Ariès R6

Ariès R6
Ariès R6
Test de gazogène par deux camions militaires Ariès R66.3 achetés au début des années 1920.

Marque Ariès
Années de production 1913-1930
Production au moins 3 600 exemplaire(s)
Usine(s) d’assemblage Villeneuve-la-Garenne
Classe Camion 18 HP
Moteur et transmission
Énergie Essence
Moteur(s) Aster/Ariès 47 KW2
Position du moteur moteur sous capot
Cylindrée 3 817 cm3
Puissance maximale 30 ch
Transmission à chaîne
Poids et performances
Poids à vide 3 000 kg
PTAC 6 500 kg
Dimensions
Empattement 4 100 mm
Chronologie des modèles

L'Ariès R6 est un modèle de poids lourd fabriqué par le constructeur automobile Ariès à partir de 1913. Amélioré sous le nom de R66 en 1917, il est produit jusqu'en 1930.

En plus du marché civil, plus de 3 600 exemplaires sont produits pour l'Armée française, principalement pendant la Première Guerre mondiale.

Historique

Le R6 prend la suite de la suite de l'Ariès R3 présenté en 1909. Il est présenté en deux exemplaires au concours de véhicules industriels du ministère de la Guerre organisé en juillet-. Les camions Ariès sont remarqués pour leur robustesse et sont primés à l'issue de ce concours, c'est-à-dire que l’État s'engage à payer aux acheteurs civils de ces modèles une prime à l'achat afin de pouvoir réquisitionner en cas de conflit des matériels adaptés aux besoins militaires. Le R6 est à nouveau présenté au concours de l'été 1914 mais le début de la guerre interrompt celui-ci[1].

L'Ariès R6 est commandé en quantités importantes dès . Pour augmenter la production, plusieurs moteurs sont utilisés[1] :

  • moteur Aster/Ariès, type 47 KW2, pour les variantes R6 puis R6.3, produites respectivement en 1913-1916 et en 1916 ;
  • moteur de marque Ballot, type 4H, pour la variante R6.2 produite d' jusqu'en 1916 ;
  • moteur dit « américain », type 45 AM, pour la variante R6.4 produite en 1916.

En 1917, les commandes militaires passent sur le type Ariès R66, version améliorée du R6, notamment par modification du rapport de couple et nouveaux freins. Un suffixe indique à nouveau le type de moteur : R66.2 à moteur Ariès, R66.3 à moteur Ballot et R66.4 à moteur « américain »[1].

La production des commandes de guerre se poursuit après l'armistice : les 2 230 camions R6 et R66 produits de fin 1914 à fin 1918 sont complétés par 857 nouveaux exemplaires en 1919[1].

En 1922, l'Armée reprend la commande de camions Ariès, afin de soutenir les constructeurs français[2]. Environ 600 exemplaires sont commandés entre 1922 et 1925, en trois tranches. Le R66 devient alors le plus courant des camions « neufs » des années 1920[3]. Ils sont remplacés par des modèles plus modernes à partir du milieu des années 1930[2] mais certains restent en service dans des unités de combat jusqu'aux premiers mois de la Seconde Guerre mondiale[4].

La production civile du type R6/R66 se poursuit jusqu'en 1930[5], comme châssis de camion mais aussi d'autocar[6].

Caractéristiques

Les différents R6 et R66 ont un empattement de 4,10 m et un plancher arrière de dimensions 3,50 × 1,75 m[1]. Sur le modèle R6 de 1913, le poids mort est de 3 500 kg et le poids total en charge de 6 510 kg[7]. Les R66 d'après-guerre ont un poids mort de 3 000 kg et une charge utile de 3 500 kg[3].

Les R6 sont dotés de roues en bois, à bandages 1 010 × 120 mm (le modèle primé en 1913 devant utiliser des bandages Bergougnan[7]), les R66 pouvant également recevoir des bandages 1 000 × 130 mm[1].

La transmission est par chaîne et l'embrayage est à disques. Le camion R6 dispose de trois freins : un, actionné par pédale, sur le différentiel et deux, actionnés par levier, sur les roues arrière[7].

Les caractéristiques des moteurs, tous à quatre cylindres, sont les suivantes[1] :

Moteur Course Alésage Cylindrée Régime Puissance fiscale Puissance réelle Variantes équipées
Aster/Ariès 90 mm 150 mm 3 817 cm3 1 500 tr/min 18 HP 30 ch[7] R6, R6.3 et R66.3
Ballot 90 mm 150 mm 3 817 cm3 1 500 tr/min 18 HP ? R6.2 et R66.2
« américain » 100 mm 130 mm 4 084 cm3 1 500 tr/min 18 HP ? R6.4 et R66.4

Durant la production de guerre, la capote relevable au dessus du conducteur est remplacée par un dais rigide[1].

Références

  1. François Vauvillier, « Les Ariès aux armées 1914-1918 », Histoire de guerre, blindés et matériel, no 83,‎ , p. 22-27
  2. François Vauvillier, Jean-Michel Touraine et Jean-Gabriel Jeudy, L'automobile sous l'uniforme 1939-40, Massin, (ISBN 2-7072-0197-9), p. 61
  3. François Vauvillier, « Camions sous les drapeaux 1923-1940 », Charge utile, no HS 84,‎ , p. 36 & 38
  4. Frédéric Guidicelli et Roland Scheller, « Le 44e GRRF : Les dragons aux frontières », Guerre, blindés et matériel, no 150,‎ , p. 53-62
  5. (en) Denis N. Miller, The illustrated encyclopedia of trucks and buses, Londres, Hamyln, (ISBN 978-0-600-38820-3, lire en ligne), p. 77
  6. « Ariès », La Vie automobile, Dunod,‎ , p. 395 (lire en ligne, consulté le )
  7. « Les automobiles industrielles et les primes du ministère de la guerre », Le Temps, no 19261,‎ , p. 3-4 (lire en ligne)
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