Auguste Véron

Auguste Véron
Auguste Véron
Le vice-amiral Véron, en 1883.

Naissance
Saint-Servan, France
Décès (à 81 ans)
8e arrondissement de Paris
Origine Français
Arme Marine
Grade Vice-amiral
Années de service 18351884
Commandement Division navale du littoral ouest
Division navale des mers de Chine et du Japon
Commandant en chef
Conflits Guerre de Crimée
Guerre du Mexique
Guerre franco-allemande de 1870
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Autres fonctions Préfet maritime de Rochefort
Sénateur d'Ille-et-Vilaine

Auguste-Joseph Véron, né le à Saint-Servan en Ille-et-Vilaine, mort le à Paris, est un vice-amiral et sénateur français.

Il participe notamment à la guerre de Crimée et à l'intervention française au Mexique où il se distingue par son action. Il devient plus tard contre-amiral commandant une division maritime, puis vice-amiral commandant en chef et préfet maritime.

Élu sénateur d'Ille-et-Vilaine, il s'oppose au gouvernement et cherche à promouvoir la construction navale par les arsenaux français ainsi que la flotte de pêche.

Biographie

Auguste-Joseph, usuellement Auguste, est le fils d'Étienne-Jacques Véron, entrepreneur des travaux publics, et d'Adèle Guibert de la Noe, fille de l'armateur Mathurin Guillaume Guibert de La Noe (1765-1824), maire de Saint-Servan. Auguste choisit de devenir officier de marine et entre à l'École navale en novembre 1835[1].

Jeune officier de marine

Il en sort en comme aspirant de 2e classe, et participe à l'exploration des côtes de l'Afrique occidentale en 1838-1839 par Édouard Bouët-Willaumez. Promu aspirant de 1re classe en , il rejoint la division du Brésil et de La Plata, et participe au blocus de Buenos-Aires. Il est ensuite aux Antilles, à Terre-Neuve puis en Algérie[1].

Nommé enseigne de vaisseau en , il croise dans les Antilles en 1843. Il devient en à Terre-Neuve le second du vapeur Flambeau, et se distingue dans plusieurs opérations de sauvetage. Il croise ensuite dans la Manche, est promu lieutenant de vaisseau en [1]. Il supervise en 1850 l'armement du Henri-IV à Cherbourg, puis prend part en au bombardement de la côte marocaine près de Salé[2].

Il épouse en 1853 la fille de l'amiral Charles Antoine Gabriel Guillois.

Guerre de Crimée et autres campagnes

Véron veille à la construction du Bretagne, ici au lancement, dont il est le second.

Dans le cadre de la Guerre de Crimée, Auguste Véron participe sur l’Austerlitz en 1854 à la campagne de la Baltique et à l'attaque de Bomarsund[2]. Nommé membre du Conseil des travaux maritimes en novembre, il est promu capitaine de frégate en . Nommé second du nouveau vaisseau Bretagne, réputé le plus grand vaisseau de l'époque, il en suit l'armement, avant d'aller en mer Noire pour la fin de la guerre[2].

Il prend le commandement de l’Artémise en . Basé en Islande, il effectue deux campagnes en 1857 et 1858 dans les mers nordiques ; il y moissonne beaucoup de renseignements hydrographiques pour le Dépôt des cartes et plans de la Marine. La qualité de ces renseignements lui vaut plusieurs félicitations officielles, et il intègre le Comité hydrographique en [2].

Second à partir de de la Normandie, frégate cuirassée d'un type nouveau avec une coque de fer, il en surveille l'armement à Cherbourg. Il commande ensuite le Corse en , dans les eaux du littoral nord[2].

Capitaine de vaisseau

Promu capitaine de vaisseau en , il prend en décembre suivant le commandement du Darien. Participant à l'Intervention française au Mexique, plus tard connue sous le nom de « Guerre du Mexique », il embarque à Oran 600 soldats sur son vaisseau et les transporte au Mexique. Il bloque les ports et la côte aux abords de Veracruz, puis prend part aux opérations terrestres, notamment à Bagdad et à Matamoros ; il est pour cela cité à l'ordre du jour[2].

Il commande en 1870 le cuirassé Magenta, ici à gauche.

Envoyé à La Havane, il y est chargé de l'Andromède pour le remorquer jusqu'à New-York. Il commande la station de Terre-Neuve à partir d'. L'année suivante, il est examinateur pour les capitaines au long cours et pour les maîtres au cabotage[2].

En 1869, il commande la division navale du littoral ouest et le Chamois. Au moment où débute la Guerre franco-allemande, en , il est nommé commandant du cuirassé Magenta. Il débarque le mois suivant et décline le commandement de la station de Tahiti, désirant combattre ; il n'obtient pas de poste au combat, et est nommé directeur du port militaire de Cherbourg. En 1871, il est envoyé à Londres comme attaché naval à l'ambassade de France[2],[3], en remplacement de Dumas-Vence.

Amiral

Contre-amiral le , Véron est major général à Rochefort en . Il commande ensuite la division navale des mers de Chine et du Japon, de à 1878, et explore les mers orientales pendant deux ans[2].

À partir de , il fait partie du Conseil d'Amirauté. Promu vice-amiral le , il est commandant en chef et Préfet maritime de Rochefort en . Il prend sa retraite en 1884[2],[3],[4].

Sénateur

Auguste Véron
Illustration.
L'amiral Véron, sénateur, vers 1890.
Fonctions
Sénateur français

(11 ans, 6 mois et 12 jours)
Réélection 5 janvier 1888
Circonscription Ille-et-Vilaine
Groupe politique Monarchiste
Biographie

L'amiral Véron est élu sénateur le , lors d'une élection partielle, présenté par les monarchistes d'Ille-et-Vilaine[3],[5]. Il siège à droite, critique le traité passé avec Madagascar, vote contre l'exclusion des princes, contre la nouvelle loi militaire, contre la restriction de la liberté de la presse, contre la procédure de Haute Cour de justice à l'encontre du général Boulanger[3].

Il est réélu au Sénat le [5],[6]. Ayant comparé la flotte française avec les autres, il insiste sur la nécessité de lancer la construction de plusieurs cuirassés, et préconise, en vain, d'utiliser la compétence des arsenaux militaires plutôt que les entreprises privées. Il défend aussi la flotte de pêche, et ne vote qu'avec réserves l'arrangement de 1891 entre la France et l'Angleterre à propos des pêcheries de Terre-Neuve[7].

Battu au renouvellement de 1897, il meurt en 1901, retiré de la vie publique. Il est grand officier de la Légion d'honneur[7].

Distinctions

Notes et références

  1. Taillemite 2002, p. 527.
  2. Taillemite 2002, p. 528.
  3. « Véron (Auguste-Joseph) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition], tome V, p. 509.
  4. « Cote LH/2701/2 », base Léonore, ministère français de la Culture.
  5. Bertrand 1894, p. 188-189.
  6. Site du Sénat, « Véron Auguste, ancien sénateur d'Ille-et-Vilaine ».
  7. « Véron (Auguste, Joseph) », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 .

Bibliographie

  • « Véron (Auguste-Joseph) », dans Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Paris, éditions Tallandier, (1re éd. 1982), 573 p. (ISBN 978-2-84734-008-2), p. 527-528.
  • « Véron (Auguste-Joseph) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition], tome V, p. 509.
  • « Véron (Auguste, Joseph) », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 .
  • « Véron (Auguste Joseph) », dans Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains…, 6e édition, Paris, Hachette, 1893, p. 1558-1559 [lire en ligne].
  • « Véron (Auguste-Joseph) », dans Alphonse Bertrand, Le Sénat de 1894 : biographies des 300 sénateurs, Paris, (lire en ligne), p. 188-189.
  • Geneviève Salkin-Laparra, « Marins et diplomates : les attachés navals, 1860-1914 », SHM, Vincennes, 1990.

Liens externes

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