Bébés noirs
L'expression « bébés noirs » désigne, en république du Congo, des jeunes garçons âgés entre 13 et 25 ans[1], munis d'armes blanches (en particulier de machette) qui violent, mutilent et tuent, extorquent les populations[2]. Désœuvrés et déscolarisés pour la plupart, ces jeunes provoquent une grande inquiétude au sein des populations des grandes agglomérations de la république du Congo[3],[4]. Ils agissent toujours en bande organisée. Ils ont été qualifiés de terroristes par André Ngakala Oko, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Brazzaville[5].
Ce phénomène aurait commencé en 2014 à la suite de l'opération Mbata ya bakolo qui a permis d'expulser les ressortissants sans papier de la république démocratique du Congo voisine[6].
Opérations de la DGSP contre les bébés noirs
En , des éléments de la Direction Générale de la Sécurité Présidentielle (DGSP) et de la Garde républicaine (GR) sont déployés afin d'éradiquer les bébés noirs. Bien que saluée par une partie de la population, qui y voit une réponse nécessaire pour le rétablissement de la sécurité[7],[8], cette opération a suscité la polémique.
Sur les réseaux sociaux, en particulier sur TikTok, des images et vidéos circulent montrant des exécutions sommaires en pleine rue de jeunes soupçonnés d'appartenir à des gangs de bébés noirs. Ils sont abattus d'une balle dans la tête et leurs dépouilles laissées dans les rues, dans une marre de sang[9]. Plusieurs ONG dénoncent des exécutions extra-judiciaires et des violations graves des droits humains[9],[8]. Interrogé par les journalistes, le président de la République Denis Sassou-Nguesso assume les opérations[10]. Pour répondre aux critiques des ONG, le porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, rappelle les actes barbares commis par les bébés noirs et la nécessité de les traquer afin d'éviter que ces gangs ne défient l'Etat[11].
Notes et références
- ↑ Arold Akpwabot, « Les « bébés noirs » au Congo Brazzaville : et si l’on abordait le problème autrement ? », sur Programme des Nations Unies pour le développement (consulté le )
- ↑ « Congo-B: les chefs du quartier Poto-Poto lancent une campagne contre l’insécurité », sur rfi (consulté le )
- ↑ Dominique de Vircel OPOU, « Enquête sur les motivations et les aspirations des bébés noirs », Congo,
- ↑ Loïcia Martial, « Congo-Brazzaville: la violence urbaine orchestrée par les «bébés noirs» inquiète la population », sur rfi (consulté le )
- ↑ Germaine MAPANGA, « Le phénomène des « bébés noirs » : la terreur des quartiers de Brazzaville », sur Les échos de Brazzaville (consulté le )
- ↑ Hermann Boko, « Au Congo Brazzaville, les gangs des "bébés noirs" se livrent une guerre de quartier à coup de machettes », sur The Observers-France24 (consulté le )
- ↑ « Banditisme : l’étau se resserre autour des « bébés noirs » », sur adiac-congo,
- « Congo : la chasse aux "bébés noirs", entre sécurité et violations des droits », sur africanews
- « "IIs lui ont mis une balle dans la tête" : les "bébés noirs" de Brazzaville visés par les autorités », sur France 24
- ↑ Loïcia Martial, « Congo-Brazzaville: le président Denis Sassou-Nguesso reconnaît avoir ordonné la traque des gangs », sur rfi,
- ↑ « Quinzaine du gouvernement : « Les bébés noirs ne peuvent pas défier l’Etat » », sur adiac-congo,
Voir aussi
Articles connexes
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