Attaque contre un hôpital de Kumba
| Attaque contre un hôpital de Kumba | |
Bâtiment et véhicule calciné après l'incendie, le . | |
| Localisation | Kumba, Cameroun |
|---|---|
| Cible | Hôpital, véhicules, résidence du personnel |
| Date | |
| Type | Incendie criminel |
| Morts | 4 |
| Auteurs | Séparatistes (selon le gouvernement camerounais) Armée camerounaise (selon les séparatistes) |
| Partie de Crise anglophone au Cameroun | |
L'attaque contre un hôpital de Kumba a lieu le à Kumba dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, pendant la crise anglophone.
Déroulement
Selon un communiqué du ministre de la Communication, René Sadi, dans la nuit du au , des hommes armés « ont escaladé le portail de l'hôpital aux environs de 00H30, semant la panique par des tirs armés ». La même source, corroborée par plusieurs témoignages rapportés par la presse locale, relate qu'« ils se sont introduits dans les résidences des personnels et dans les principaux services de l'hôpital(...), incendiant au total, tous les bâtiments (...) de l'hôpital ». Un responsable administratif de Kumba interrogé par l'AFP déclare que « les assaillants ont tué quatre personnes qui se trouvaient à l'intérieur et incendié l'hôpital ». Selon plusieurs habitants, la localité ne dispose pas d'une compagnie de sapeurs pompiers. C'est donc la gendarmerie, dont le poste est situé à 500 mètres de l'hôpital, qui est intervenue contre les assaillants, qui se seraient enfuis après leur forfait. Les familles des victimes ont donc évacué elles-mêmes leurs proches, les transférant chez des bénévoles locaux ou chez le préfet, selon les médias locaux[1].
Un riverain sous anonymat déclare à Jeune Afrique : « ils sont arrivés vers 1 heure du matin et ont mis le feu aux bâtiments et aux véhicules des employés qui étaient dans la cour. Lorsque les flammes se sont interrompues, nous avons constaté qu’il y avait quatre corps sans vie sur des lits calcinés »[2].
Bilan
Quatre personnes sont tuées dans l'attaque[3]. Selon le bilan officiel dressé par les autorités camerounaises, sept véhicules ont également été brûlés, tout comme la résidence du personnel, le bloc opératoire, la maternité et la salle de médecine générale[2].
Responsabilité
Le , le gouvernement camerounais publie un communiqué indiquant que l’incendie a été perpétré par « une horde de rebelles sécessionnistes », évaluée à une vingtaine d’individus. Cette accusation est démentie par les milices séparatistes, notamment la Southern Cameroon Activists Front (SCAF), qui accuse les soldats de l'armée camerounaise. Selon cette faction, la lenteur de la réaction des pompiers, dont une unité est située près de l'hôpital, suggère que l'incendie a été déclenché par l'armée[2].
Réactions nationales
Le président du Conseil médical camerounais, le Dr Tetani Ekwe, affirme que l'Ordre national des médecins camerounais et l'ensemble du personnel médical au Cameroun restent « sans voix »[4].
Dans un communiqué publié le , le secrétaire général du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, exprime son indignation. Dans cette déclaration, le secrétaire général du parti condamne fermement les violences sécessionnistes et renouvelle son soutien aux familles endeuillées : « Face à cette situation, le secrétaire général du Comité central du RDPC appelle à la condamnation sans équivoque de ces actes terroristes et barbares par tous nos compatriotes de bonne volonté et par la communauté internationale »[5].
Réactions internationales
Le président de l'Association médicale mondiale (AMM), le Dr Leonid Eidelman, déclare que l'attaque devrait être « condamnée avec la plus grande fermeté ». Il déclare : « À chaque fois qu’un hôpital est attaqué, ou, comme celui-ci, incendié, les médecins se retrouvent à devoir soigner leurs patients dans des conditions dégradées et tout le service de santé d’un pays s’en trouve fragilisé ». Il ajoute qu'« il est essentiel d’assurer la sécurité et la protection des agents de santé pour qu’ils puissent délivrer aux patients des soins de la plus haute qualité. Si les agents de santé ne sont pas en sécurité, ils pourraient ne pas être en mesure de fournir des soins et les patients en souffriront »[4].
L'ambassade des États-Unis au Cameroun déclare : « Les États-Unis condamnent l’attaque criminelle contre l’hôpital du district de Kumba, dans la région du Sud-Ouest. L’incendie aurait entraîné la mort de plusieurs patients et causé des dégâts considérables au petit matin du 11 février. Nous exprimons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et notre admiration pour le personnel médical courageux. Nous appelons le gouvernement camerounais à mener une enquête transparente sur ce crime, à veiller à ce que les tribunaux tiennent les auteurs pour responsables et à informer le peuple camerounais de ses conclusions. Nous exhortons les deux parties des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun à permettre un accès sans entraves aux travailleurs humanitaires et aux personnels de santé et à ne jamais attaquer les hôpitaux ni les centres de santé. Nous appelons les deux côtés du conflit anglophone à renoncer à la violence et à engager un dialogue élargi sans conditions préalables »[6].
Notes et références
- ↑ « Cameroun : l’incendie de l’hôpital de Kumba attise la crise anglophone », sur www.latribune.fr, (consulté le )
- « Cameroun : les sécessionnistes et l’armée s’accusent mutuellement d’avoir incendié un hôpital à Kumba », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
- ↑ « Cameroun. Quatre morts et un hôpital incendié à Kumba », Ouest-France.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- « L’Association médicale mondiale dénonce l’attaque d’un hôpital au Cameroun », sur univadis.fr, (consulté le )
- ↑ « Incendie à l’hôpital de Kumba : Le comité central du RDPC condamne les attaques terroristes - Lebledparle », (consulté le )
- ↑ Nathan Ndoumbe, « Cameroun: les États-Unis condamnent l'attaque «criminelle» contre l'hôpital du district de Kumba (Sud-Ouest) », sur Actu Cameroun, (consulté le )
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