Aurelianus (monnaie)
L’ aurelianus (pluriel : aureliani), parfois appelé antoninien réformé ou néo-antoninien est une monnaie de bronze argentée introduite dans l'Empire romain vers 274, lors de la réforme monétaire de l’empereur Aurélien.
Dénomination
L’aurelianus est ainsi nommé en souvenir d’Aurélien, et ce terme est attesté dans l’Histoire Auguste « argenteos aurelianos mille » (« mille pièces d’argent auréliennes »)[1].
Histoire
Après avoir repris le contrôle complet de l’Empire, Aurélien s’applique a remettre en état le système monétaire romain, inondé par des millions d’antoniniens, doubles deniers dévalués, devenus une monnaie de billon titrant moins de 2,5 % d’argent[2]. Pour donner un coup d’arrêt à la dépréciation monétaire continue, il fait émettre en quantité moindre de nouvelles pièces, d’une qualité supérieure et contrôlée[3],[4].
La production d'aureliani se fait dans huit ateliers monétaires : Lugdunum (Lyon), Rome, Ticinum (Pavie) qui remplace l'atelier de Milan, Siscia, Serdica, Cyzique, Antioche et Tripolis de Syrie[3]. D'après Zosime[5], la mise en circulation des aureliani s'accompagne du retrait des antoninens dévalués, échange qui se fait selon une parité inconnue[3].
L'émission des aureliani se poursuit sous les successeurs d'Aurelien, jusqu'à la réforme monétaire suivante, menée par Dioclétien en 294[6].
Description
La nouvelle monnaie affiche au droit le buste de l’empereur radié. Elle est plus grande et plus lourde que l’antoninien, avec un diamètre entre 21 mm et 23 mm, pour 3,9 g environ soit 1/80[7] ou 1/84 de livre[8]. Elle est fabriquée sur des flans parfaitement ronds et d'épaisseur régulière, avec un cercle perlé bordant le flan[9]. Le métal est en cuivre, argenté avant la frappe, donnant un titre d’environ 5 % d’argent[2]. Ces flans larges offrent une bonne surface pour la figuration du buste impérial et pour la propagande impériale.
La nouvauté de cette monnaie est précisée par le revers qui porte à l’exergue la marque caractéristique XXI, XX.I ou XX I dans les émissions des ateliers de la partie occidentale de l’Empire, à l'exception des émissions des ateliers de Lyon et Trèves, dépourvues de marque, et KA ou K A dans la partie orientale[9]. L'interprétation de cette marque a donné lieu de multiples hypothèses[10]. Reprenant la lecture du I proposée en 1955 par le numismate Friedrich Ehrendorfer comme étant l'indication de l'as, Jean Lafaurie conclut dans une longue démonstration que l'indication XX.I signifirait une valeur de 20 as pour l'aurelianus, soit un denier et un quart (un denier = 16 as)[11]. Une interprétation différente, plus récente, considère que XX I correspond aux proportions respectives et garanties de cuivre et d’argent, soit 20 parties de cuivre pour une d'argent, soit le titre de 5 % d’argent[7],[12].
- Aureliani
-
Avers : buste radié d'Aurélien -
Revers : marque d'atelier et marque XXI -
Aurelianus de Probus.
Multiple et sous-multiple
Un double aurelianus est émis sous Tacite et sous Carus, portant la marque en exergue au revers XI ou X ET I en occident et IA dans la zone grecque, indiquant 10 parts de cuivre pour une d'argent, soit un titre double de l'antoninien courant[7],[12].
Une monnaie divisionnaire de l'aurelianus, moins lourde (2,5 g) et argentée à 2 %, est émise occasionnellement à Rome, à l'effigie d'Aurélien ou de son épouse Ulpia Severina[13]. Elle porte la marque VSV que les numismatiques lisent USU(alis) (« usuel »), sans certitude[3],[12]
Notes et références
- ↑ Histoire Auguste, ‘’Vie de Probus’’, 4,5.
- Hiérnard 1997, p. 83-84.
- Hiérnard 1997, p. 85.
- ↑ Depeyrot 2006, p. 153-154.
- ↑ Zosime, I, 61.
- ↑ Hiérnard 1997, p. 86.
- Hiérnard 1997, p. 84.
- ↑ Depeyrot 2006, p. 153.
- Lafaurie 1975, p. 83.
- ↑ Lafaurie 1975, p. 83-84.
- ↑ Lafaurie 1975, p. 84 à 93.
- Depeyrot 2006, p. 154.
- ↑ Lafaurie 1975, p. 95-96.
Bibliographie
- Georges Depeyrot, La monnaie romaine : 211 av. J.-C. - 476 apr. J.-C., Paris, Éditions Errance, , 212 p. (ISBN 2-87772-330-5)
- Jean Hiérnard, « Une source de l'histoire romaine : la monnaie impériale de Septime Sévère à Constantin : L’empire Romain de 192 à 325 », Pallas, Hors-série, , p. 79-125 (lire en ligne).
- Jean Lafaurie, « Réformes monétaires d'Aurélien et de Dioclétien », Revue numismatique, 6e série, t. 17, , p. 73-138 (lire en ligne).
- Jérémie Chameroy. "Réformes monétaires tardo-romaines à la lumière des dépôts enfouis en Gaule (c. 274-c. 310)." Produktion und Recyceln von Münzen in der Spätantike / Produire et recycler la monnaie au Bas-Empire. 1. Internationales Numismatikertreffen, 2014, p.48-49
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