Arthur de Montalembert

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(à 33 ans) Mauthausen (Reich allemand) |
| Nom de naissance |
Jacques, Arthur, Marc, Adelsthan, Marie de Montalembert |
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Résistant français, agent du SOE (Section F) |
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Arthur de Montalembert né le à Wezembeek-Oppem et mort le dans le camp de concentration de Mauthausen, est un résistant et un agent français de la section F du SOE britannique pendant la Seconde Guerre mondiale.
Biographie
Arthur de Montalembert naît le à Wezembeek-Oppem dans le Brabant flamand (Belgique)[1], fils d'André de Montalembert et d'Anne de Hemricourt de Grunne. Mobilisé en avec le grade de lieutenant de réserve, il est blessé en et démobilisé en août.
Résistant[2] à Ancinnes (Sarthe), il est recruté par France Antelme, chef du réseau BRICKLAYER, pour intégrer la section F (pour France) du Special Operations Executive (SOE) et les réseaux Buckmaster en France, où il obtiendra le grade de lieutenant de l’armée britannique (matricule 309241)[1],[note 1]. Sous le nom de guerre de « Bistouri », il rejoint le réseau SATIRIST d'Octave Simon à sa création début 1943, avec le groupe de résistants ancinnois qu'il a formé, et participe à la réception de plusieurs parachutages dans l’Orne et la Sarthe, notamment le sur les terres de l’Hermitière (Val-au-Perche)[3],[4].
Un parachutage a lieu sur les terres de Vaubezon (Ancinnes) dans la nuit du 14 au , au lieu-dit « La Valtaurine », suite au 67e message sur la liste du mois de juin de la BBC : « Elle est bleue aux fleurs rouges ». Outre Arthur de Montalembert, l’équipe de réception comprend Octave Simon, André Malo, un gendarme, Paul Lottin, un garagiste, Paul Drecq, un facteur, et Jean Célier, un propriétaire terrien du voisinage[5].
Dans le cadre de la vague d’arrestations qui frappe le réseau PROSPER Physician de Francis Suttill à partir du , la Gestapo débarque le à Ancinnes et arrête plusieurs membres du groupe, dont Paul Lottin qui mourra en déportation. Absent d’Ancinnes ce jour-là, Arthur de Montalembert échappe au coup de filet et se réfugie quelques jours à Paris chez une amie[6].
La Gestapo arrête alors le son père, André de Montalembert, et le retient en otage à la prison de Fresnes jusqu’à reddition ou arrestation d’Arthur[7]. Entretemps, celui-ci a rejoint Henri Garry et le seconde, avec la radio Noor Inayat Khan[note 2], dans la création du réseau « BELLIARD Phono » (sous-réseau de « PROSPER Physician ») actif dans la Sarthe et la Mayenne, avec lequel il réceptionne un dernier parachutage dans la nuit du 15 au , à la ferme Chambrin, au nord de Luché-Pringé (Sarthe) à la suite du message de la BBC : « Une mansarde à Paris, une chaumière en Touraine »[8].
Arthur de Montalembert est finalement arrêté au Mans (Sarthe) le , et ramené le jour même à Paris par la Gestapo[9],[10]. Dans une lettre du , sa mère, Anne de Grunne-Montalembert, raconte l’arrivée d’Arthur, encadré par deux policiers en civil de la Gestapo, à la Gare Montparnasse où elle se trouvait par hasard avec son fils ainé, Jean-Charles. Ce dernier est interpellé sur le champ mais relâché le soir même, ainsi qu’André de Montalembert le après trois mois d’emprisonnement à Fresnes.
Après avoir été interné plusieurs mois à Fresnes, Arthur passe en jugement à Vichy en « pour actions contraires aux intérêts de la France » ; le représentant de l’Irlande auprès du gouvernement de Vichy est intervenu en sa faveur. Dans le même temps, le SOE adresse cette demande à la hiérarchie militaire : « Can we have Arthur de Montalembert promoted to the rank of Captain as soon as possible. He was commissioned in 1943 and is now standing trial for his excellent activities on our behalf »[11].
Transféré au camp de Royallieu (stalag 122) à Compiègne, Arthur de Montalembert (matricule 30415) est déporté le par le convoi I.203. Il arrive au camp de Neue Bremm (Sarre) le et finalement au camp de Mauthausen le [12], où on lui donne le matricule 64577 et le code NN (Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard) réservé aux déportés qui ne doivent pas sortir vivants des camps. De plus, il ne peut pas faire l’objet de réponse aux éventuelles demandes d’information émanant des autorités françaises ou de la Croix-Rouge[13]. Arthur de Montalembert est soumis aux travaux forcés à Melk le , au camp central le (à la carrière de sinistre mémoire), à Peggau le , et de nouveau au camp central le [14]. Il décède le à l’infirmerie du camp central par suite de mauvais traitements[note 3] (cf. le témoignage d’un co-détenu, Philippe Freyre[15]). Ce n’est pas avant le que les services britanniques, par un courrier signé de Vera Atkins[note 4], sont en mesure de confirmer sa mort à la famille.
Reconnaissance
Monuments
- Valençay. En tant qu'un des 104 agents de la section F morts pour la France, Arthur de Montalembert est honoré au Mémorial de Valençay (Indre, France).
- Brookwood. Le nom d’Arthur de Montalembert figure sur le Brookwood Memorial (panneau 22, colonne 1) au cimetière de Brookwood (Surrey) au sud-ouest de Londres, où sont honorés les 3 476 femmes et hommes morts en action et dont les dépouilles n’ont pas pu être retrouvées et enterrées.
- Mauthausen. Le nom d’Arthur de Montalembert est l’un des six inscrits sur une plaque commémorative apposée au mémorial de l’ancien camp de concentration de Mauthausen (Autriche). Cette plaque, réalisée à l’initiative de The Secret WW2 Learning Network, a été inaugurée le .
- La Roche-en-Brenil. Le nom d’Arthur de Montalembert est l’un des huit inscrits sur le monument aux morts de La Roche-en-Brenil (Côte-d'Or) au titre de la Seconde Guerre mondiale.
- Paris. Le nom d’Arthur de Montalembert est inscrit sur plusieurs plaques commémoratives à Paris : à la mairie du 7e arrondissement ; à la basilique Sainte-Clotilde ; au cimetière de Picpus.
Voies
- Ancinnes. Le nom d’Arthur de Montalembert est l’un des quatre inscrits sur les plaques de la rue des Déportés et Résistants 1939-1945, à Ancinnes (Sarthe)
- Ormesson-sur-Marne. Une rue porte le nom d’Arthur de Montalembert à Ormesson-sur-Marne (Val-de-Marne)
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume « pour services de guerre exceptionnels » (décret du )[16].
Croix de guerre -, palme de bronze[16].- La mention « Mort pour la France » est portée sur l'acte de décès le [17].
Notes et références
Notes
- ↑ Estevès rapporte qu'Arthur de Montalembert aurait suivi un entrainement en Grande-Bretagne après son recrutement et qu'il serait revenu en France en avril 1943, mais cette information n'est pas étayée ni confirmée par ailleurs.
- ↑ C'est cette agente britannique du SOE (d'origine indienne et américaine), premier agent féminin à être envoyé en France comme opérateur radio, qui annoncera à Londres le 4 octobre l'arrestation d'Arthur de Montalembert.
- ↑ Le certificat du Sanitätslager de Mauthausen signé par la Blockäteste et par le Blockführer date la mort au 16 décembre 1944 à 7h du matin, alors que Grehan et Mace 2012 indiquent le 17 décembre.
- ↑ Adjointe du colonel Buckmaster, Chef de la Section F basé à Londres.
Références
- Grehan et Mace 2012, p. 114-115.
- ↑ Dossier 16P 174109, Service historique de la Défense, Vincennes
- ↑ Estèves 2018, Fiche Arthur de MONTALEMBERT 1911-1944.
- ↑ Suttill 2018, p. 111 et 112.
- ↑ Suttill 2018, p. 154 à 157.
- ↑ Suttill 2018, p. 202 à 204.
- ↑ « Fleurs d'héroïsme : Arthur de Montalembert mort pour la France », La Croix, vol. 67, no 19203, , p. 2.
- ↑ Suttill 2018, p. 202.
- ↑ Certificat du Ministère des Anciens combattants no 24749 du 20 mai 1948
- ↑ Foot et Crémieux-Brilhac 2008, p. 443.
- ↑ Dossier militaire britannique HS9 / 1052 / 8
- ↑ Dossier AC 21 P 442 596 au Service historique de la Défense, Caen
- ↑ Lee 2021, p. 230-233.
- ↑ Dossier du matricule 64577 aux archives du Monument Mauthausen III à Mauthausen
- ↑ Philippe Freyre, « Il y a un an, Arthur de Montalembert mourait dans un bagne allemand », Le Bien Public, .
- « Décret du 14 janvier 1948 portant nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur et décoration de la Croix de guerre 1939-1945 », Journal officiel de la République française, , p. 470.
- ↑ Certificat du Ministère des Anciens combattants n° ECD.2 CD/JB 107 du 23 août 1948.
Voir aussi
Bibliographie
- Le Mémorial de la section F, Gerry Holdsworth Special Forces Charitable Trust,
- Michael R. D. Foot et Jean-Louis Crémieux-Brilhac (annot.) (trad. de l'anglais par Rachel Bouyssou), Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944 [« SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944 »], Tallandier, (ISBN 978-2-84734-329-8).
- (en) E.G. Boxshall (Lt. Col.), Chronology of SOE operations with the Resistance in France during World War II, Document dactylographié (exemplaire en provenance de la bibliothèque de Pearl Witherington-Cornioley, consultable à la bibliothèque de Valençay). Voir sheet 33, SATIRIST CIRCUIT.
- (en) John Grehan et Martin Mace, Unearthing Churchill's Secret Army, Pen & Sword Military, (lire en ligne), p. 114-115.
- Francis J. Suttill (préf. Jean-Louis Crémieux-Brilhac et avant-propos de Mark Seaman, historien du SOE, et Duncan Stuart, conseiller du SOE au Foreign Office), SOE contre Gestapo. La véritable histoire du major Suttill et du réseau français de résistance Prosper, Metvox Publications, (ISBN 979-10-94787-40-3).
- Adeline Lee (préf. Thomas Fontaine), Les Français de Mauthausen, Par-delà la foule de leurs noms, Taillandier, (EAN 979-10-21047-91-4)
- Joseph Estevès, 100 nouveaux portraits de résistants et déportés sarthois, Estevès, (ISBN 2956507605, EAN 9782956507604)
- Dossier 16P 174109, Service historique de la Défense, Vincennes.
- Dossier AC 21 P 442 596, Service historique de la Défense, Caen.
Articles connexes
Liens externes
- Archives conservées par :
- Service historique de la Défense - site de Vincennes (GR 16 P 174109)
- Service historique de la défense - site de Caen (AC 21 P 442 596)
- Ressource relative aux militaires :
- (en) John Robertson, « de Montalembert, Jacques Arthur Marc Athelstan Marie, Comte », sur British Special Forces Roll of Honour, (consulté le )
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