Arene Candide

Arene Candide
sépulture du Prince des Arene Candide
Localisation
Coordonnées
44° 09′ 44″ N, 8° 19′ 42″ E
Pays
Région
Localité voisine
Caractéristiques
Type de roche
Occupation humaine
Paléolithique supérieur
Patrimonialité
Bien culturel italien (d) ()
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Géolocalisation sur la carte : Ligurie
(Voir situation sur carte : Ligurie)

La grotte des Arene Candide (« sables blancs ») est un site préhistorique qui se trouve sur la commune de Finale Ligure, dans la province de Savone, en Ligurie (Italie). Il a notamment livré un ensemble important de sépultures gravettiennes et épigravettiennes (Paléolithique supérieur). Les plus récentes études confirment que le site comporte des dépôts datant de l'Aurignacien classique[1].

Historique

Les Arene Candide doivent leur nom à une dune de sable quartzeux blanc que les vents puissants de la Dernière glaciation ont accumulé sur le versant occidental du promontoire de la Caprazoppa. Encore visible sur certaines photographies du début des années 1920, la dune a été complètement exploitée par l'industrie des abrasifs. La carrière de sable de quartz a ensuite cédé la place à une grande carrière de calcaire à l'origine du paysage actuel.

La vaste cavité s'ouvrait à proximité de l'un des sommets de la dune. Autrefois connue localement sous le nom d'armassa, elle est entrée dans la littérature archéologique sous le nom de « Caverna delle Arene Candide » à la suite des fouilles qu'y entreprit Arturo Issel, fondateur de l'Institut de géologie de l'Université de Gênes, de 1864 à 1876. Les vestiges qu'il exhuma enrichirent les collections du tout nouveau Museo nazionale etnografico e preistorico (devenu depuis Musée national préhistorique et ethnographique Luigi Pigorini) de Rome.

La grotte se trouve actuellement sur le bord supérieur de l’extrémité ouest de l’ancienne carrière Ghigliazza, à environ 90 m au-dessus du niveau de la mer. Elle présente trois grandes ouvertures et est relativement lumineuse et sèche. Aujourd’hui, on accède à la cavité par le haut, par un parcours d’une trentaine de minutes à pied.

Principales découvertes

La renommée internationale du site est liée aux découvertes réalisées par Luigi Bernabò Brea (premier Soprintendente Archeologo de Ligurie) et Luigi Cardini (membre de l'Institut italien de paléontologie humaine) dans les années 1940-42 et 1948-50 dans la partie sud-orientale de la caverne. Ces fouilles livrèrent une importante séquence stratigraphique allant du Gravettien (environ 28 000 ans AP) à l’époque byzantine (VIIe siècle). Le contexte était extrêmement favorable à la bonne conservation des vestiges, en particulier des ossements.

Le site a en particulier livré 16 dépôts funéraires (sépultures primaires ou dépôts secondaires) paléolithiques très bien conservées, dont une sépulture gravettienne et 15 dépôts et sépultures épigravettiens (19 individus dont 7 enfants, 10 adultes et 2 adolescents)[2]. Il s'agit de l’un des complexes funéraires paléolithiques les plus importants.

Le mobilier funéraire extrêmement riche de l'adolescent gravettien a conduit les découvreurs à le surnommer le « jeune prince ». Âgé entre 14 et 17 ans, il reposait sur le dos sur une couche d’ocre rouge à sept mètres de la surface moderne de la cavité. Orienté vers le sud, il portait un couvre chef orné de perles de coquillages et de dents de cerfs percées. Le mobilier associé incluait également quatre bâtons percés en bois de cervidé ainsi qu’une grande lame de silex à hauteur de la main droite[2]. Une étude dirigée par l'archéologue Julien Riel-Salvatore en 2018 estime que la sépulture du jeune prince date d'environ 23 500 ans AP[1], une autre de 2025 reprécise la date entre 27 900-27 300 cal AP.

Depuis sa découverte en 1942, les archéologues ont constaté que ce jeune homme présentait une partie manquante de la mandibule et la moitié de la clavicule gauche, ce qui a conduit à l'hypothèse d'une attaque par un grand animal, probablement un ours. Une étude de Vitale Stefano Sparacello et al. a confirmé la nature périmortem des lésions mandibulaires et scapulaires. Compte tenu du tableau traumatique global, une attaque d'ours (Ursus arctos ou Ursus spelaeus) demeure, selon cette étude, l'explication la plus plausible. Malgré le traumatisme thoraco-facial et les blessures défigurantes, l'analyse microscopique suggère que le Principe a survécu quelques jours[3],[4].

De nombreux vestiges archéologiques provenant des Arene Candide sont exposés au Musée archéologique de Finale Ligure.

Références

  1. Riel-Salvatore, Julien et autres, « New Insights into the Paleolithic Chronology and Funerary Ritual of Caverna delle Arene Candide », dans Borgia, V. and E. Cristiani (eds.) 2018, Palaeolithic Italy. Advanced studies onearly human adaptations in the Apennine peninsula, Sidestone Press Academics (Leiden), p. 335-356.
  2. Henry-Gambier, D. (2005) - « Évolution des pratiques funéraires en Italie au Paléolithique supérieur », in: Comportements des hommes du Paléolithique moyen et supérieur en Europe: territoires et milieux, Vialou, D., Renault-Miskovsky, J. et Patou-Mathis, M., (Éds.), Liège, Actes du Colloque du G.D.R. 1945 du CNRS, Paris, 8-10 janvier 2003, ERAUL 111, p. 213-229.
  3. (en) Kristina Killgrove, Stone Age teenager was mauled by a bear 28,000 years ago, skeletal analysis confirms, livescience.com, 29 janvier 2026
  4. (en) Vitale Stefano Sparacello, Irene Dori, Nico Radi et al., New signs of skeletal trauma in the Upper Paleolithic Principe from Arene Candide Cave (Liguria, Italy) bear novel insights into the circumstances of his death, Journal of Anthropological Sciences, Vol. 103 (2025), pp. 113 - 139, doi. 10.4436/jass10303

Bibliographie

  • (it) Luigi Bernabò Brea, Gli scavi nella caverna delle Arene Candide (Finale Ligure). Parte I. Gli strati con ceramiche - vol. I (coll. « Miscellanea Monografie Preistoriche ed Archeologiche »), Genova-Sampierdarena, Istituto internazionale di Studi liguri, 1946, 364 p., LXVIII pl.
  • (it) Luigi Bernabò Brea, Le caverne del Finale, itinerari turistici, Bordighera, Istituto internazionale di Studi liguri, 1947, 35 p.
  • (fr) Max Escalon de Fonton, « Nouvelles vues sur la chronologie du néo-énéolithique », dans Provence historique, 1955, tome 5, fascicule 20, p. 97-102 (lire en ligne)
  • (it) Luigi Bernabò Brea, Gli scavi nella caverna delle Arene Candide (Finale Ligure). Parte I. Gli strati con ceramica. Vol. II. Campagna di scavo 1948-50 (coll. « Miscellanea Monografie Preistoriche ed Archeologiche »), Bordighera, Istituto internazionale di Studi liguri, 1956, 296 p., XLV pl.
  • (en) A. Bietti, « The Upper Pleistocene Deposit of the Arene Candide Cave (Savona, Italy): New Studies on the 1940-42 Excavations », Quaternaria Nova, IV (1994).
  • (it) L. Cardini, Dipinti schematici antropomorfi della Grotta Romanelli e su ciottolo dei livelli mesolitici della Caverna delle Arene Candide e della Grotta della Madonna a Praia a Mare. Atti della XIV° Riunione Scientifica dell'lstituto Italiano di Preistoria e Protostoria in Puglia, Florence, 1972, p. 225-235 (lire en ligne)
  • (it) L. Cardini, « La Necropoli Mesolitica delle Arene Candide », in: Studi di Paletnologia, Paleoantropologia, Paleontologia e Geologia del Quaternario, Memorie dell’Istituto Italiano di Paleontologia Umana, 3 (1980).
  • (en) R. Maggi, Arene Candide. Functional and Environmental Assessment of the Holocene Sequence. 1997.
  • (it) G. Paoli, R. Parenti, S. Sergi, « Il giovane paleolitico della Caverna delle Arene Candide », in: Memorie dell'Istituto di Paleologia Umana 2, (1974) 13-38.
  • (it) G. Paoli, R. Parenti, S. Sergi, « Gli scheletri mesolitici della Caverna delle Arene Candide (Ligura) », in: Memorie dell'Istituto di Paleologia Umana 3 (1980) 33-154.
  • (it) S. Tinè, Neolitico nella Caverna delle Arene Candide (scavi 1972-1977), Bordighera 1999.

Articles connexes

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