Archidiocèse de Gniezno

Archidiocèse de Gniezno
(la) Archidioecesis Gnesnensis
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Gniezno
La cathédrale de Gniezno.
La cathédrale de Gniezno.
Informations générales
Pays Drapeau de la Pologne Pologne
Affiliation Église catholique en Pologne
Archevêque Wojciech Polak,
depuis 2014
Superficie 8 122 km2
Création du diocèse v. 1000
Élévation au rang d'archidiocèse dès la création
Province ecclésiastique de Gniezno
Diocèses suffragants Bydgoszcz,
Włocławek
Adresse ul. Prymasa Jana Laskiego 7, 62-200 Gniezno, Polska
Site web (pl) Site de l'archidiocèse
Statistiques
Population 656 741 hab. (2023)
Population catholique 638 456 fidèles
Pourcentage de catholiques 97,2 %
Nombre de paroisses 268
Nombre de prêtres 477
Nombre de religieux 66
Nombre de religieuses 145
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Gniezno
Localisation du diocèse
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

L’archidiocèse de Gniezno (en latin : Archidioecesis Gnesnensis, en polonais : Archidiecezja gnieźnieńska) est le principal archidiocèse métropolitain de l'Église catholique en Pologne. La province ecclésiastique a pour suffragants les diocèses de Bydgoszcz et de Włocławek, couvrant l'est de la Grande-Pologne. Le titulaire actuel de l'archidiocèse est Wojciech Polak; il a pour évêque auxiliaire Krzysztof Jakub Wętkowski.

La fondation de l'archidiocèse, lors du congrès de Gniezno en l'an mil, marqua la création de l’Église de Pologne, en hommage au martyre de l'évêque Adalbert de Prague (Wojciech). Traditionnellement, l'archevêque de Gniezno porte le titre de primat de Pologne.

Territoire

L'archidiocèse comprend la partie orientale de la voïvodie de Grande-Pologne et la partie sud-ouest de celle de Couïavie-Poméranie.

Le siège archiépiscopal est à Gniezno, où se trouve la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption-et-Saint-Adalbert. Outre la cathédrale, l'archidiocèse compte quatre autres basiliques mineures : la basilique des Saints-Pierre-et-Paul (de) à Kruszwica ; celle du Saint-Nom-de-Marie (de) à Inowrocław ; la basilique Notre-Dame-Reine-de-l'Amour-et-de-la-Paix (pl) à Markowice (municipalité de Strzelno) ; et celle de Notre-Dame-de-l'Assomption-et-de-Saint-Michel-Archange (de) à Trzemeszno.

Le territoire couvre 8 122 km2, et il est divisé en 30 doyennés et 268 paroisses.

Histoire

Cercueil d'argent d'Adalbert de Prague dans le chœur de la cathédrale.

L’archevêché fut créé par le duc Boleslas Ier de Pologne en vertu de l’acte de Gniezno, décrété par l’empereur Otton III du Saint-Empire à la requête de Boleslas. Comme diocèse métropolitain , il est placé directement sous la seule autorité du pape. Otton III, qui était alors en pèlerinage sur la tombe de son ami l’évêque Adalbert, assassiné en 997 et inhumé à Gniezno, s’assura ensuite de l'accord du pape Sylvestre II. En , l'empereur entre la cité pieds nus et l'évêque Unger de Poznań lui accompagne au tombeau où il fait édifier un autel.

Otton III fonde alors la province ecclésiastique de Gniezno, de sorte que les nouveaux évêchés de Cracovie en Petite-Pologne, de Wrocław en Silésie et de Kołobrzeg en Poméranie se trouvent sous l’autorité de l'archevêque. Toutefois, l'évêque Unger a opposé son veto; il en résulte que son évêché de Poznań, le diocèse le plus ancien de Pologne, reste initialement en dehors de la sphère d’influence de l’archevêché.

Pour premier archevêque (métropolite) de Gniezno, le choix se porta sur le moine Radzim Gaudenty, un demi-frère d'Adalbert. Les trois évêques suffragants placés sous son autorité sont Poppon de Cracovie, Jean de Wrocław et Reinbern de Kołobrzeg, un natif de la Saxe. Quelques années plus tard, le diocèse de Kołobrzeg, gouverné jusque-là par l’évêque Reinbern, est reconquis par les tribus poméraniennes et dissout. Vers 1075, l’évêché de Poznań fut rattaché à la province ecclésiastique de Gniezno.

Le 4 juin (ou 7 juillet) 1133, Innocent II réintégra Gniezno et ses suffragants dans la province de Magdebourg[1]. Mais dès 1136 la Pologne envoya une ambassade à Rome, demandant que l'Église de Gniezno fût remise sous la protection directe du Saint-Siège: la Bulle de Gniezno « datée du 7 juillet 1136 fut rapportée à Gniezno »[2], par laquelle le pape Innocent II confirma le statut de l’archevêque polonais de Gniezno et la subordination des diocèses suffragants. Son authenticité est discutée, mais depuis les Polonais considèrent comme non avenue la Bulle de 1133[3].

Le métropolite de Gniezno couronnait les ducs et rois de Pologne et à partir de 1412 il fut primat de l'union de Pologne et de Lituanie. À la suite de la seconde paix de Thorn en 1466, le diocèse de Chełmno en Prusse devint suffragant de Gniezno; puis en 1572 l’archevêque, en tant que primat de la république des Deux Nations, obtenait la charge de régent (interroi) en cas de vacance du trône.

L'archevêque de Gniezno est « primat de Pologne »[4] déjà au concile de Constance (1416/1418)[5]; confirmé par Léon X ()[6], par Benoît XIV (Décret Ad decorem Ecclesiae, )[7], par la Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires ()[8] et par Benoît XVI ()[8].

En 1821, le pape Pie VII, par la bulle De salute animarum retrancha le diocèse de Wrocław (Breslau) — dont le territoire silésien appartenait aux pays de la couronne de Bohême depuis le XIVe siècle et était en grande partie conquis par le royaume de Prusse en 1742 — de la province de Gniezno pour le placer directement sous l’autorité du Saint-Siège. Par la même occasion, l'archevêché de Gniezno se trouvait en union personnelle avec l’archevêché de Poznań; les deux sièges archiépiscopaux se retrouvaient également sous l'administration prussienne lors des partages de la Pologne à la fin du XVIIIe siècle. Après la renaissance de la Pologne, l'union avec Poznań a été suspendue en 1946 et en même temps, l'archevêque August Hlond est nommé primat et métropolite de Gniezno et Varsovie. En vertu de la restructuration des diocèses polonais résultant de la constitution apostolique Totus Tuus Poloniae Populus du , le pape Jean-Paul II dissout l’union personnelle des diocèses de Gniezno et de Varsovie[9].

Légats apostoliques

L'archevêque Henryk Muszyński (à droite) et le cardinal Józef Glemp portant le pourpre (2009).

Comme les archevêques de Cologne, d'Esztergom-Budapest, de Prague et de Salzbourg, les métropolites de Gniezno portent le titre des legati nati dont la légation est liée à leur office[10]. Cette expression marque l'étendue de leur autorité : ils sont l'équivalent du pape dans le territoire de Pologne dans lequel ils sont envoyés du Saint-Siège. Un vêtement dit « pourpre » est portée par les archevêques, un signe de leur dignité équivalent au pourpre réservé aux cardinaux.

Archevêques de Gniezno

Notes et références

  1. ↑ Bulle Sacrosancta Romana (4 juin 1133) : cf. Jaffé-Loewenfeld, I, 860, n°7629. Texte in Migne, PL, CLXXIX, 183-185. Cf. aussi Gorski, K., « Lund et Gniezno », 47.50.
  2. ↑ Gorski, K., « Lund et Gniezno », 51. Bulle Ex commisso nobis (7 juillet 1136) : « Ecclesiæ Gnesnensis possessiones, petente Iacobo archiepiscopo, confirmat » : cf. Philipp Jaffé et Samuel Loewenfeld, Regesta, vol. I, p. 872, n°7785 ; Kłoczowski, J., « La province ecclésiastique de la Pologne », 438 ; A. Fliche et V. Martin, Histoire de l’Église depuis les origines jusqu’à nos jours, t. IX, Paris, , p. 184.
  3. ↑ Goudot 2024, p. 298-299.
  4. ↑ Jean-Philippe Goudot (préf. Pierrette Paravy), Primats, t. I : Origines et géographie, Paris, L'Harmattan, , 576 p. (ISBN 978-2-336-40275-8, présentation en ligne), p. 416-423. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  5. ↑ Nowacki 1937, p. 616-620.626.
  6. ↑ Nowacki 1937, p. 616.632.
  7. ↑ Nowacki 1937, p. 633.
  8. (pl) « Site de l'archidiocèse de Gniezno ».
  9. ↑ Jean-Paul II, « Constitution apostolique Totus Tuus Poloniae populus », AAS 84 (1992), n°3, pp. 1099–1112.
  10. ↑ Olivier Guyotjeannin, « Légat (Moyen Âge) », Dictionnaire historique de la papauté, p. 1011.

Annexes

Bibliographie

  • (la) Józef Nowacki, « « De archiepiscopi Gnesnensis dignitate ac prærogativa primatiali » », Collectanea Theologica, vol. 18/3-4,‎ , p. 616-700 (lire en ligne)

Articles connexes

Liens externes

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