Autoportrait en chimère
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| Artiste | |
|---|---|
| Date |
XIXe siècle |
| Type | |
| Dimensions (H × L) |
32 × 34,5 cm |
| No d’inventaire |
S3375 |
| Localisation | |
| Inscription |
3343 |
Autoportrait en chimère est une sculpture en ronde-bosse réalisée en 1880 par l’artiste française Sarah Bernhardt, principalement connue comme actrice mais également active comme sculptrice. L’œuvre, conçue comme un encrier, constitue un autoportrait symbolique et zoomorphe. Il en existe plusieurs versions, en plâtre et en bronze, conservées dans des collections publiques et privées.
Description
La sculpture a la forme d’une chimère ayant une posture de sphinx. La créature combine plusieurs attributs hybrides : des ailes de chauve-souris, une queue de sirène et des griffes léonines.
Entre les pattes antérieures est disposé un bénitier faisant office d’encrier, dans lequel repose une tête de mort. De part et d’autre du corps apparaissent des visages, tandis que la tête présente des traits humains, identifiés comme ceux de Sarah Bernhardt elle-même. Cette association du monstrueux, du symbolique et de l’autoportrait confère à l’œuvre une forte charge expressive et allégorique.
Conçu comme un objet utilitaire, l’Autoportrait en chimère est un encrier complet, parfois accompagné de son couvercle, composé de deux livres superposés. Cette fonction domestique contraste avec l’aspect inquiétant et fantastique de la sculpture, accentuant son caractère singulier.
Différentes versions et localisations
Plusieurs versions de l’Autoportrait en chimère sont connues, réalisées en différents matériaux et conservées dans des institutions publiques ou des collections privées.
- Une version en plâtre teinté est conservée au musée Carnavalet à Paris. Elle mesure 32 cm de hauteur, 34,5 cm de largeur et 27 cm de profondeur. Cette épreuve compte parmi les plus connues et figure régulièrement dans les études consacrées à l’œuvre sculptée de Sarah Bernhardt[1].
- Un autre exemplaire en bronze est conservé au musée intercommunal d'Étampes. De dimensions plus réduites (8 × 19 × 9,5 cm 8 × 10 × 9,5 cm), il témoigne de l’existence de tirages de petit format[2].
- Une épreuve en bronze ciselé à patine brune, signée et datée « 1880 » sur la terrasse, porte le cachet du fondeur « Thiébaut frères – Fondeurs – Paris ». Mesurant 30 × 30,5 × 34 cm, cette version, conservée dans une collection particulière, est un encrier complet accompagné de son couvercle composé de deux livres superposés.
- Une version en bronze est au musée des Beaux-Arts de Virginie et mesure 33,97 × 32,07 cm[3].
- D’autres exemplaires sont signalés dans des collections institutionnelles, notamment au musée des beaux-arts de Boston, acquis grâce au Helen et Alice Colburn Fund, ainsi qu’au musée des beaux-arts de Montréal[4].
- Un exemplaire historiquement documenté a appartenu à la reine Mary d’Angleterre. L’encrier aurait été offert à Édouard VII, alors prince de Galles, probablement à l’époque de sa production, vers 1880. Le prince l’exposa dans son bureau de sa résidence londonienne de Marlborough House[5].
Réception critique
Lors de sa création, l’œuvre troubla une grande partie de la critique, déconcertée par sa singularité formelle et morale, jugée peu conforme aux attentes d’un public académique et bien‑pensant. L’écrivain Émile Zola fit figure d’exception en prenant publiquement la défense de l’œuvre[6],[7]. Avec le recul, l’histoire de l’art a reconsidéré l’Autoportrait en chimère comme un chef‑d’œuvre de Sarah Bernhardt et une œuvre emblématique de la sculpture symboliste de la fin du XIXe siècle.
Place dans l’œuvre de Sarah Bernhardt

Cette sculpture se distingue nettement des productions plus académiques de l’artiste, telles que ses allégories (La Musique, Le Casino de Monte‑Carlo), ses sujets de genre (Après l’orage – Une paysanne bretonne portant son fils foudroyé) ou encore ses portraits de proches et d’amis. L’Autoportrait en chimère ne répond à aucune commande officielle. Il manifeste la volonté de Sarah Bernhardt de se représenter elle‑même sous une forme volontairement hors norme, confirmant son goût pour la provocation, le scandale et les identités multiples.
Sarah Bernhardt était réputée pour incarner des rôles controversés et transgressifs. L’œuvre a pu être inspirée par son interprétation dans la pièce Le Sphinx en 1874. Elle peut également être comprise comme une métaphore de sa capacité de métamorphose, sur scène comme dans la vie, et de son identité artistique protéiforme. L’Autoportrait en chimère témoigne ainsi de l’univers fantasque de l’actrice‑sculptrice et de sa volonté de brouiller les frontières entre l’humain, le monstrueux et le symbolique.
Notes et références
- ↑ https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carnavalet/oeuvres/autoportrait-en-chimere#infos-secondaires-suggestions-meme-siecle
- ↑ https://www.latribunedelart.com/spip.php?page=docbig&id_document=61986&id_article=10821
- ↑ https://www.vmfa.museum/artworks/self-portrait-as-a-sphinx-67583
- ↑ https://www.mbam.qc.ca/fr/oeuvres/78525/
- ↑ https://www.rct.uk/collection/stories/women-artists/autoportrait-en-chimere
- ↑ https://www.drouot-estimations.com/lot/91032/8698970-sarah-bernhardt-1844-1923-autoportrait-en-chimere-encrier
- ↑ https://www.gazette-drouot.com/article/monstre-sacre/4186
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