Azilum (Pennsylvanie)
Azilum, ou l'Asile français (en anglais : French Azilum) était une colonie planifiée construite en 1793 dans le comté de Bradford, en Pennsylvanie pour les réfugiés français fuyant la Révolution française et les révoltes d'esclaves à Saint-Domingue. Plusieurs Philadelphiens influents, dont Stephen Girard, Robert Morris et John Nicholson, contrôleur général de Pennsylvanie, étaient favorables aux exilés et y voyaient également une opportunité de profit financier[1],[2].
Histoire
En 1793, ceux-ci ont contribué à l'achat de 1 600 acres (6 km2) de terres dans le nord-est de la Pennsylvanie, qui étaient alors une zone sauvage. Une superficie de 300 acres (1,214056926 km2) a ainsi été aménagée en plan d'urbanisme comprenant un 2 acres (8 093,71284 m2). La place du marché, un quadrillage de larges rues et 413 lots d'environ d'un demi-acre chacun fut aménagés. Également, des maisons en rondins y furent construites. Un petit nombre d'exilés arrivèrent cet à l'automne. Certains étaient royalistes, fidèles au roi Louis XVI, guillotiné en janvier 1793, et fuyant ainsi l'emprisonnement ainsi qu'une mort possible durant la Révolution française. D'autres venaient de la colonie française de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), où des révoltes d'esclaves avaient éclaté en 1791, inspirées par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Selon la légende, Marie-Antoinette (qui conserva son titre de reine de France jusqu'à son exécution par guillotine en octobre 1793) et ses deux enfants survivants devaient s'y installer. Plusieurs petites boutiques, une école, une chapelle et un théâtre apparurent sur la place du marché. Un moulin à grains, une forge et une distillerie furent construits, on y éleva du bétail et des moutons, et des arbres fruitiers et des jardins furent plantés[3].
Le plus grand bâtiment de la colonie, la « Grande Maison », une structure en rondins à deux étages, mesurait 84 pieds (26 m) de long et 60 pieds (18 m) de large. Selon des rumeurs non confirmées, elle aurait été destinée à la Reine. D'importantes réceptions y furent organisées, et Talleyrand (qui vécut aux États-Unis de 1794 à 1796) et Louis-Philippe (qui visita la Pennsylvanie en 1797 et devint plus tard roi des Français de 1830 à 1848) y furent reçus.
La cour française, quasi-aristocratique, ne dura pas. À la fin des années 1790, après la faillite de Morris et Nicholson et la raréfaction des financements français, de nombreux exilés s'installèrent dans des villes du Sud, notamment Charleston, Savannah et La Nouvelle-Orléans. Certains retournèrent à Saint-Domingue, et après que Napoléon (au pouvoir depuis 1799) eut autorisé leur retour en France, beaucoup le firent. Les familles Laporte, Homet, Lefèvre, Brévost[4], Carnevillier[4], Régnier[4], et d'Autremont restèrent en Pennsylvanie et s'établirent dans les communautés locales. En 1803, Azilum avait disparu de l'histoire.
Organisation actuelle
Il ne reste plus aucune des plus de 50 structures d'Azilum. Les maisons et les jardins ont été intégrés à de plus vastes étendues de terres agricoles.
La maison Laporte, construite en 1836 par le fils d'un des fondateurs de la colonie, présente des plafonds et un décor intérieur délicatement peints, témoignant de l'influence française. Elle abrite aujourd'hui un musée. Les fondations d'origine sont visibles au public, et une cabane en rondins, reconstruite et déplacée à partir d'une cabane datant d'environ 1790, fait également office de petit musée. Des visites guidées de la maison Laporte sont organisées en saison, ainsi qu'un parcours libre sur un domaine de plus de 20 acres (80 937,1284 m2) de la colonie d'origine, y compris plusieurs dépendances de la ferme Laporte.
Azilum est aujourd'hui géré par French Azilum, Inc., une société à but non lucratif fondée en 1954, et est administré par la Pennsylvania Historical and Museum Commission (PHMC)[5].
Galerie de photos
Voir aussi
Notes et références
- ↑ Frances Sergeant Childs, French Refugee Life In The United States 1790-1800 An American Chapter Of The French Revolution, Baltimore, The Johns Hopkins Press, (lire en ligne)
- ↑ « Azilum : l'eldorado de la bourgeoisie française en Pennsylvanie | OHdio | Radio-Canada », sur ici.radio-canada.ca (consulté le )
- ↑ « Azilum : l'eldorado de la bourgeoisie française en Pennsylvanie | OHdio | Radio-Canada », sur ici.radio-canada.ca (consulté le )
- Mary Johnson, « Madame Rivardi's Seminary in the Gothic Mansion », The Pennsylvania Magazine of History and Biography, vol. 104, no 1, , p. 3–38 (ISSN 0031-4587, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Wilkinson, « A French Asylum on the Susquehanna River », archive.org, Pennsylvania Historical and Museum Commission, (consulté le )
Liens externes
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