Archives nationales d'Algérie

Archives nationales d'Algérie
Image illustrative de l’article Archives nationales d'Algérie
Informations générales
Autre nom (ar) الأرشيف الوطني الجزائري
Type Archives nationales
Création 1971
Directeur général Mohamed Bounâama[1]
Informations géographiques
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Ville Birkhadem (Alger)
Coordonnées 36° 43′ 45″ nord, 3° 03′ 31″ est
Site web www.archives.can.dz
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Archives nationales d'Algérie

Les archives nationales d'Algérie (arabe : الأرشيف الوطني الجزائري) sont l’institution publique chargée de la collecte, de la conservation, de la gestion et de la valorisation du patrimoine archivistique national. Elles ont pour mission de préserver les documents produits par l’État, les collectivités et certains organismes privés d’intérêt public, ainsi que les archives historiques. Leur siège est situé à Alger, et elles relèvent de la présidence de république. L’établissement comprend plusieurs directions et un centre national des archives historiques, assurant la conservation, la numérisation et la consultation des fonds.

Historique

Les archives nationales d’Algérie ont été créées en 1971, dans le contexte de l’édification de l’État algérien post-indépendance, afin d’assurer la gestion des archives issues des fonds de la période ottomane, de la colonisation française et des institutions nationales. Dès les premières années après l’indépendance, l’État algérien avait pris l’initiative de structurer l’activité archivistique et d’instaurer des normes techniques pour son organisation. La gestion de ce patrimoine a d’abord été confiée aux ministères du Tourisme, puis de l’Éducation nationale et enfin de l’Information et de la Culture entre 1962 et 1971[2].

La création officielle des archives nationales a été réalisée par l’ordonnance n° 71-36, plaçant l’institution sous la tutelle du Conseil des ministres, tout en garantissant le droit d’accès et la gratuité de consultation. Ce cadre a ensuite été complété par le décret n° 87-11 et la loi n° 88-09 du , qui définissent l’archive et ses composantes, régissent l’acquisition et le dépôt des documents en provenance de l’intérieur et de l’extérieur, fixent les conditions de communication au public et prévoient les mesures relatives à l’élimination, à la falsification ou à la manipulation des documents archivistiques[3]. Ce cadre légal vise à protéger le patrimoine archivistique national et à en faciliter l’accès dans le respect des normes internationales.

En 2009, le directeur général des archives nationales algériennes, Abdelmadjid Chekhi, a reçu de la Turquie plus de 7 millions de documents relatifs à la période ottomane en Algérie. Cette remise s’inscrit dans le cadre d’un accord entre les archives algériennes et turques visant à fournir une copie exhaustive des documents ottomans concernant l’Algérie du XVIe siècle au XIXe siècle[4].

En 2018, la Croix-Rouge internationale a remis une copie de ses archives sur la guerre d'Algérie (1954-1962) à l’Archives nationales algériennes. La copie remise comprend plus de 30 000 documents et images, incluant des rapports de visites de lieux de détention, des correspondances officielles et des documents sur le Croissant-Rouge et l’aide aux réfugiés et déplacés. Cette remise vise à permettre aux chercheurs de mieux comprendre le volet humain du conflit et les efforts pour en atténuer les effets[5].

Fonds conservés

Les Archives nationales conservent un ensemble de fonds couvrant plusieurs périodes historiques et différents supports[6].

Le cadre de classement, flexible et enrichissable, regroupe[7] :

  • Archives historiques ;
  • Archives de la période avant 1830 (notamment la période ottomane) ;
  • Archives de la période après 1830 (période coloniale française et guerre de libération) ;
  • Archives contemporaines (après 1962) ;
  • Archives cartographiques (plans et cartes anciennes, dont certaines de 1509) ;
  • Archives iconographiques (photographies, affiches, gravures) ;
  • Archives entrées par voie extraordinaire (dons, dépôts, acquisitions).

Une partie des fonds de la période coloniale (1830–1962) demeure conservée en France, notamment aux Archives nationales d'outre-mer (ANOM), à Aix-en-Provence, pour un volume estimé à environ 800 mètres linéaires[8].

Restitution et différend avec la France

Peu avant l’indépendance de l'Algérie en 1962, une grande partie des archives produites durant la période coloniale et même avant (période ottomane) a été transférée en France[9]. La France avait ainsi procédé au transfert d’environ 400 tonnes de documents variés, stockés à Nantes, Paris et principalement à Aix-en-Provence, constituant un important patrimoine archivistique algérien hors du territoire national[10].

En 1966, une décision fut prise pour restituer à l’Algérie les archives antérieures à 1830. L’État algérien récupéra progressivement une partie de ces fonds, comprenant des registres et cartons d’actes financiers, de ventes, de mariages et de lettres des Deys d’Alger adressées à des puissances étrangères. En , quelques dossiers relatifs au tremblement de terre d’Orléansville de furent également restitués, à la suite des négociations de la commission mixte algéro-française créée en 1980[11]. Malgré ces restitutions, la France conserve encore certains fonds qu’elle considère relever de sa souveraineté, tandis que l’Algérie réclame leur restitution intégrale[12].

En 2020, l’Algérie a déclaré qu’elle pourrait recourir à l’arbitrage international pour résoudre ce différend. Le conseiller présidentiel Abdelmadjid al-Sheikh a affirmé : « Rien n'empêche le peuple de recourir à l'arbitrage international ou de soumettre à l'avenir l'affaire devant les instances judiciaires internationales »[13].

En 2024, le co-président de la commission conjointe d’historiens algériens et français, Mohamed Lahcen Zeghidi, a annoncé la récupération par l’Algérie de plus de 2 250 000 documents historiques datant de la période coloniale. Cette opération s’inscrit dans le cadre des engagements pris par la Déclaration d’Alger, signée le par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron[14].

Malgré ces avancées, le directeur général des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, a souligné que « la question est immuable car le passé ne saurait être effacé ou oublié » et a critiqué la législation française de 2006 qui stipule que les archives publiques sont « inaliénables et imprescriptibles »[15].

Direction

Depuis sa création, les Archives nationales d’Algérie ont connu plusieurs responsables à leur tête. Parmi les principaux directeurs et directeurs généraux figurent :

  • 1973–1977 : Redouane Ainad Tabet, directeur des Archives nationales (Centre).
  • 1973–1977 : Mounir Mahi, directeur du fonds des Archives nationales (Centre).
  • 1988–2001 : Aoumeur Ammour, directeur des Archives nationales (chargé).
  • 2001–2002 : Boumediène Larsaoui, directeur du Centre des Archives nationales (chargé).
  • 2002–2023 : Abdelmadjid Chikhi, directeur général des Archives nationales.
  • 2023–présent : Mohamed Bounaâma, directeur général des Archives nationales.

Références

  1. ↑ « Journal officiel n°16 du 13 mars 1999 » (consulté le ), p. 26
  2. ↑ (ar) « ذاكرة أمة حماها الاستقلال وتصونها الجزائر الجديدة : الأرشيف الوطني خلال ستون سنة من السيادة الوطنية »,‎ (consulté le )
  3. ↑ « Loi n° 88-09 du 26 janvier 1988 relative aux archives nationales » (consulté le )
  4. ↑ (ar) « 7 ملايين وثيقة خاصة بالعهد العثماني تسلم للأرشيف الجزائري : بحضور السفير ومستشار الوزير الأول التركيين »,‎ (consulté le )
  5. ↑ (ar) « الجزائر: تسليم الوثائق الأرشيفية الخاصة بحرب التحرير »,‎ (consulté le )
  6. ↑ (ar) « عبد المجيد شيخي: الأرشيف الجزائري الحقيقي مازال حبيس أدراج المخازن الفرنسية »,‎ (consulté le )
  7. ↑ « Fonds d'archives » (consulté le )
  8. ↑ « Archives en ligne et bases de données relatives à l'Algérie entre 1830 et 1962 » (consulté le )
  9. ↑ (ar) Philippe Pétriat, الأرشيف الوطني لأقاليم ما وراء البحار، إكس‑آن‑بروفانس, Centre français de recherche de la péninsule Arabique,‎ (lire en ligne)
  10. ↑ Nabil Bouaita, « La nécessaire récupération des archives nationales : Retrouvailles avec le passé et construction d’un nouvel ordre culturel », (consulté le )
  11. ↑ Akbal Mehenni, « Le Contentieux archivistique algéro-français », Revue d’information scientifique et technique, vol. 2, no 1,‎ , p. 28-36
  12. ↑ « La France refuse de restituer les archives algériennes : l’histoire en otage », (consulté le )
  13. ↑ « Algérie : possibilité de recours à l'arbitrage pour récupérer les archives "volées" par la France », (consulté le )
  14. ↑ « L’Algérie récupère plus de 2 millions de documents historiques de la France », (consulté le )
  15. ↑ « L'Algérie exige "la totalité" des archives sur la colonisation à la France », (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • (ar) Habiba Aliliche, « الأرشيف الوطني الجزائري مصدر فريد لدراسة تاريخ الجزائر إبان الفترة العثمانية » [« Les Archives nationales algériennes, une source unique pour l’étude de l’histoire de l’Algérie durant la période ottomane »], Revue maghrébine des Manuscrits, vol. 14, no 1,‎ , p. 39-73 (lire en ligne)
  • (en) Mahdia Taibi, « The Significance Of Local Archives As Cultural Heritage In Documenting The History Of Algiers During The Ottoman Era » [« L’importance des archives locales comme patrimoine culturel dans la documentation de l’histoire d’Alger à l’époque ottomane »], Revue Al-Mufakkir, vol. 9, no 1,‎ , p. 487-502 (lire en ligne)
  • (ar) Fouzia Fatma Khatir, « رقمنة الأرصدة الأرشيفية: المتطلبات و الإجراءات » [« La numérisation des fonds d’archives : exigences et procédures »], Revue des sciences humaines, vol. 1, no 1,‎ , p. 73-8 (lire en ligne)
  • (ar) Fouzia Fatma Khatir, « البحث العلمي والإطلاع على الأرشيف التاريخي: الأرشيف التاريخي لولاية وهران نموذجا » [« La recherche scientifique et la consultation des archives historiques : le cas des archives historiques de la wilaya d’Oran »], Revue Oussour, vol. 16, no 1,‎ , p. 136-165 (lire en ligne)
  • (ar) Samir Harbouche et Mohamed Benchehida, « أهمية الموارد البشرية في نجاح مشاريع التحول نحو الأرشيف الرقمي: دراسة ميدانية بمركز الأرشيف الولائي لولاية تيارت » [« L’importance des ressources humaines dans la réussite des projets de transition vers l’archive numérique : étude de cas au Centre des archives de la wilaya de Tiaret »], Revue Al-Ibar des études historiques et archéologiques en Afrique du Nord, vol. 7, no 1,‎ , p. 282-302 (lire en ligne)
  • (ar) Abdelkader Douha, « الأرشيف الجزائري بفرنسا من منظور القانون الدولي » [« Les archives algériennes en France au regard du droit international »], Revue dialogue méditerranéen, vol. 5, no 1,‎ , p. 39-49 (lire en ligne)
  • (ar) Farid Zâabat, « تاريخ الأرشيف في الجزائر ومكانته » [« L’histoire des archives en Algérie et leur place »], Revue d’histoire du Maghreb arabe, vol. 4, no 1,‎ , p. 48-65 (lire en ligne)
  • (ar) Fadila Allaoui, « الأرشيف الجزائري بين السطو الفرنسي ومعركة التحرير 1962- 2022 » [« Les archives algériennes : de la spoliation coloniale à la récupération post-indépendance (1962-2022) »], Revue Qabas des études humaines et sociales, vol. 7, no 2,‎ , p. 1457-1466

Articles connexes

Liens externes

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