrata est une espèce de raies, endémique de l'Australie.
Description
Aptychotrema rostrata est de taille moyenne parmi les batoïdes, pouvant atteindre environ 100 à 120 cm de long, les femelles étant généralement plus grandes que les mâles. Le corps est aplati et fuselé, avec une tête triangulaire et un museau allongé, fin et pointu, qui donne à l’espèce son épithète spécifique rostrata (du latin rostratus, « pourvu d’un bec »). La coloration dorsale est sable à brunâtre, souvent parsemée de taches plus sombres afin de se dissimuler ; la face ventrale est claire avec des taches sombres irrégulières[1]. Chez certains individus, en particulier jeunes, on observe parfois un bord noir sur la pointe du museau[2].
Habitat et répartition

Aptychotrema rostrata vit dans les eaux subtropicales le long de la côte est de l’Australie, depuis le nord du Queensland jusqu’au Victoria. Elle est démersale, c’est-à-dire qu’elle se tient près du fond marin, et fréquente divers habitats côtiers comme les plages sableuses, estuaires, baies, mais aussi des fonds boueux et récifs rocheux, généralement jusqu’à environ 100 mètres de profondeur, mais on la rencontre aussi jusqu’à 220 m[3]. L’espèce se distingue des autres membres de sa famille par le plus petit nombre de récepteurs olfactifs chez ces individus[4].
Comportement
La croissance d’Aptychotrema rostrata est lente, et l’espèce se caractérise par une longévité relativement élevée et une maturité tardive, des traits biologiques communs aux élasmobranches[5]. Les mâles atteignent leur maturité vers l’âge de dix ans, tandis que les femelles peuvent ne devenir matures qu’aux alentours de treize ans[3]. Chez les mâles adultes, les dents antérieures se transforment en cuspides allongées, une adaptation liée au comportement reproducteur et à la préhension de la femelle lors de l’accouplement[6].
Alimentation
Le régime alimentaire de cette raie est principalement composé d’organismes benthiques. Elle se nourrit surtout de crustacés, tels que les crevettes, les crabes et les stomatopodes, mais consomme également des mollusques et de petits poissons vivant à proximité du fond. Pour se nourrir, elle adopte un comportement de chasse, fouillant le sable à l’aide de son museau pour déloger ses proies. Cette activité alimentaire contribue à la régulation des populations d’invertébrés benthiques et joue un rôle important dans l’équilibre écologique des écosystèmes côtiers[3].

Reproduction
L’espèce se reproduit selon un mode vivipare aplacentaire, qualifié d’ovovivipare. Les embryons se développent dans l’utérus maternel et se nourrissent exclusivement des réserves contenues dans leur vésicule vitelline jusqu’à la naissance. La maturité sexuelle est atteinte à une taille comprise approximativement entre 60 et 68 centimètres chez les mâles et entre 54 et 66 centimètres chez les femelles[7]. L’accouplement a lieu principalement durant l’hiver austral, suivi d’une gestation relativement courte, estimée entre trois et cinq mois. Les femelles donnent ensuite naissance, au printemps, à des portées comprenant quatre à dix-huit jeunes, mesurant environ 13 à 15 centimètres à la naissance[3].
Taxinomie
Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Aptychotrema rostrata (Shaw, 1794)[8]. L'espèce a été décrite scientifiquement pour la première fois en 1794, par George Kearsley Shaw, dans le genre Raja sous le protonyme Raja rostrata[9],[10].
Synonymes
Aptychotrema rostrata a pour synonymes[8] :
- Aptychotrema banksii (Müller & Henle, 1841)
- Aptychotrema bougainvillii (Müller & Henle, 1841)
- Raja rostrata Shaw, 1794
- Rhinobatus banksii Müller & Henle, 1841
- Rhinobatus bougainvillii Müller & Henle, 1841
- Rhinobatus tuberculatus MacLeay, 1882
Publication originale
- (en) George Kearsley Shaw et Frederick Polydore Nodder, The Naturalist's Miscellany, or coloured figures of natural objects; drawn and described from nature, Londres, Nodder & Co, (lire en ligne)
Utilisations
Cette raie est fréquemment capturée de manière accidentelle par les pêcheurs commerciaux opérant le long de la côte est australienne, notamment dans les pêcheries à crevettes utilisant des chaluts de fond. Elle est également parfois capturée durant la pêche récréative, c’est-à-dire des pêcheurs de loisir. Malgré cela, l’espèce est actuellement considérée comme peu menacée à l’échelle globale et est classée en préoccupation mineure par l’Union internationale pour la conservation de la nature[11].
Notes et références
- ↑ (en) Thomas Gloerfelt-Tarp et Patricia J. Kailola, Trawled Fishes of Southern Indonesia and Northwestern Australia, Université de Californie, , 406 p. (ISBN 9780642700018, lire en ligne), p. 31
- ↑ (en) Peter R. Last et al., Rays of the World, Cornell University Press, , 119 p. (ISBN 978-1501705328)
- (en) Leonard Compagno et Peter R. Last, « The Living Marine Resources of the Western Central Pacific », dans Kent E. Carpenter et Volker H. Niem, The living marine resources of the Western Central Pacific, vol. 3 : Batoid fishes, chimaeras and bony fishes part 1 (Elopidae to Linophrynidae), Rome, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, (présentation en ligne), p. 1423-1430
- ↑ (en) A. Peter Klimley (ill. Steven Oerding), The Biology of Sharks and Rays, Chicago University Press, , 488 p. (ISBN 9780226923086), p. 133
- ↑ (en) Anthony P. Farrell et al., Physiology of Elasmobranch Fishes : Internal Processes, Elsevier Science, , 580 p. (ISBN 9780128014370), p. 176
- ↑ (en) D. J. Dray, « Aptychotrema rostrata », Fishes of Australia, (lire en ligne)
- ↑ (en) Peter M. Kyne et M. B. Bennett, Reproductive biology of the eastern shovelnose ray, Aptychotrema rostrata (Shaw & Nodder,1794) from Moreton Bay, Queensland, Australia, Oceanographic Research Institute,
- World Register of Marine Species, consulté le 27 décembre 2025.
- ↑ (en) John A. Musick et Ramón Bonfil, « Management Techniques for Elasmobranch Fisheries », Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, no 474, , p. 125
- ↑ (en) George Kearsley Shaw et Frederick Polydore Nodder, The Naturalist's Miscellany, or coloured figures of natural objects; drawn and described from nature, Londres, Nodder & Co, (lire en ligne)
- ↑ (en) Peter Kyne et John Stevens, « Aptychotrema rostrata », IUCN Red List of Threatened Species, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
Liens externes
- (en) Animal Diversity Web : Aptychotrema rostrata (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Aptychotrema rostrata (Shaw, 1794) (consulté le )
- (fr + en) EOL : Aptychotrema rostrata (Shaw 1794) (consulté le )
- (en + fr) FishBase : (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Aptychotrema rostrata (Shaw, 1794) (consulté le )
- (en) IRMNG : Aptychotrema rostrata (Shaw, 1794) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Aptychotrema rostrata (Shaw in Shaw and Nodder, 1794) (consulté le )
- (en) NCBI : Aptychotrema rostrata (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Aptychotrema rostrata (Shaw, 1794) (consulté le )
- (en) UICN : espèce Aptychotrema rostrata (consulté le )
- (en) WoRMS : espèce Aptychotrema rostrata (Shaw, 1794) (consulté le )
- Portail des chondrichtyens
- Portail de l’Australie
- Portail de la pêche

