Arthur Rossat
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | (à 60 ans) |
| Nationalité | suisse |
| Genre musical | Musique folklorique |
| Influences | Julien Tiersot |
Arthur Rossat, né le à Lausanne et mort le à Bâle, est un folkloriste et dialectologue suisse.
Biographie
Arthur Rossat naît le à Lausanne[1]. Son père est « contrôleur de l'habillement » au département militaire vaudois. Après le Collège classique cantonal, il suit des études de théologie à l'Ancienne académie de Lausanne. Il est ensuite professeur de français et d'histoire au Progymnase de Delémont[2],[3].
À partir de 1894, il étudie le patois du village jurassien de Develier sur lequel il remplit plus de 10'000 fiches[4] pour le compte du Glossaire des patois de la Suisse romande[5]. Dans ce cadre, il se met à noter des chansons patoises, qu'il publie de 1899 à 1903 dans la revue Archives suisses des traditions populaires[6]. Il déménage à Bâle, où il enseigne à l'école réale.
En 1907 il est désigné président de la Commission des chansons populaires de la Suisse romande[5] (qui compte notamment Joseph Reichlen, Ernest Muret, Jean Bonnard et Louis Gauchat) de la Société suisse des traditions populaire. A la tête de cette commission, il va lancer une large campagne de collectage, amassant en quelques années plus de 5000 chansons (dont environ 4000 avec mélodies) dans tous les cantons romands[7]. Il s'intéresse également à d'autres formes de tradition orale et publie des « Fôles », contes fantastiques en patois jurassien[8].
Au cours de la Première Guerre mondiale, il donne des conférences aux soldats blessés sur « La vieille chanson patriotique vaudoise », lors lesquelles il chante, accompagné au piano par sa femme[9].
En 1917 il soutient une thèse de doctorat à l'Université de Genève[10] où il étudie les chansons qu'il a collectées[7],[11] et il publie cette même année le premier tome des Chansons populaires recueillies dans la Suisse romande[12],[13], dont il prévoit dix volumes. Ses travaux sont connus et appréciés par les folkloristes de son temps - de Thiersot[7] à Coirault[14], en passant par Massicotte[15].
Il décède subitement le à Bâle[1],[2].
Après sa mort, ses collectages continuent un temps d'être publiés par Edgar Piguet[16],[17]et les ethnomusicologues Hanns In der Gand et Paul G. Stoecklin repartent de ses travaux pour leurs propres collectes[18]. Ses archives sont déposées en 1933 à la bibliothèque nationale[4], et Jacques Urbain en établit un répertoire en 1989[19]. Ce dernier publie ensuite trois tomes d'étude de chansons à partir de ces archives[20].
Publications
- Arthur Rossat, « Chants patois jurassiens », Archives suisses des traditions populaires, vol. 3 à 7, 1899 à 1903[6]
- Arthur Rossat, Les «Fôles», Archives suisses des traditions populaires, vol.15, 1911[8]
- Arthur Rossat, Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande : Tome premier, Lausanne, Foetisch Frère, coll. « Publication de la Société suisse des Traditions populaires » (no 13), [12]
- Arthur Rossat, La chanson populaire dans la Suisse romande, Lausanne, Foetisch Frère, coll. « Publication de la Société suisse des Traditions populaires » (no 14), [11]
- Arthur Rossat (†) et Edgar Piguet, La chanson populaire dans la Suisse romande : Tome second/1ère partie, Lausanne, Foetisch Frère, coll. « Publication de la Société suisse des Traditions populaires » (no 21), [16]
- Arthur Rossat (†) et Edgar Piguet, La chanson populaire dans la Suisse romande : Tome second/2me partie, Lausanne, Foetisch Frère, coll. « Publication de la Société suisse des Traditions populaires » (no 22), [17]
Notes et références
- « Rossat, Arthur », sur hls-dhs-dss.ch (consulté le )
- « Décès », La Gazette de Lausanne, no 135, , p. 2 (lire en ligne
)
- ↑ « Delémont », Le Jura, vol. 34, no 32, , p. 2 (lire en ligne
)
- « Un beau don à la Bibliothèque nationale », Feuille d'avis de Neuchâtel, , p. 8 (lire en ligne
)
- Gabbud, Maurice, « L'oeuvre nationale de M. Arthur Rossat : [1ère partie] », Le conteur vaudois, vol. 56, no 12, , p. 2 (lire en ligne
)
- Arthur Rossat, « Chants patois jurassiens », Schweizerisches Archiv für Volkskunde = Archives suisses des traditions populaires, vol. 3 à 7, 1899 à 1903 (lire en ligne
, consulté le )
- Théodore Gérold et Julien Tiersot, « Remarques sur la Chanson Populaire de la Suisse Romande », Bulletin de la Société française de musicologie, vol. 2, no 6, , p. 6-12 (lire en ligne
)
- Arthur Rossat, « Les "Fôles" : contes fantastiques patois recueillis dans le Jura bernois », Schweizerisches Archiv für Volkskunde = Archives suisses des
traditions populaires, vol. 15, , p. 18 (lire en ligne
)
- ↑ « Pour les malades », Gazette de Lausanne, , p. 5 (lire en ligne
)
- ↑ « Grades conférés pendant l'année 1917-1918. »
(consulté le )
- Arthur Rossat, La Chanson populaire dans la Suisse romande, Lausanne, Foetisch Frères, , 219 p. (lire en ligne)
- Arthur Rossat, Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande, t. I, Lausanne, Foetisch Frères, , 160 p. (lire en ligne
)
- ↑ Joseph Bovet, « Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande », Folk-lore suisse, vol. 8, nos 1-2, , p. 1 (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ Patrice Coirault, Notre chanson folklorique, Paris, Auguste Picard, , 467 p.
- ↑ Diane Joly, « Les dialogues du folklore : la correspondance Massicotte-Barbeau », Rabaska - Revue d'ethnologie de l'Amérique française, vol. 13, , p. 153–163 (lire en ligne
)
- Arthur Rossat et Edgar Piguet, Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande, t. II : 1ère partie, Lausanne, Foetisch Frères, , 162 p. (lire en ligne
)
- Arthur Rossat et Edgar Piguet, Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande, t. II : 2ème partie, Lausanne, Foetisch Frères, , 222 p. (lire en ligne
)
- ↑ Isabelle Raboud-Schüle, Gabriela Schöb et Justin Winkler, « Six mille chansons de 1910 à 1994, questions et critères pour une éventuelle publication », ACTES DE LA CONFÉRENCE ANNUELLE SUR L’ACTIVITÉ SCIENTIFIQUE DU CENTRE D’ÉTUDES FRANCOPROVENÇALES « Le chant populaire », 21-22 décembre 1996, p. 15 (lire en ligne
)
- ↑ Jacques Urbain Répertoire thématique des chansons populaires recueillies en Suisse romande (1884‐1917). D’après le Manuscrit d’Arthur Rossat de la Bibliothèque nationale suisse. Berne.1989 NRS 1.534‐0‐87.
- ↑ Jacques Urbain, La Chanson populaire en Suisse Romande, tome I, II et III, Yverdon-les-Bains, Éditions de la Thièle, 1977-1978-?
Liens externes
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