Ardasai

Ardasai
Image illustrative de l’article Ardasai
L'éperon rocheux et le nuraghe.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sardaigne
Province Province de l'Ogliastra
Commune Seui
Coordonnées 39° 53′ 37″ nord, 9° 20′ 21″ est
Altitude 1 015 m
Histoire
Époque Néolithique
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Ardasai
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Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
(Voir situation sur carte : Sardaigne)
Ardasai
Ardasai

Ardasai est un site archéologique situé dans la commune de Seui, dans la province de l'Ogliastra, en Sardaigne (Italie). Le site correspond à un complexe nuragique constitué d'un nuraghe, d'un village et d'une tombe de géants.

Historique

Dans les années 1970, un particulier utilisait le nuraghe comme demeure personnelle : la tour centrale avait été complètement vidée de ses parties effondrées et réaménagée[1].

À partir de 1999, les aménagements modernes ont été supprimés et le matériel archéologique, bien que dépourvu de contexte stratigraphique, a été récupéré afin d'en restituer les phases chronologiques. Les remaniements modernes compliquent la datation précise mais des éléments interprétatifs peuvent être obtenus par une observation des unités stratigraphiques murales et des techniques de construction employées pour le nuraghe et les espaces associés[1].

Nuraghe

Le nuraghe se dresse au sommet d'un éperon rocheux, délimité par des parois rocheuses verticales, à l’exception du côté sud‑est, où l’accès est possible par un versant en pente où furent construits, à une époque récente, de nombreux murets pour créer des terrasses et parquer le bétail des bergers fréquentant les environs[1].

Architecture

La tour centrale d'origine est conservée sur une hauteur variant de 1 m (côté ouest) à 6,50 m (côté est). Le profil externe de la tour présente une forte inclinaison), qui s’accentue dans les assises supérieures avec un tracé irrégulier dû à l’effondrement d’un côté du nuraghe et le déplacement vers l’extérieur de nombreux blocs. La dernière assise conservée du côté est, la mieux préservée, est constituée de gros blocs assez réguliers, encore en place, en retrait d’environ 25 cm par rapport à l’assise inférieure[1].

Tour principale du nuraghe.

L’entrée de la tour (large de 0,90 m et haute de 3 m) mène à un couloir long de 4,40 m, de section tronco‑ogivale, légèrement affaissé dans sa partie supérieure. Le couloir est recouvert par de lourdes dalles, dont le poids mal réparti a provoqué la fissuration de nombreux blocs. L’architecture du couloir a été affectée par des ajouts et réaménagements réalisés dans les années 1970, dont le pavement actuellement visible[1].

Dans le couloir, à environ 1 m de l’entrée, s’ouvrait un escalier hélicoïdal, bouché à une date indéterminée. Le raisons de l'obturation de l'escalier sont inconnues, mais elles pourraient être liées à une phase de restructuration du nuraghe ou à des problèmes de stabilité de la tour, après des effondrements naturels au niveau de l'éperon rocheux. Un cas comparable est documenté dans le nuraghe Nurdole (Orani), où un escalier fut muré et l’espace réutilisé comme dépôt. Les marches, réalisées en blocs parallélépipédiques, sont très régulières. L'escalier devait conduire à la terrasse sommitale ou à une seconde pièce aujourd’hui disparue. La fermeture de l’escalier soulève des questions sur les modalités d’accès alternatives, qui pouvaient passer par des parties aujourd’hui effondrées ou par des dispositifs amovibles non conservés[1].

Le sol de la chambre est constitué par la roche naturelle, lissée et polie, complétée par des dalles calcaires de formes et dimensions variées. L’adaptation de la construction à la roche affleurante, destinée à assurer la solidité des fondations, est clairement visible au niveau du parement de la tour, dont le développement en élévation varie en raison des différences de niveau du substrat rocheux, atteignant parfois 50 cm. Cette implantation à différentes hauteurs révèle la grande maîtrise technique des bâtisseurs. L’irrégularité du sol explique probablement la forme non parfaitement circulaire de la chambre (2,80 m de diamètre d'est en ouest, 3 m du nord au sud). À l’origine, la chambre devait être divisée dans sa hauteur en deux niveaux par un plancher en bois, qui devait aussi probablement desservir la niche elliptique ouverte au‑dessus du couloir[1].

Un trou vertical d’environ 10 cm de diamètre, partant du sommet de la tour et débouchant dans le couloir près de l’entrée pourrait répondre à des exigences constructives, car il ne peut être interprété comme une prise d’air, se trouvant près de l’ouverture. Des structures similaires sont connues dans plusieurs puits sacrés nuragiques (Is Pirois, Sa Brecca, Santa Cristina, Sa Testa), où l’on suppose un rôle technique lors de la construction[1].

Dans une seconde phase, la tour fut entourée d’un puissant parement externe et de deux espaces supplémentaires. Les constructeurs ont utilisé des blocs calcaire, probablement extraits sur place. Le parement est construit en gros blocs calcaires polygonaux irréguliers, avec de grands vides comblés par un fort calage. Cette maçonnerie diffère de celle employée pour construire la tour, faite de blocs posés en assises régulières. Le premier espace, de plan irrégulier, est adossé à la tour. Il a été construit avec des blocs calcaires de grande taille et devait probablement être couvert à l’origine. Il pourrait s'agir d 'un espace de service ou de stockage, ou d'une zone de transition vers d’autres structures. Le second espace est plus petit, également de forme irrégulière et construit selon la même technique. Ces deux espaces montrent une volonté d’augmenter la fonctionnalité du nuraghe sans construire de véritables tours latérales[1].

Matériel archéologique

L’intérieur de la chambre était vide, car les dépôts avaient été retirés lors des réaménagements modernes. Le tamisage des remblais a livré des fragments céramiques datables d'une période comprise entre la fin du Bronze moyen et le début du Bronze récent, devant correspondre à la première phase d’occupation du site[1].

Lors du nettoyage du sommet de la tour, des fragments de céramique romaine ont été retrouvés. À l’extérieur du nuraghe, des fragments de céramique campanienne (fin IIᵉ – début Iᵉʳ s. av. J.-C.) ont été mis au jour. L'ensemble de ces découvertes suggèrent une fréquentation sporadique à l’époque romaine[1].

Village

Le village est situé sur un replat situé au pied de l'éperon d’Ardasai. La prospection de surface a permis de recueillir des fragments céramiques d’époque nuragique et romaine, ainsi que d’identifier, partiellement masqués par des enclos à bétail, des segments de murs rectilignes construits en petits blocs assez réguliers, principalement en schiste, et d'autres vestiges curvilignes de murs bâtis avec de grands blocs calcaires. Les différentes techniques de construction, révélant une alternance significative dans l’usage des matériaux, et la planimétrie conduisent à attribuer les murs en schiste à la phase romaine, et ceux en calcaire à la phase nuragique[1].

Tombe des géants

Une tombe de géants de dimensions réduites (longueur totale 7,35 m) est visible à la périphérie sud‑est de l’habitat. L’exèdre est constituée d’un triple parement de blocs en dalles minces, avec des interstices remplis de pierres et de terre. L’accès, légèrement évasé (52 cm de large à l’entrée, 57 cm à l’intérieur), mène à la chambre funéraire (0,70 m de large, 4,80 m de long), délimitée par un double parement contenant un remplissage interne de pierres et de terre (épaisseur 50–60 cm). Le parement externe est composé de blocs travaillées et d’autres plus irréguliers[1].

Références

Annexes

Bibliographie

  • (it) Gianfranca Salis, « Insediamenti nuragici nelle aree montane. Un contributo dal territorio di Seui e l'esempio del nuraghe Ardasai », Quaderni, no 29,‎ , p. 1-34 (lire en ligne)

Articles connexes

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