Azzédine Taïbi

Azzédine Taïbi
Illustration.
Azzédine Taïbi (droite) avec Michel Fourcade (gauche) pour l'inauguration d'un pont.
Fonctions
Maire de Stains
En fonction depuis le
(12 ans, 1 mois et 22 jours)
Élection 30 mars 2014
Réélection 15 mars 2020

22 mars 2026

Prédécesseur Michel Beaumale
Conseiller départemental de la Seine-Saint-Denis
En fonction depuis le
(11 ans, 1 mois et 20 jours)
Élection 29 mars 2015
Réélection 27 juin 2021
Circonscription Saint-Denis-2
Prédécesseur Canton créé
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
Nationalité Française
Parti politique PCF (jusqu'en 2022)

Azzédine Taïbi, né le à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique français, membre du Parti communiste français (PCF) jusqu'en 2022.

Depuis 2014, il est maire de Stains.

Biographie

Origines et jeunesse

Azzédine Taïbi est fils d'immigrés algériens de Kabylie[1]. Il débute sa vie professionnelle comme animateur à Stains, d’abord dans un centre de vacances et de loisirs, puis au sein d’une structure jeunesse paramunicipale[1].

Parcours politique

Son engagement politique commence très tôt, notamment à travers la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Quatre ans plus tard, il participe à la « marche des Beurs »[1].

Par la suite, il se positionne en faveur de la solidarité avec la Palestine, un combat qui l'anime depuis son plus jeune âge. Cet engagement s'inscrit dans la continuité pour dénoncer l'apartheid en Afrique du Sud et pour la libération des prisonniers politiques de l'African National Congress (ANC), dont le leader était Nelson Mandela[1].

Il s'engage en politique avec l'objectif « de changer les choses »[2].

Membre du Parti communiste français (PCF), il devient conseiller municipal en 1989 puis adjoint au maire à la jeunesse et aux sports en 1995[2]. Il est élu conseiller général du canton de Stains en 2001, puis réélu en 2008[3]. Alors adjoint au maire de Stains et suppléant de la députée Marie-George Buffet, de 2007 à 2012, il devient, en 2008, vice-président du conseil général chargé du sport, de la jeunesse et de l'éducation populaire, puis, en 2011, conseiller départemental délégué aux sports et au développement des services publics départementaux.

En , il est élu maire de Stains[1], premier maire descendant de l'immigration maghrébine, à diriger une ville de plus de 30 000 habitants[1]. En , il fonde le collectif de maires de Seine-Saint-Denis "Les Plumés de l'Austérité" et se met symboliquement en grève le en fermant les services municipaux pour dénoncer « la cure d'austérité que l'État impose aux collectivités ». En , il est réélu conseiller départemental sur canton de Saint-Denis-2, nouvellement créé, en duo avec Silvia Capanema[4].

Engagé de longue date pour faire du droit au logement un droit universel, depuis 2017, il signe avec d'autres maires de Seine-Saint-Denis des arrêtés interdisant les expulsions locatives sans relogement[5].

En 2019, il affiche son soutien au mouvement des Gilets jaunes[6]. En , il porte plainte contre l'État pour « rupture d'égalité », avec les maires d'Aubervilliers, Bondy, L'Île-Saint-Denis et Saint-Denis, après la publication en mai de l'année précédente du rapport parlementaire des députés François Cornut-Gentille (LR) et Rodrigue Kokouendo (LREM), sur les insuffisances de l'action de l'État en Seine-Saint-Denis[7].

Au printemps 2020, il est réélu maire de Stains dès le premier tour avec 57,89 % des voix[8],[9].Durant l'été 2020, à la suite du meurtre de George Floyd par les forces de police américaines et dans le cadre du mouvement Black Lives Matter, il inaugure, Assa Traoré[10] une fresque représentant Adama Traoré et George Floyd pour dénoncer les violences policières. Cette dernière sera rapidement dégradée[11].

En , il est réélu conseiller départemental du canton de Saint-Denis-2 toujours en duo avec la candidate LFI Silvia Capanema[12].

Au second tour des élections législatives de 2022 de la 4e circonscription, il retire sa candidature après être arrivé en deuxième position derrière Soumya Bourouaha et sa suppléante la députée PCF sortante Marie-George Buffet, dénonçant un « hold-up électoral » orchestré par son parti, le PCF, qu'il quitte[13].

En , après l'intrusion de militants de l'Action française, munis de mégaphones et de fumigènes et proférant des propos à caractère raciste et violents dans l'hôtel de ville, il demande la dissolution de ce groupuscule d'extrême droite[14].

Polémiques

En 2018, il est convoqué au tribunal pour avoir affiché des banderoles sur sa mairie en soutien à Marwan Barghouti et à Salah Hamouri[15], auquel il offre la médaille de citoyen d'honneur de sa ville[16]. L'Humanité accuse alors le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), à l'origine de la plainte, d'être une officine sioniste, à la manière de la Ligue de défense juive[17].

Par ailleurs, la ville est jumelée depuis 1999 avec un camp de réfugiés palestiniens.

En , il est critiqué par le Printemps républicain pour avoir arboré un drapeau palestinien dans son bureau[18], et par plusieurs figures d'extrême droite — Éric Zemmour, Gilles-William Goldnadel, Damien Rieu ou Gilbert Collard — pour avoir autorisé la pose d'une plaque de rue temporaire au nom d'une des femmes du prophète Mahomet, dans le cadre d'un projet social mené par l'une des Maisons Pour Tous de la ville[19].

Affaires

Plainte d'un collaborateur

En 2023, le parquet de Bobigny ouvre une enquête préliminaire contre lui pour agression sexuelle[20],[21].

Un salarié de la mairie porte plainte pour harcèlement sexuel et attouchements[20]. Accompagnant le maire dans un hammam, Taïbi lui aurait demandé d'étaler du savon sur le dos et sur « le sexe » avant de lui faire remarquer qu’il avait de « belle fesses »[20]. Il explique avoir reçu plusieurs visites inopinées du maire, muni de « croissants », dans sa chambre mise à disposition par la municipalité[21].

Faisant observer que ce salarié « fait l’objet d'un licenciement », Taïbi conteste ses allégations et entend porter plainte en diffamation contre cette personne et contre Le Parisien pour avoir publié ces accusations sans vérification préalable[22].

Références

  1. France 3 Paris (photogr. Martin Bureau), « Azzédine Taïbi, 1er maire "beur" des banlieues de Seine-Saint-Denis », sur France 3 Paris Île-de-France, (consulté le ) : « Il a défilé à Paris pour la "marche de Beurs". Trente ans après, Azzédine Taïbi enfile samedi l'écharpe tricolore, à Stains, premier maire issu de l'immigration maghrébine en Seine-Saint-Denis et symbole pour les banlieues. »
  2. Rachid Laïrèche, « À Stains, le maire PCF a la "victoire collective" », sur liberation.fr, (consulté le ).
  3. ↑ Résultats des élections cantonales.
  4. ↑ « SEINE SAINT-DENIS (93) - canton de Saint-Denis-2 (17) », sur interieur.gouv.fr, (consulté le ).
  5. ↑ Aurélien Soucheyre, « Azzedine Taïbi : « Contre les expulsions, nous voulons prendre la loi au mot » », sur humanite.fr, (consulté le ).
  6. ↑ « Azzédine Taïbi : "En Seine-Saint-Denis, ça fait longtemps qu’on porte le gilet jaune" », sur L'Humanité, (consulté le ).
  7. ↑ Rachid Laïrèche et Sylvain Mouillard, « Seine-Saint-Denis : les élus au bout du boulot », sur liberation.fr, (consulté le ).
  8. ↑ Maelis Dolbois, « Municipales 2020 en Seine-Saint-Denis : qui est élu maire, qui est au second tour ? Tous les résultats », sur actu.fr, (consulté le ).
  9. ↑ « Résultats des élections municipales et communautaires 2020 », sur interieur.gouv.fr, (consulté le ).
  10. ↑ Quentin Girard (photogr. Fédéric Stucin), « Azzedine Taïbi, l’âge mur », sur Libération, (consulté le ).
  11. ↑ C. G., « Stains : la fresque contre le racisme et les violences policières remise en état », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  12. ↑ « Seine-Saint-Denis (93) - canton de Saint-Denis-2 (9317) », sur interieur.gouv.fr, (consulté le ).
  13. ↑ Hajera Mohammad, « Législatives en Seine-Saint-Denis : Azzédine Taïbi se retire du second tour et quitte le Parti communiste », sur France Bleu, (consulté le ).
  14. ↑ Agence France-Presse, « Le maire ex-PCF de Stains Azzédine Taïbi demande la dissolution de l'Action française », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  15. ↑ « Hamouri citoyen d’honneur », sur L'Humanité, (consulté le ).
  16. ↑ « Israël-palestine. Engagé pour la paix, un maire convoqué au tribunal », sur L'Humanité, (consulté le ).
  17. ↑ « Azzédine Taïbi, maire de Stains, attaqué par une organisation sioniste », sur L'Humanité, (consulté le ).
  18. ↑ Voir sur i24news.tv.
  19. ↑ Alexandre Arlot, « Une rue de Stains du nom d’une femme de Mahomet ? Le maire balaie la controverse », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  20. Jean-Michel Décugis et Pierre Maurer, Massage au hammam, intrusions, caresses... Le maire de Stains accusé de harcèlement sexuel et agression, leparisien.fr, 14 avril 2023.
  21. sexuelle-enquete-ouverte-contre-maire-stains-azzedine-taibi Enquête ouverte contre le maire de Stains Azzédine Taïbi, accusé d’agression sexuelle, 20minutes.fr, 14/04/2023.
  22. ↑ « Le maire de Stains Azzédine Taïbi « conteste avec force » l'accusation d'agression sexuelle », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
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