Ayachi Hammami
| Ayachi Hammami العياشي الهمامي | |
Ayachi Hammami dans son cabinet en 2023. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ministre tunisien chargé des Droits de l'homme et de la Relation avec les instances constitutionnelles et la Société civile | |
| – (6 mois et 6 jours) |
|
| Président | Kaïs Saïed |
| Chef du gouvernement | Elyes Fakhfakh |
| Gouvernement | Fakhfakh |
| Prédécesseur | Mohamed Fadhel Mahfoudh (indirectement) |
| Successeur | Thouraya Jeribi Khémiri |
| Biographie | |
| Date de naissance | (66-67 ans) |
| Nationalité | tunisienne |
| Parti politique | Indépendant |
| Profession | Avocat |
Ayachi Hammami (arabe : العياشي الهمامي), né en [1], est un avocat et homme politique tunisien. Il est ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Droits de l'homme et de la Relation avec les instances constitutionnelles et la Société civile en 2020.
Biographie
Débuts militants et parcours professionnel
Ayachi Hammami commence sa carrière dans l'enseignement. Toutefois, son engagement syndical et politique lui valent un renvoi de l'éducation nationale[2]. Il se reconvertit ensuite dans le droit[2]. Titulaire d'un diplôme d'études approfondies en droit international, Ayachi Hammami est avocat à la Cour de cassation.
Défense des droits humains sous la présidence Ben Ali
Sous la présidence de Zine el-Abidine Ben Ali, Hammami défend des victimes de violations des droits humains, des prisonniers politiques ainsi que des syndicalistes. En , à la suite de l'arrestation de l'avocat Mohamed Abbou en raison d'un article critique qu'il avait publié[3], Ayachi Hammami initie un sit-in de dix avocats qui dure près de deux mois au siège de l'Ordre national des avocats[4].
Quelques mois plus tard, à l'approche du Sommet mondial sur la société de l'information (organisé à Tunis en ), Ayachi Hammami ouvre son cabinet à sept autres militants pour une grève de la faim d'un mois. Cette action, largement médiatisée, conduit à la création du Collectif du 18-Octobre pour les droits et les libertés[5].
Il est par ailleurs membre du comité directeur de la Ligue tunisienne des droits de l'homme et du bureau exécutif d'EuroMed Droits[1].
Il subit des formes continues de représailles[6] et d'intimidation[7] en raison de son engagement militant.
Après la révolution de 2011
Suite à la révolution de 2011, Hammami siège à la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique[1].
En 2019, son nom est proposé par le Front populaire pour être l'un des futurs membres de la nouvelle Cour constitutionnelle. Cependant, sa candidature fait face à une opposition farouche, la présence de son nom provoquant même un blocage dans la mise en place de la cour d'après des députés de l'opposition[1].
Ministre chargé des Droits de l'homme (2020)
Le , il est nommé ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Droits de l'homme et de la Relation avec les instances constitutionnelles et la Société civile.
Activités après 2021
En , il est poursuivi par la ministre de la Justice Leïla Jaffel en vertu du décret-loi 54 pour « diffusion de fausses rumeurs dans le but de porter atteinte aux droits d'autrui et de porter préjudice à la sûreté publique » et « d'attribution de données infondées visant à diffamer les autres » ; il avait imputé à la justice la responsabilité de ce qu'il a qualifié de « second carnage » perpétré à l'encontre de 57 juges que le président Kaïs Saïed avait révoqués pour corruption et malversations, accusant la ministre d'avoir « commis une infraction de non-exécution des décisions de justice »[8],[9]. En de la même année, il est ajouté à la liste des suspects dans l'affaire du complot contre la sûreté de l'État, dans laquelle il a initialement servi d'avocat de la défense pour des figures de l'opposition détenues à partir de de la même année[10].
Il est condamné en appel le à cinq ans de prison après une condamnation à huit ans prononcée en première instance ; il est arrêté le [11]. Il entame dès son arrestation une grève de la faim pour « faire de sa cellule en un lieu de résistance »[2]. Il y met fin après 43 jours, le [12].
Références
- « Qui est Ayachi Hammami pressenti au poste de ministre chargé des droits de l'homme », sur leconomistemaghrebin.com, (consulté le ).
- Monia Ben Hamadi, « En Tunisie, l'avocat Ayachi Hammami en grève de la faim depuis quarante jours », Le Monde, (ISSN 0395-2037, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Le procès d'un avocat met le régime sur la sellette », sur Nawaat, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie : campagne d'intimidation contre les avocats », sur Organisation mondiale contre la torture, (consulté le ).
- ↑ « Mouvement du 18 octobre 2005, dix ans après, les grévistes témoignent », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).
- ↑ « Acte criminel à l'encontre de M. Ayachi Hammami - TUN 003 / 0807 / OBS 107 », sur Fédération internationale pour les droits humains, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie : agression de M. Ayachi Hammami, M. Abderraouf Ayadi, et M. Abderrazak Kilani », sur Organisation mondiale contre la torture, (consulté le ).
- ↑ Frida Dahmani, « L'avocat tunisien Ayachi Hammami poursuivi pour avoir critiqué la justice », Jeune Afrique, (ISSN 1950-1285, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Avocats et représentants de partis politiques manifestent leur solidarité avec Ayachi Hammami », sur espacemanager.com, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie : les autorités ajoutent des avocat·e·s défenseurs des droits humains à l'affaire du «complot» montée de toutes pièces », sur Amnesty International, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie : le célèbre opposant et avocat Ayachi Hammami arrêté », sur France 24, (consulté le ).
- ↑ « Ayachi Hammami met fin à sa grève de la faim, entamée il y a 43 jours », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).
Liens externes
- (en + ar) « Free Ayachi », sur freeayachi.net (consulté le ).
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