Attentat de la plage de Bondi

Attentat de la plage de Bondi
Image illustrative de l’article Attentat de la plage de Bondi
La passerelle où deux hommes armés ont principalement mené leur attaque.

Localisation Plage de Bondi, Sydney, Drapeau de l'Australie Australie
Cible Civils juifs
Policiers
Coordonnées 33° 53′ 21″ sud, 151° 16′ 42″ est
Date
Vers 18 h 47 (UTC+11:00)
Type Fusillade
Tuerie de masse
Crime antisémite
Terrorisme
Armes Fusil à verrou
Fusil de chasse
Engin explosif improvisé
Morts 16 (dont 1 terroriste)
Blessés 43 (dont 1 terroriste)
Auteurs Sajid et Naveed Akram
Participants 2
Organisations Drapeau de l'État islamique État islamique (allégeance)[1],[2]
Mouvance Terrorisme islamiste

L’attentat de la plage de Bondi est une fusillade de masse à caractère terroriste et antisémite[3] qui a lieu le à proximité de la plage de Bondi, à Sydney, en Australie, lors d'une célébration de Hanoucca organisée par le Chabad de Bondi au Bondi Beach Park Playground[4],[5]. L'attaque fait au moins 16 morts et plusieurs dizaines de blessés, soit la fusillade de masse la plus meurtrière en Australie depuis la tuerie de Port-Arthur en Tasmanie en 1996. Les premiers éléments de l'enquête semblent démontrer un attentat perpétré par deux personnes, un père et un fils, motivés par l'idéologie djihadiste et une allégeance à l'État islamique.

Contexte

Bondi Beach est l'une des stations balnéaires les plus populaires d'Australie et une attraction touristique réputée pour sa vie nocturne dans la banlieue est de Sydney. La fusillade se produit à un moment où les préoccupations en matière de sécurité sont vives en Australie en raison d'incidents violents et graves survenus récemment à Sydney, notamment les agressions au couteau de 2024 à Westfield Bondi Junction (en).

Certaines des victimes assistent à la célébration annuelle de Hanoukka à Bondi Beach et Dover Heights, organisée par un Chabad[6]. L'attentat se produit pendant la première nuit de Hanoukka, alors qu'un événement communautaire (« Chanukah by the Sea ») est prévu à proximité.

Attaque

Vidéo de surveillance des tireurs avant l'attentat.

Des vidéos de l'attaque montrent deux hommes d'origine indienne vêtus de noir tirant sur la foule, apparemment avec une carabine de chasse Beretta BRX1 et deux fusils semi-automatiques Stoeger Industries (en) M3000-M3K[7]. Les services d'urgence sont appelés sur les lieux vers 18 h 45 (heure de Sydney). La police de Nouvelle-Galles du Sud publie un communiqué à 18 h 57, confirmant qu'elle intervient sur les lieux et exhortant la population à éviter la zone.

L'un des terroristes est désarmé par un passant nommé Ahmed al Ahmed, un vendeur de fruits musulman d’origine syro-australienne, qui le ceinture et lui prend son arme avant de le mettre en joue après une courte lutte[8],[9],[10],[11],[12]. Le terroriste parvient à prendre la fuite tandis que l'autre terroriste, un peu plus loin sur le pont, blesse Ahmed al Ahmed au bras pour couvrir le terroriste désarmé. Ce dernier parvient à rejoindre son fils sur le pont où il s'équipe d'une nouvelle arme avant d'être abattu quelques minutes plus tard par la police[13],[14]. Son fils sera blessé par la police par la suite et interpellé, ce qui met fin à l'attaque.

Enquête

La police de Nouvelle-Galles du Sud procède à l'arrestation du tireur survivant[14]. Elle exhorte la population à éviter la zone tant que la situation reste incertaine. Les services d'urgence prennent en charge plusieurs blessés sur place, et les autorités poursuivent leur enquête sur les circonstances de la fusillade dans le cadre d'opérations de sécurité publique toujours en cours.

Un engin explosif improvisé est découvert par la police après la fin de la fusillade.

Timothy Brant-Coles, un touriste britannique témoin de la fusillade, raconte à l'AFP avoir vu « deux tireurs vêtus de noir et armés de fusils semi-automatiques » sur cette plage[15].

Victimes

Au moins quinze personnes sont tuées[16], plus l'un des tireurs, et au moins quarante sont blessées, dont au moins deux policiers[17],[18]. Une des victimes est française[19], ce qui enclenche une enquête par le parquet national antiterroriste français[20].

Alex Kleytman, 87 ans, né en 1938 en Ukraine, et Marika Pogány, 82 ans, née en Slovaquie en 1943 et immigrée en Australie en 1968, tous deux survivants de la Shoah et membres de la diaspora juive, font aussi partie des victimes[21],[22],[23].

Boris et Sofia Gurman, respectivement 69 et 61 ans, d'origine juive russe, sont également abattus après avoir désarmé l'un des terroristes[24].

Beaucoup de victimes sont d'ascendance européenne et ont immigré en Australie pour fuir les persécutions.

Terroristes

Le commissaire de la police de Nouvelle-Galles du Sud, Mal Lanyon (en), indique que deux tireurs ont agi. Il s'agit d'un père de famille, Sajid Akram, âgé de 50 ans, et de son fils Naveed, âgé de 24 ans. Le premier, ressortissant indien[25] entré en Australie en 1998 grâce à un visa étudiant et titulaire d’un permis de port d'armes, est tué par le policier Cesar Barraza[26], tandis que le second, né le en Australie, est grièvement blessé par balle[27],[28]. Vidéo à l'appui, la police affirme que les terroristes avaient récité un passage du Coran et fustigé les « sionistes », assis devant un drapeau de l'État islamique[29]. Le drapeau en question est retrouvé dans leur voiture, ce qui laisse penser à leur allégeance à cette organisation[20]. Les premiers éléments de l'enquête pointent une radicalisation islamiste et djihadiste des deux hommes, qui s’étaient rendus, quelques semaines avant la fusillade, sur l'île philippine de Mindanao[1], « qui était un théâtre d'opération pour l'État islamique très important », selon le journaliste français Wassim Nasr[30]. Ils y auraient participé à une « formation de type militaire » selon des sources antiterroristes, citées par le média australien ABC[1],[31]. « Est-ce que ce voyage a été pour s'entraîner […] ? Peut-être, mais peut-être pas aussi parce que l'entraînement sur les pump action […], il peut très bien se faire dans une zone reculée en Australie », nuance Wassim Nasr[30].

Réactions

Nationales

Le Premier ministre de la Nouvelle-Galles du Sud, Chris Minns, déclare que « les informations et les images provenant de Bondi ce soir sont profondément bouleversantes » et encourage la population à suivre les instructions de la police. Le Premier ministre australien Anthony Albanese qualifie la fusillade de « choquante et bouleversante » et déclare que « [ses] pensées vont à toutes les personnes touchées ». Le ministre de l'Intérieur, Tony Burke (en), a qualifié la fusillade d'« acte de violence effroyable »[17].

Le roi d'Australie, Charles III, déclare que la reine Camilla et lui sont « consternés et attristés par la plus terrible attaque terroriste antisémite contre le peuple juif »[32].

En réaction à la fusillade qui a visé un événement Chabad sur la plage, le PDG de l'Association juive australienne (en), Robert Gregory, déclare : « Il s'agit d'une attaque contre la communauté juive qui nous touche profondément en tant que communauté ». Le président de la Fédération sioniste d'Australie, Jeremy Leibler (en), rappelle dans le Jerusalem Post que 2 000 membres de la communauté juive s'étaient réunis pour célébrer et allumer la première bougie de Hanoukka et déclare : « Je tiens à être clair. Une attaque contre des Juifs célébrant leur foi est une attaque contre l'Australie elle-même. C'est une atteinte à nos valeurs, à notre cohésion sociale et au droit fondamental des personnes de se réunir sans crainte »[4].

Le Conseil national des imams australiens (en) condamne également la fusillade, déclarant que « c'est le moment pour tous les Australiens, y compris la communauté musulmane australienne, de s'unir dans la compassion et la solidarité, de rejeter la violence sous toutes ses formes et d'affirmer notre engagement commun en faveur de l'harmonie sociale et de la sécurité de tous les Australiens »[17].

Internationales

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou établit un lien entre l'attentat et la reconnaissance de la Palestine par l'Australie en . Le chef du gouvernement australien a déclaré qu’il « n’acceptait pas » ces critiques, estimant que l’heure était à l’unité pour les Australiens[33],[34].

Le président israélien Isaac Herzog adresse ses condoléances à la communauté juive et déclare : « Nous répétons sans cesse nos avertissements au gouvernement australien afin qu'il prenne des mesures et lutte contre la vague énorme d'antisémitisme qui sévit dans la société australienne (en) »[13]. « En ces instants précis, nos sœurs et frères de Sydney, en Australie, ont été victimes d'une attaque terroriste odieuse contre des juifs venus allumer la première bougie de Hanoucca sur la plage de Bondi »[35].

Le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon publie une déclaration dans laquelle il qualifie l'Australie et la Nouvelle-Zélande de « plus que des amis, nous sommes une famille ». Il déclare : « Je suis choqué par les scènes bouleversantes qui se sont déroulées à Bondi, un endroit que les Kiwis visitent tous les jours… Mes pensées, et celles de tous les Néo-Zélandais, vont aux personnes touchées »[36].

Ahmed al Ahmed, l'homme de 43 ans qui est intervenu et a désarmé l'un des assaillants, et a été blessé pendant l'attaque, fait l'objet d'une cagnotte en ligne qui rencontre un énorme succès, puisque le cap du million de dollars est franchi en moins de 24 h, et de deux millions de dollars en 48 heures[9],[37],[38],[12]. Il explique avoir voulu montrer sa reconnaissance à l’Australie qui l’a accueilli quand il a fui la Syrie[11]. Un site d’information fictif a délibérément manipulé l’identité d’Ahmed Al Ahmed pour le faire passer pour un certain Edward Crabtree, dans le but d’effacer sa religion musulmane et de servir une récupération politique. D’autres médias ont même contribué à le présenter comme un chrétien d’Orient, infox un temps relayée, notamment par Grok[39],[40],[10]. Anthony Albanese ainsi que Chris Minns lui rendent visite le à l’hôpital St George (en), où il est hospitalisé[41],[42].

Notes et références

  1. Isabelle Dellerba, « L’ombre de l’Etat islamique sur la fusillade de Sydney », Le Monde, no 25182,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  2. Baudoin Moucadel, « État islamique, visa étudiant… Ce que l'on sait des deux auteurs de l'attentat antisémite de Sydney », sur lejdd.fr, (consulté le ).
  3. (en) « 'Act of evil antisemitism': Terrorist incident declared after 12 killed in Bondi Beach shooting — as it happened », sur SBS News, .
  4. (en) Matt O'Sullivan, Emily Kaine, Perry Duffin et Riley Walter, « At least 12 dead in terror attack at Bondi Beach after mass shooting », The Sydney Morning Herald, (consulté le )
  5. (en) « Ten dead after Bondi Beach, Australia Hanukkah shooting | The Jerusalem Post », sur The Jerusalem Post | JPost.com, (consulté le ).
  6. (he) איתמר אייכנר (he), שילה פריד (he) et רועי רובינשטיין, « פיגוע נגד יהודים באוסטרליה: לפחות 9 נרצחו בחגיגות חנוכה ליד החוף בסידני », Ynet,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. (en) Thomas Spencer, « What type of weapons did the Bondi Beach attackers use? », BBC, (consulté le ).
  8. Luc Mathieu, « Attentat antisémite à Sydney : un commerçant d’origine syrienne, héros de l’Australie endeuillée », sur Libération, (consulté le ).
  9. Sacha Contempré, « Une cagnotte lancée pour le héros de l'attentat à Sydney rencontre un énorme succès: le cap du million de dollars a déjà été franchi en moins de 24 h », sur lavenir.net, (consulté le ).
  10. Jacques Pezet, « Attentat en Australie : comment un faux site d’information a tenté d’effacer le nom du héros Ahmed al-Ahmed (avec l’aide de Grok) », sur Libération, (consulté le ).
  11. « Le héros de Bondi Beach, un réfugié syrien se disant “redevable” vis-à-vis de l’Australie », sur Courrier international, (consulté le ).
  12. (fr-CA) Charlotte Graham-mclay, The Associated Press, « Tireur neutralisé: des millions de dollars promis à un Australien devenu un héros », sur L’actualité, (consulté le ).
  13. (en) « 10 killed in terror attack on Hanukkah celebration in Australia; gunmen neutralized », Ynetglobal,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. (en) « Breaking: Ten people, including one shooter, dead after Bondi Beach attack », ABC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. « Australie: au moins dix morts dans une fusillade sur la plage de Bondi à Sydney », sur rfi.fr, (consulté le ).
  16. « Qui sont les victimes de l’attaque terroriste de Hanoukka à Sydney ? », sur The Times of Israel, .
  17. (en) « Live: Police give update after 10 killed in Bondi Beach attack », ABC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. (en) Emily Kaine, « Bondi Beach shooting live updates: 10 people confirmed dead, two people in custody after dozens of shots fired at Chanukah by the Sea celebration », sur The Sydney Morning Herald, (consulté le ).
  19. Le Monde avec AFP, « Attentat en Australie : ce que l’on sait des victimes identifiées après l’attaque sur la plage de Bondi », sur Le Monde, .
  20. « DIRECT. Attentat antisémite en Australie : le Parquet national antiterroriste ouvre une enquête après la mort d'un Français », sur Franceinfo, (consulté le ).
  21. « Attentat en Australie : qui sont les victimes identifiées après l’attaque sur la plage de Bondi ? », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  22. Libération avec AFP, « Un Français, une fillette de 10 ans, un survivant de l’Holocauste, deux rabbins… Qui sont les victimes de l’attaque antisémite de Sydney ? », sur Libération, (consulté le ).
  23. Jeanne Durieux, « Un Français, deux rabbins, un survivant de la Shoah : qui sont les victimes de l’attaque antisémite à Sydney ? », sur Le Figaro, (consulté le ).
  24. Maxime Dubernet de Boscq, « Attentat de Sydney : en images, le couple qui a tenté d’arrêter un assaillant avant d’être tué », sur Le Figaro, (consulté le ).
  25. « Les auteurs de l'attentat de Sydney "motivés par l'idéologie" du groupe État islamique », sur France 24, (consulté le ).
  26. Hugo Martin, « Attentat de Sydney : "Il déteste le crime", on sait qui est le policier australien qui a tué l’un des terroristes avec un tir à 40 mètres de distance », L'Indépendant, (consulté le ).
  27. (en) Graham Readfearn, « Bondi beach mass shooting: what we know so far about the terrorist attack », The Guardian, (consulté le ).
  28. (en) Jatin Verma, « Australia police raid residence of Pakistan origin man suspected of Bondi Beach terror attack — Report », WION, (consulté le ).
  29. « Attentat antisémite de Sydney : les assaillants s'étaient entrainés en Australie et avaient dénoncé les "sionistes" dans une vidéo », sur Franceinfo, (consulté le ).
  30. « Derrière l'image : que devient le groupe État islamique en Syrie ? », France 24, (consulté le ).
  31. (en) Sean Rubinsztein-Dunlop, Olivia Caisley, Tim Swanston et Daryna Zadvirna, « Bondi terrorists travelled to Philippines for 'military-style training', security sources say », ABC News, (consulté le ).
  32. (en) Jessica Rawnsley, « UK events remember Bondi victims as police step up security in Jewish communities », sur BBC News, (consulté le ).
  33. « Albanese rejette le commentaire de Netanyahu liant la reconnaissance de la Palestine par l’Australie à la tuerie de Sydney », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le ).
  34. « Netanyahu a trouvé le responsable de l’attaque en Australie et il le cible sans ménagement », sur Le HuffPost, (consulté le ).
  35. « En Australie, une fusillade sur une plage de Sydney fait au moins dix morts, Israël dénonce une "attaque cruelle contre des juifs" », sur franceinfo.fr, (consulté le ).
  36. (en-GB) Nick Visser et Graham Readfearn, « Bondi beach shooting live updates: 10 people dead including one shooter after gunfire attack; another alleged shooter in critical condition », the Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le ).
  37. Cécile Marchant, « Ahmed al Ahmed, le héros de l’attentat de Sydney, en Australie, est un vendeur de fruits et père de deux enfants », sur La Voix du Nord, (consulté le ).
  38. « Attentat antisémite en Australie : plus de 2,2 millions de dollars récoltés pour le «héros» qui a désarmé l'un des assaillants », sur europe1.fr, (consulté le ).
  39. « Australie : après l'attentat de Bondi Beach, des intox sur l'identité d'un tireur et du sauveur », sur France 24, (consulté le ).
  40. Marie-Laure Mathot, « Ahmed al Ahmed ou Edward Crabtree : un faux site d’info créé de toutes pièces pour désinformer sur l’identité du 'héros' de Bondi Beach - RTBF Actus », sur RTBF, (consulté le ).
  41. (en) « Albanese visits Ahmed Al Ahmed as Bondi hero's first video message circulates », ABC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  42. Anaïs Gerbaud, « “C’est un héros” : qui est Ahmed Al-Ahmed, l’immigré syrien qui a désarmé l’un des terroristes à Sydney ? », sur lamontagne.fr, (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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