Aqueduc Saint-Clément

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Henri Pitot (hydraulique) |
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Ville de Montpellier |
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43° 36′ 42″ N, 3° 52′ 00″ E |
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L'aqueduc Saint-Clément (plus communément appelé aqueduc des Arceaux sur sa partie finale) est un aqueduc situé sur les communes de Montpellier, Montferrier-sur-Lez et Saint-Clément-de-Rivière dans le département français de l'Hérault en région Occitanie.
Construit entre 1753 et 1765 pour alimenter Montpellier en eau, modifié à plusieurs reprises pour être adapté aux besoins croissants de la ville, il est désaffecté en 1983.
Certains de ses tronçons sont protégés au titre des monuments historiques en 1954 puis en 1994 avant que l'aqueduc ne fasse l'objet d'une inscription pour l'ensemble de son parcours en 2022.
Localisation
L'aqueduc Saint-Clément se compose de deux branches, qui se rejoignent sur la commune de Saint-Clément-de-Rivière au Mescladou : la première part de la Grande Source de Saint-Clément-de-Rivière et la seconde de la source du Lez via la source historique dite du « Boulidou ». Les deux branches, réunies dans un seul ouvrage, vont jusqu'au château d'eau de la promenade du Peyrou à Montpellier, en passant par Montferrier-sur-Lez[1].
Histoire
Depuis le XIIIe siècle, plusieurs projets sont élaborés afin d'acheminer de l'eau issue de sources extérieures à Montpellier vers la ville[2] : en 1456, Charles VII incite déjà, mais sans succès, Montpellier à capter la source Saint-Clément ; au XVIe siècle, des fontaines publiques et des puits de quartier alimentent la ville[3]. En 1673, le projet d'utiliser la source Saint-Clément est à nouveau examiné[4] et une étude précise du dénivelé est réalisée[5].

En 1751 le conseil de ville de Montpellier prend la décision de construire un aqueduc entre Saint-Clément-de-Rivière au nord et la Promenade du Peyrou à Montpellier au sud[6]. Il est bâti entre 1753 — la première pierre est posée le [7] — et 1765 — l'inauguration a lieu le [7] — afin d'alimenter la ville de Montpellier en eau. C'est Henri Pitot, ingénieur en hydraulique français, qui est chargé de sa réalisation. Initialement, le débit constaté à l'arrivée de l'eau sur la promenade du Peyrou est de 25 litres par seconde[6]. En 1859, ce débit devient insuffisant face au développement de la ville et l'aqueduc est prolongé vers le nord jusqu'à la source du Lez. En 1931, une nouvelle conduite, entièrement souterraine, double l'aqueduc[8] et permet d'accroître le débit jusqu'à 250 l/s, dix fois le débit initial[9].
La partie de l'aqueduc située entre le pont du château d'eau du Peyrou et le réservoir des Arcades, y compris ce réservoir, est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du , inscription remplacée par l'inscription totale de l'aqueduc par arrêté du [10]. Le pont-aqueduc situé sur les communes de Saint-Clément-de-Rivière et Montferrier-sur-Lez est inscrit le [11].
L'aqueduc cesse d'être exploité en 1983 ; dès lors, son entretien n'est plus assuré et il se dégrade[12]. Des travaux de restauration d'un aménagement de la source Saint-Clément sont effectués en 2012[13].
Architecture

Pitot s'inspire de l'architecture du pont du Gard pour la structure des ponts-aqueducs : deux séries d'arches superposées, de grandes arches supportant de plus petites. La faible portée des petites arches réduit le risque de fissuration et d'infiltration[6]. L'aqueduc capte les eaux de Saint-Clément-de-Rivière et les achemine jusqu'au château d'eau de la promenade du Peyrou, point le plus haut de la ville de Montpellier[10] avec un dénivelé de 7,14 m[14].

La longueur de l'aqueduc est très variable selon les documents consultés. Les parties aériennes s'étendent sur 931 à 1 371 m alors que la longueur totale varie de 9 à 17,5 km ; cette dernière valeur tient probablement compte du prolongement vers le nord sur environ 5 km jusqu à la source du Lez car les documents indiquent, pour la partie la plus anciennement construite, une longueur de 7 134 toises, soit environ 13 900 m[15]. La même imprécision règne au sujet de la largeur du radier dans lequel circule l'eau dans son parcours souterrain ou aérien, entre 0,3 et 0,7 m[16].
Sur la longueur totale de l'aqueduc, plusieurs constructions monumentales sont érigées et en particulier l'ouvrage sur la Lironde, un affluent du Lez, inscrit à l'inventaire des monuments historiques, ainsi que l'ouvrage s'étirant sur 980 m dans le quartier des Arceaux à Montpellier (la forme des arches de l'aqueduc ayant donné son nom à ce quartier)[17] puis le château d'eau du Peyrou qui constitue son point d'aboutissement.
Aqueduc de la Lironde

Un premier projet de Pitot visait à franchir la Lironde plus en amont en suivant les courbes de niveau, ce qui aurait réduit les infrastructures nécessaires ; un tracé plus direct est finalement retenu au prix d'un ouvrage d'art plus imposant[7].
Ce pont-aqueduc qui permet le franchissement de la vallée de la Lironde présente, sur 254 mètres, une double rangée d'arcades superposées : le premier étage se compose de douze arches et le second de cinquante-quatre[7].
Aqueduc des Arceaux

De direction générale ouest-est, il se développe entre le réservoir des Arcades à l'ouest, en amont, et le château d'eau du Peyrou à l'est, en aval[10].
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Le pont-aqueduc du quartier des Arceaux, long de 820 à 880 m, est composé de 53 grandes arches de huit mètres d'ouverture et de 183 petites arches de 2,78 mètres d'ouverture, le tout sur une hauteur d'environ 22 à 28 mètres en son point le plus élevé pour une largeur de 1,35 m au sommet des arches. Les petites arches surmontent les plus grandes à raison de trois petites arches pour une grande, excepté du côté du réservoir des Arcades où vingt-quatre d'entre elles reposent sur un mur continu. À l'autre extrémité, un pont de trois grandes arches, construit entre 1765 et 1775 pour enjamber la première terrasse de la promenade du Peyrou, remplace les quatre arches terminales de l'aqueduc d'Henri Pitot[10].
Sa maçonnerie fait appel à de grands blocs de pierre de taille d'origine locale[14],[18].
En 2026, des graffitis attribués au groupe de résistant Combat sont authentifiés et datés de 1942 ; y sont inscrits en noir, que le temps et l'oxydation ont fait changer en rouge les textes « Combat » et « Combat châtie les traitres » ainsi qu'un 3e message illisible[19]. Ces messages, restés visibles car les pompiers n'avaient pas d'échelles adaptés pour y monter, sont restés ainsi ignoré et oublié de la plupart des passants au fil du temps[19].
Château d'eau du Peyrou
Après la construction de trois arches supplémentaires sur un modèle différent du reste de l'ouvrage, le raccordement entre l'aqueduc et le château d'eau qui constitue son aboutissement est effectif en 1772[17] avant que les travaux ne soient totalement achevés et le château d'eau reçoit l'eau de l'aqueduc qu'il déverse dans un bassin.
Le château d'eau est situé à l'extrémité occidentale de la promenade du Peyrou. De forme hexagonale, percé d'arcades et scandé de colonnes corinthiennes sur trois de ses faces, il est couvert d'une dalle en béton qui remplace le dôme d'origine démoli à la Révolution. Des gradins permettent d'accéder, en contrebas, au réservoir lui-même[20].
Notes et références
- ↑ Barry 2024, p. 70.
- ↑ Desbordes 2007, p. 1-2.
- ↑ « La belle histoire de l’Aqueduc Saint-Clément ou comment Montpellier a eu son robinet géant », sur Montferrier Avenir (consulté le ).
- ↑ Desbordes 2007, p. 2.
- ↑ Martin 2007, p. 13.
- « Exposition virtuelle : 250e anniversaire de l’aqueduc, 1765 - 2015 », sur www.montpellier.fr, site de la mairie de Montpellier (consulté le ).
- « L'aqueduc Saint-Clément : 250 ans d'histoire de l'eau à Montpellier », sur Archives de Montpellier (consulté le ).
- ↑ Barry 2024, p. 70-71.
- ↑ Brunel 2021, p. 192.
- « Ensemble de la promenade du Peyrou », notice no PA00103609, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ « Aqueduc Saint-Clément (également sur commune de Saint-Clément-de-Rivière) », notice no PA00132761, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Barry 2024, p. 71.
- ↑ « 2021, année décisive pour l’aqueduc de Saint-Clément », Le Midi libre, (lire en ligne).
- Toni Fontenay, Construction des Viaducs ponts-aqueducs, ponts et ponceaux en maçonnerie, vol. 1, Carilian-Goeury et vor Dalmont, , 346 p. (lire en ligne), p. 247-248.
- ↑ Desbordes 2007, p. 4-5.
- ↑ Desbordes 2007, p. 8-9.
- Desbordes 2007, p. 5.
- ↑ « Aqueduc Saint-Clément », sur www.pss-archi.eu (consulté le ).
- Laure Ducos, « "Une découverte incroyable" : qui a tagué ces étranges graffitis sur l’aqueduc des Arceaux de Montpellier ? »
, sur midilibre.fr, (consulté le ).
- ↑ Martin 2007, p. 18.
Annexes
Bibliographie
- Clément Barry, « L'aqueduc Saint-Clément (dit des Arceaux), à Montpellier », L'eau, l'industrie, les nuisances, no 476, , p. 69-71 (ISSN 0755-5016, lire en ligne [PDF]).
- Maurice Brunel, « L’eau des garrigues de Montpellier et sa gestion », Bulletin de l'Académie des sciences et lettres de Montpellier, vol. 52, , p. 187-196 (ISSN 1146-7282, lire en ligne [PDF]).
- Michel Desbordes, « Henri Pitot et l'aqueduc Saint Clément à Montpellier » [PDF], sur arceau-idf.fr, (consulté le ).
- Régis Martin, « L'histoire de l'eau à Montpellier », Mémoire d'Oc, no 124, , p. 1-30 (lire en ligne [PDF]).
Articles connexes
- Liste des monuments historiques de l'Hérault
- Liste des monuments historiques protégés en 1994
- Liste des monuments historiques protégés en 2022
Liens externes
- Site officiel
- Ressources relatives à l'architecture :
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