Attaque de Malende

Attaque de Malende
Localisation Malende, Cameroun
Cible Soldats
Coordonnées 4° 20′ 26″ nord, 9° 26′ 11″ est
Date
Armes Engin explosif improvisé
Morts 8
Organisations Fako Unity Warriors
Mouvance Séparatisme camerounais anglophone
Partie de Crise anglophone au Cameroun
Géolocalisation sur la carte : région du Sud-Ouest
(Voir situation sur carte : région du Sud-Ouest)
Attaque de Malende
Géolocalisation sur la carte : Cameroun
(Voir situation sur carte : Cameroun)
Attaque de Malende

L'attaque de Malende a lieu le lors de la crise anglophone au Cameroun.

Contexte

Les régions occidentales du Cameroun sont en proie à des combats depuis que des séparatistes anglophones ont lancé une rébellion en 2017 dans le but déclaré de se séparer de la majorité francophone. Ils visent à établir un État anglophone indépendant dans l'ouest du pays. Les tensions, qui ont commencé par des manifestations pacifiques organisées par des avocats et des enseignants, sont devenues mortelles à la suite d'une répression gouvernementale. Le gouvernement accuse les séparatistes de commettre des atrocités contre les civils. Le conflit a fait plus de 6 000 morts et plus de 600 000 déplacés, selon l'International Crisis Group (ICG)[1].

Selon The Cameroon News Agency, quelques semaines avant l'attaque, les forces gouvernementales ont patrouillé dans la région, à la recherche d'engins explosifs improvisés (EEI)[1].

Déroulement

Dans la matinée du [2], une patrouille militaire du Bataillon d'intervention mobile (BIM) est attaquée lors d'une mission de relève dans la localité de Malende, près de Buéa, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, sur l’axe Buéa-Kumba[2]. Les soldats sont pris au piège par un EEI dissimulé par les séparatistes dans une plantation de caoutchouc non loin du camp de la Cameroon Development Corporation (CDC)[2]. L'engin explosif explose au passage de leur véhicule, tuant sept soldats sur le coup[3], tandis qu'un autre est décédé à l'hôpital où il a été transporté[2].

Revendications

Le jour même de l'attaque, celle-ci est revendiquée par le groupe séparatiste Fako Unity Warriors[1].

Réactions

Le , l'homme politique Maurice Kamto exprime sa solidarité avec les familles des victimes et les forces de défense et de sécurité, et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Il invite le Président de la République à faire preuve de compassion et d'humanité par un geste officiel, tel que la déclaration d'un jour de deuil national en hommage aux victimes civiles et militaires du conflit[4].

Selon l'avocate Michèle Ndoki, « la tragédie de Malende, dans la région du Sud-Ouest, où 7 jeunes soldats ont perdu la vie dans une nouvelle attaque à l’IED, est bouleversante. Ce sont nos frères, nos enfants, nos concitoyens. Une fois de plus, des jeunes Camerounais s’entretuent dans un conflit qui pourrait être résolu avec la volonté politique d’écouter, de dialoguer et d’agir pour la paix. Combien de vies devrons-nous encore perdre avant de dire : « ça suffit » ? C’est pourquoi nous, Camerounais, devons nous lever et exiger un véritable changement. Un changement qui place la paix au-dessus de la guerre, le dialogue au-dessus du silence, et la vie au-dessus de la mort. Notre avenir ne peut pas se construire sur les tombes de notre jeunesse. Nous leur devons — et nous nous devons — de prendre nos responsabilités, de parler haut et fort, et de faire en sorte que des solutions soient trouvées pour qu’aucune mère n’ait plus à enterrer son enfant à cause d’un conflit qui peut être réglé. Ensemble, soyons la voix de la raison, la voix de la paix et la force du changement. Kamerun, Ekombo’a Mwaye »[5].

Le politologue Christopher Fomunyoh déclare que cette attaque est « un nouveau rappel que la résolution de ce conflit exige plus qu'une approche militariste. De véritables négociations avec l'aide d'une tierce partie sont nécessaires »[1].

Le , l'ambassade de France au Cameroun déclare sur Facebook et X : « Nous adressons toutes nos condoléances aux familles et proches des victimes, civiles et militaires, qui ont perdu la vie lors des attaques qui ont eu lieu le week-end du 5 au 7 septembre dans les départements du Fako et du Mayo Tsanaga. Nous condamnons avec force ces attaques et réaffirmons notre solidarité avec le peuple camerounais »[6].

Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), dirigé par Cabral Libii, déclare : « Il faut mettre fin à la crise anglophone »[7].

Le Front social démocrate (FSD), par la voix d'Achille Leudjo, dénonce l'affaiblissement de la sécurité et du tissu social, la vulnérabilité des forces de défense et la rupture de l'unité nationale[7].

Notes et références

  1. (en-US) « Cameroon separatists claim deadly roadside attack that killed 7 soldiers », The Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le )
  2. « Cameroun : 12 morts et des dizaines de blessés dans deux attaques armées », sur Journalducameroun.com, (consulté le )
  3. KOACI, « Cameroun : Une bombe artisanale fauche sept militaires », sur KOACI, (consulté le )
  4. Gilles Noubissi, « Drame à Malende : Maurice Kamto appelle à un deuil national après la mort de neuf soldats en 24 heures », sur Mimi Mefo Info, (consulté le )
  5. Liliane Ndangue, « 7 soldats tués à Buea/Michèle Ndoki : "nous devons nous lever et exiger un véritable changement" », sur Actu Cameroun, (consulté le )
  6. StopBlaBlaCam, « Attaques dans le Fako et le Mayo-Tsanaga : la France condamne les violences ayant fait au moins 11 morts », sur www.stopblablacam.com, (consulté le )
  7. StopBlaBlaCam, « Crise anglophone : l’opposition alerte sur l’insécurité et les risques pour la présidentielle », sur www.stopblablacam.com, (consulté le )
  • icône décorative Portail du Cameroun
  • icône décorative Portail du terrorisme
  • icône décorative Portail des années 2020