Armando Llamas

| Naissance | Campo y Santibáñez (d) |
|---|---|
| Décès |
(à 53 ans) 13e arrondissement de Paris |
| Sépulture |
Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Llamas (d) |
| Nom de naissance |
Armando Fernandez Llamas |
| Nationalité | |
| Activités |

Armando Llamas, né à Campo y Santibáñez, une localité de la commune de Cuadros, dans la province de León en Espagne, le et mort dans le 13e arrondissement de Paris le , est un dramaturge espagnol, actif en France à partir de 1973, auteur et traducteur de théâtre ; il a écrit son œuvre dramatique en français, et traduit de l'espagnol et de l'anglais.
Biographie
Les parents d'Armando Llamas émigrent en Argentine alors qu'il a un an[1]. Il réalise ses premières expériences artistiques et théâtrales dans ce pays, malgré la dictature de la junte militaire qu'il doit affronter quotidiennement, du fait de son homosexualité. En 1970, il revient avec sa famille en Espagne où la dictature franquiste lui semble encore plus insupportable. Il se tourne alors vers la France. Il vient vivre à Paris à partir de 1973. Il y rencontre Claude Régy, dont il devient l'assistant. Il fréquente l'intelligentsia parisienne (Marguerite Duras, Nathalie Sarraute) mais aussi, et surtout, la communauté argentine : Copi, Arrabal, Jorge Lavelli, Marcia Moretto[2] pour qui il écrit cinq spectacles[3]. De 1981 à 1986, il est dramaturge auprès de la compagnie de Claude Régy, Les Ateliers contemporains[4].
Llamas écrit son œuvre théâtrale en français. Certaines de ses pièces sont montées par Stanislas Nordey, Philippe Adrien ou Michel Didym. Il collabore à la Mousson d'été, festival des écritures contemporaines à Pont-à-Mousson. Il ébauche alors un grand cycle théâtral, L'Amour renaît des os brûlés des Sodomites qu'il ne peut achever : malade du sida, il meurt à Paris, en 2003, frappé d'une embolie cérébrale[5],[1]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (11e division).
Un hommage public lui est rendu à Théâtre Ouvert auquel participent ses amis et de grands noms du théâtre contemporain[6].
Son œuvre est principalement éditée aux éditions Les Solitaires intempestifs à Besançon.
Œuvre théâtrale
- Mises en scène de ses pièces
- 1977 : Silences nocturnes aux îles des fées, mise en scène de Chloé Caillat, chorégraphie de Marcia Moretto, avec Catherine Ringer, Café de la Gare, Paris[2],[7].
- 1980 : Aux limites de la mer, co-écrit avec Catherine Dasté qui réalise la mise en scène, avec Catherine Ringer et Fred Chichin qui viennent de former Les Rita Mitsouko, et avec Marcia Moretto, Théâtre de Sartrouville[8],[2],[1].
- 1984 : Images de Mussolini en hiver, mise en scène de Stéphanie Loïk, Centre Paul Valeyre, Paris ; reprise en 1987 au Théâtre de la Plaine, Paris[9],[10].
- 1986 : Tahafôt al Tahafôt, mise en scène de Jeanne Labrune, avec Hélène Vincent, Robert Rimbaud, Nini Crépon, Daniel Berlioux, Festival d'Avignon, Hospice Saint-Louis[11].
- 1992 : Lisbeth est complètement pétée, mise en scène de Michel Didym (création), avec Grégoire Oestermann, Cécile Brune, Théâtre Ouvert, Paris[12],[13].
- 1993 : Images de Mussolini en hiver, mise en scène de Françoise Hoffmann, avec John Arnold, Théâtre de Bourg-en-Bresse[14].
- 1994 :
- Gustave n'est pas moderne, adaptation de Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert[15], mise en scène de Philippe Adrien (création), avec Jacques Gamblin (Pécuchet), Roger Miremont (Bouvard), Robert Rimbaud (Gustave),Théâtre de la Colline, Paris[16],[17].
- Quatorze pièces piégées (+2), mise en scène de Stanislas Nordey, avec Valérie Lang, Théâtre Gérard-Philipe, Saint-Denis (création)[18].
- 1996 - 1998 : Meurtres de la princesse juive, mise en scène de Jean-Marc Brisset, Théâtre Garonne, Toulouse (création) ; reprise au Théâtre de la Cité internationale, Paris[19],[20],[21].
- 1997 : Gustave n'est pas moderne, mise en scène de Jean-Claude Côté, avec Martin Larocque (Bouvard), Luc Morissette (Pécuchet) et Claude Gai (Gustave), Espace La Veillée, Montréal[22],[23].
- 2003 : Sextuor banquet, mise en scène de Jean-Pierre Dumas, avec Marie-Sophie Ferdane, Pascal Rénéric, Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, Paris[24].
- 2006 - 2007 : Meurtres de la princesse juive, mise en scène de Philippe Adrien, avec Audrey Lamy, Jean-Pierre Becker, Naidra Ayadi, Dominik Bernard, Alix Poisson, Guillaume Marquet, Benjamin Guillard, Théâtre de la Tempête, Paris[25],[26] ; reprises au Phénix à Valenciennes et au Théâtre municipal de Fontainebleau.
- 2007 - 2023 : No way, Veronica ou Nos gars ont la pêche. Comédie mysogine, mise en scène de Jean Boillot, Scène nationale de Poitiers puis tournée en France[27],[28],[29], notamment au Festival Off d'Avignon en 2021[30].
- 2016 - 2017 : Meurtres de la princesse juive, bon titre, publicité mensongère, mise en scène de Michel Didym, avec les comédiens de la 75e promotion Ariane Mnouchkine de l'ENSATT, Lyon, puis tournée en France[31],[32],[33],[34].
- Traducteur
Armando Llamas a traduit plusieurs pièces de théâtre, soit pour l'édition, soit pour des mises en scène comme Mein Kampf de George Tabori mis en scène par Agathe Alexis au Festival d'Avignon en 2002[35].
- Federico García Lorca, Le Public : drame en cinq temps et un interlude (espagnol : El Pùblico), Paris / Arles, Actes sud, coll. « Theâtre », 1988, 72 p. (ISBN 2-86943-121-X).
- Ramón María del Valle-Inclán, Comédies barbares (espagnol : Comedias barbaras) [Gueule d'argent, L'Aigle emblématique et Romance de loups], préface de Jorge Lavelli, Paris / Arles, Actes sud, coll. « Papiers », 1991 (ISBN 2-86943-311-5) ; la pièce est mise en scène par Lavelli au Festival d'Avignon dans la Cour d'honneur du Palais des papes[36].
- Edward Bond, Maison d'arrêt (anglais : Olly's prison), Paris, L'Arche, 1993, 91 p. (ISBN 2-85181-315-3)[37].
- avec Olivier Goetz : Dimítris Dimitriádis, Le vertige des animaux avant l'abattage (grec moderne : Ἡ ζάλη τῶν ζώων πρὶν τὴν σφαγή), Besançon , Les Solitaires intempestifs, coll. « La mousson d'été », 2002, 118 p. (ISBN 2-84681-013-3).
- Jaime Chabaud, Perdre la tête (espagnol : Perder la cabeza), Besançon, Les Solitaires intempestifs, coll. La Mousson d'été, 2003, 83 p. (ISBN 2-84681-058-3).
- Marcelo Bertuccio, Oreilles tombantes, groin presque cylindrique (espagnol : Orejas caídas y hocico casi cilíndrico), Besançon, les Solitaires intempestifs, coll. « La mousson d'été », 2005, 43 p. (ISBN 2-84681-141-5) ; la pièce est mise en scène par Michel Didym en 2008 au Théâtre des Célestins à Lyon[38].
Metteur en scène
- 1986 : Le Parc de Botho Strauss, mise en scène avec Claude Régy, Théâtre national de Chaillot, avec Bulle Ogier et Charles Berling, Paris[39].
Références
- « Armando Llamas, dramaturge, passionné par Marcia Moretto », Le Monde, (lire en ligne).
- Emma Donada, « Marcia Moretto, la danseuse derrière Marcia Baïla des Rita Mitsouko », Libération, (lire en ligne).
- ↑ J.-P. L., « Mort d'Armando Llamas », L'Humanité, (lire en ligne).
- ↑ Daniel Lemahieu 2008.
- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee
- ↑ Maïa Bouteillet, « Armando Llamas iconoclaste », Libération, (lire en ligne).
- ↑ Céline Tosi, « Les mille parcours de Catherine Ringer », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Aux limites de la mer - 1980 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ « Images de Mussolini en hiver - 1984-1987 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ Daniel Cande, « Photographies d'Images de Mussolini en hiver au Théâtre de la Plaine », sur Gallica.
- ↑ « Tahafôt al Tahafôt - 1986 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ Maïa Bouteillet, « Lisbeth est complètement pétée percute », Libération, (lire en ligne).
- ↑ « Théâtre. Triple meurtre dans un jardin français. La voix folle d'un poète argentin servie par un quintette en pleine forme. Lisbeth est complètement pétée au Théâtre ouvert », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Images de Mussolini en hiver - 1993 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ Yvan Leclerc,, « Gustave n'est pas moderne », sur Centre Flaubert (consulté le ).
- ↑ « Théâtre. Gustave n'est pas moderne au théâtre de la Colline. "Je vous dois un bref briefing..." », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Annie Coppermann, « Bouvard et Pécuchet aujourd'hui », Les Échos, (lire en ligne).
- ↑ « Théâtre. Quatorze pièces piégées (+2) au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis Armando Llamas, pour trente secondes d'humanité », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Meurtres de la Princesse juive », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ Michel Cournot, « Vive Armando Llamas ! », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Alain Dreyfus, « Jean-Marc Brisset met en scène une pièce intrigante sans intrigue de l'Hispano-Argentin. Complètement à Llamas. Meurtres de la princesse juive de Armando Llamas », Libération, (lire en ligne).
- ↑ « Gustave n'est pas moderne », sur Rappels, la mémoire du théâtre au Québec.
- ↑ Philip Wickham, « Deux clowns modernes embourgeoisés : Gustave n’est pas moderne », Jeu. Revue de théâtre, (ISSN 0382-0335, lire en ligne).
- ↑ « Sextuor banquet - 2003 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ « Meurtres de la princesse juive », sur www.theatreonline.
- ↑ Agnès Santi, « Meurtres de la princesse juive », La Terrasse, no 146, (lire en ligne).
- ↑ « No Way, Veronica », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ Manuel Piolat Soleymat, « No way, Veronica », La Terrasse, (lire en ligne).
- ↑ « No way, Veronica fait feu de toutes voix aux Nuits de Fourvière », Les Échos, (lire en ligne).
- ↑ Émile Zeizig, « Photographies de la mise en scène de No Way, Veronica par Jean Boillot, Festival Off d'Avignon, 2021 », sur ARTCENA.
- ↑ « Meurtres de la princesse juive, bon titre, publicité mensongère », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ « Meurtres de la princesse juive, bon titre, publicité mensongère. Armando Llamas — Michel Didym. Programme 2016 », sur Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne.
- ↑ Elisabeth Naud, « Meurtres de la princesse juive », sur theatredublog.unblog.fr, 2 févrrier 2017.
- ↑ Isabelle Truc-Mien, « Meurtres de la princesse juive, bon titre, publicité mensongère de Armando Llamas, mise en scène de Michel Didym. Fiche pédagogique », sur Théâtre national populaire.
- ↑ Maïa Bouteillet, « Mein Kampf (farce), dur à rire », Libération, (lire en ligne).
- ↑ « L'intrigue des Comédies barbares de Valle Inclan. Folles journées », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Théâtre. Culpabilité partagée », Le Matricule des anges, no 5, (lire en ligne).
- ↑ « Oreilles tombantes, groin presque cylindrique », sur Mémoires des Célestins.
- ↑ « Le Parc [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
Bibliographie
- Daniel Lemahieu, « Llamas Armando », dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, (ISBN 9782047312957), p. 842-843.
Liens externes
- Ressources relatives au spectacle :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- « Armando Llamas », sur ARTCENA.
- « Armando Llamas - Œuvres éditées », sur Les Solitaires intempestifs.
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