Athénée roumain

| Type | |
|---|---|
| Fondation | |
| Style | |
| Architecte |
Albert Galleron (d) |
| Construction |
- |
| Ouverture | |
| Hauteur |
41 m |
| Patrimonialité |
Monument historique (LMI : B-II-m-A-18789) |
| Site web |
(ro) fge.org.ro |
| Ville | |
|---|---|
| Secteur | |
| Adresse |
Strada Benjamin Franklin 1-3 |
| Coordonnées |
44° 26′ 29″ N, 26° 05′ 50″ E |
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L'Athénée roumain (en roumain : Ateneul Român) est une salle de concert située dans le centre-ville historique de Bucarest, sur la Calea Victoriei et la Place Georges Enesco. L'Athénée roumain fut inauguré en 1889. L'Orchestre philharmonique George-Enescu y présente des concerts et le Festival international de musique « Georges Enesco » s'y déroule en partie chaque année.
Contexte
En 1865, trois personnalités scientifiques et humanistes, Nicolae Crețulescu, Constantin Esarcu et Vasile Urechia Alexandrescu fondent la « société philharmonique de l'Athénée roumain » (Societatea filarmonică « Ateneul român ») afin de construire à Bucarest un bâtiment consacré aux arts et à la culture. Une souscription nationale fut organisée afin de collecter l'argent nécessaire à cette réalisation. Cette souscription publique dura presque une trentaine d'années, avec le même slogan « Donnez un leu pour l'Ateneu ! » (Dați un leu pentru Ateneu).
Architecture
Le bâtiment a été conçu par l'architecte français Albert Galleron dans un style néo-classique avec des touches romantiques. L'édifice fut construit sur les fondations d'ancien manège équestre ayant appartenu à la famille Văcărescu, d'où la forme de rotonde de l'auditorium. Juste en face, s'étend un jardin public avec la statue du poète Mihai Eminescu. L'auditorium, coiffé d'une coupole à 41 mètres de hauteur, offre un parterre de 600 places assises et 52 loges, pour un total d'approximativement 794 places. L'entrée principale donne sur un vaste patio circulaire d'apparat, entouré d'une lignée de douze colonnades formant un péristyle qui donne accès à plusieurs escaliers d'honneur vers la salle de concert située au-dessus. Bien qu'il fût inauguré le , les travaux se poursuivirent encore en deux phases (1886-1889 et 1893-1897).
Histoire
Pendant l'occupation allemande de la Première Guerre mondiale, l'Athénée devint la salle de concert de l'état-major du général Falkenhayn tout en servant aussi de dépôt de munitions. Évacué en , il est alors fortement dégradé.
Le , l'Athénée restauré devint le site de la séance solennelle du Parlement qui vota la ratification des déclarations d'union des Conseils populaires de la République démocratique moldave, de la Transylvanie et la Bucovine avec la Roumanie de l'époque, jusque-là constituée seulement de la Valachie, de la Moldavie et de la Dobrogée. Une fresque géante est réalisée peu après sur le mur circulaire de la grande salle, représentant l'histoire de la Roumanie depuis la conquête de Trajan jusqu'à l'unification du pays. Le bâtiment devient alors l'un des symboles forts du pays.
La grande fresque
Lors d'une conférence tenue les 14 et , Alexandru Odobescu déclara : « Ne serait-ce pas un véritable miracle de l'art pictural que de voir la frise qui entoure la salle circulaire de notre futur athénée recouverte d'une série de scènes féériques tirées de l'histoire nationale ? »
Quelques années plus tard, les mots suivants furent inscrits en lettres dorées sur le mur circulaire de l'athénée : « Emplacement réservé à la grande fresque qui représentera les principales phases de l'histoire des Roumains ».
En 1901, le peintre Ștefan Popescu présenta la première offre pour la réalisation de cette œuvre d'art. Son offre fut refusée car la somme nécessaire, au moins 80 000 lei, semblait énorme.
En 1933, après 32 ans, la décoration de la frise commença, le projet élaboré par le peintre Costin Petrescu (1872-1954) de Pitești étant accepté. La fresque, commencée en 1933 et inaugurée dans la soirée du , large de 3 mètres et longue de 70 mètres, s'étend au-dessus des loges, tout autour du tambour de la coupole, à l'exception de l'endroit où se trouve la scène. Elle se compose de 25 scènes représentatives de l'histoire de la Roumanie.
Dans l'ouvrage intitulé București. Ghid istoric și artistic (Bucarest. Guide historique et artistique), Bucarest, 1938, de Grigore Ionescu, à la page 56, « l'épisode XXV » de la fresque est décrit ainsi : « Carol II. L'époque de la consolidation. L'épopée nationale se termine par un tableau final qui représente l'état actuel du pays et les tendances de la nouvelle génération. Sur fond de ville moderne, Carol II, roi de la culture, accompagné de l'héritier du trône, le grand voïvode Mihai, descend parmi son peuple pour patronner la science, la littérature, l'art, le travail agricole et l'industrie ».
En 1940, Ion Antonescu, qui avait pris le pouvoir en Roumanie, demanda au peintre Costin Petrescu de retirer de la fresque l'ancien roi Carol II, devenu indésirable. À la place de l'ancien roi, Costin Petrescu a peint l'allégorie des paysannes représentant les provinces réunies de la Grande Roumanie : l'Ancien Royaume, la Transylvanie, la Bessarabie et la Bucovine. Comme le tableau représentait également des personnages anonymes et symboliques, des paysans, des enfants, etc., les autorités communistes ont ignoré le fait que l'une des paysannes allégoriques représentait la Bessarabie, qui ne faisait plus partie de la Roumanie, et ne sont pas intervenues pour modifier le tableau.
Du 21 au , le bâtiment de l'Athénée roumain a accueilli le congrès d'unification du Parti Communiste Roumain avec le Parti Social-Democrate. En préparation du congrès, la fresque de l'Athénée, peinte par Costin Petrescu, a été recouverte de velours rouge afin de dissimuler le rôle de la monarchie dans l'histoire de la Roumanie. Entre 1966 et 1967, d'importants travaux ont été réalisés à l'Athénée pour installer la climatisation, rénover le plafond, changer les fauteuils, redistribuer les loges, agrandir les avant-scènes, etc. À cette occasion, le velours rouge qui recouvrait la fresque, restée cachée pendant près de deux décennies (1948-1966), a été retiré.
Après la chute du régime communiste fin 1989, l'Athénée a bénéficié d'une consolidation antisismique et d'une rénovation intérieure et extérieure, comprenant la restauration de la fresque.
Galerie photographique
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Le patio -
L'entrée des artistes -
La scène -
L'Athénée vu de l'hôtel Hilton, anciennement Athénée palace -
Billet de 50.000 lei (approximativement 5 nouveaux lei soit 1 euro) représentant l'Athénée -
L'athénée roumain avec des oiseaux. Décembre 2019.
Liens externes
- L'Athénée roumain
- L’Athénée Roumain : l’histoire européenne à travers l’architecture
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