Atlas de Kangxi

Atlas de Kangxi
Image illustrative de l’article Atlas de Kangxi
Une des cartes de l'Atlas de Kangxi

Auteur Jean-Baptiste Régis et autres
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Genre Atlas cartographique
Version originale
Langue Chinois
Titre Huangyu Quanlan Tu
Lieu de parution Pékin (Chine)
Date de parution 1718
Version française
Nombre de pages 35 cartes catographiques

L'Atlas de Kangxi (en chinois : 康熙皇舆全览图 Huangyu Quanlan Tu), parfois appelé Atlas jésuite est une collection de 35 cartes géographiques à grande échelle de l'Empire Qing, commandée en 1708 par l'empereur chinois Kangxi aux géographes jésuites français Joachim Bouvet, Jean-Baptiste Régis et d’autres. Achevé et présenté à l’empereur en 1718 l’atlas, alliant science géographique européenne et chinoise, complète le premier atlas de Martino Martini (1655).

Histoire

Un groupe de cinq jésuites français, les mathématiciens du roi arrivent en Chine en 1687. Ils forment la mission scientifique[1] du roi Louis XIV envoyée auprès de l’empereur Kangxi de Chine. Ils sont fort bien reçus par l’empereur Kangxi, plutôt favorable au Christianisme[2]. Lorsque, en 1692, l’empereur est guéri d’une fièvre tenace grâce à la quinine que lui procurent les missionnaires, son estime pour eux en est encore plus grande.

Au faîte de sa gloire l’empereur Kangxi décide de faire une vaste enquête sur son Empire et ses vassaux. Il se tourne vers les mathématiciens jésuites (1708) pour que soit réalisée sous leur direction un relevé géographique complet de son empire. L’élaboration de cet monument cartographique par Jean-Baptiste Régis, Joachim Bouvet, en collaboration avec des experts chinois, dure neuf ans: de 1708 à 1717. Il est publié en gravures sur bois (xylographique) chinois et présenté à l'empereur au début de 1718. Un autre exemplaire en cuivre présenté en 1719, et un exemplaire révisé en chinois et en mandchou, en xylographie, présenté en 1721.

Contenu

Les 35 cartes de grand format couvrent l’entièreté de l’Empire Qing avec ses vassaux, Mandchourie, Mongolie et Tibet. Elaboré de 1708 à 1717, il est publié sur bois (1718) et sur cuivre (1719) en langue chinoise. Une première révision, en chinois et mandchou, suivit en 1721.

Circulation

L’atlas étant un document privé de la cour impériale destiné à consolider le contrôle administratif et militaire du vaste empire il avait un caractère confidentiel. Cependant quelques versions des cartes furent clandestinement envoyées en Europe par les Jésuites, où elles furent publiées dans la Description de la Chine… de Jean-Baptiste Du Halde en 1735 et ses nombreuses copies, y compris l’édition pirate hollandaise de 1737 (Nouvel Atlas de la Chine…). Egalement des éditions anglaises de 1736, 1738 et 1741 ; une édition allemande de 1745 à 1756 ; et une édition russe de 1774 à 1777.

Une copie d'un original chinois fut publiée en 1941 et 1943 par le sinologue allemand Walter Fuchs dans la Chine alors sous occupation japonaise.

Notes et références

  1. Pour des raisons diplomatiques, le roi de France ne pouvait pas envoyer en Extrême-Orient de mission religieuse ou missionnaire, car le régime du Padroado y contrôlait les activités missionnaires.
  2. Kangxi promulgua un Édit de tolérance du christianisme en 1692.

Bibliographie

  • (en) Theodore Foss, « Jesuit Cartography : a Western interpretation of China », Review of Culture, no 21,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • (en) Helen Wallis, « Missionary Cartographers to China », Geographical magazine of the Royal Geographical Society, London, vol. 47,‎ .
  • Marcel Destombes, « Les Originaux chinois des plans de ville publiés par J. B. Du Halde S.J., en 1735 », dans Colloque international de Sinologie (Chantilly, 20-22 septembre 1974), La Mission française de Pékin aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, , p. 86.
  • Henri Bernard-Maitre, « Les Étapes de la cartographie scientifique pour la Chine et les pays voisins depuis le XVIe jusqu'à la fin du XVIIIe siècle », Monumenta Serica, Bonn, vol. 1,‎ , p. 428- 477 (JSTOR 40725355, lire en ligne).
  • (en) Joseph Needham, Science and Civilisation in China, vol. 3, Cambridge, Cambridge University Press, 1956-1995, 7 volumes, « On native Chinese cartography », p. 497-590.
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