Baigneuses à Tahiti

Baigneuses à Tahiti
Artiste
Date
Matériau
Dimensions (H × L)
73,3 × 91,8 cm
No d’inventaire
49.9
Localisation

Les Baigneuses à Tahiti sont un tableau du peintre français Paul Gauguin, réalisé en 1897 sur l'île de Tahiti, au cours de son dernier séjour en Polynésie française.

Il représente deux baigneuses nues dans une rivière, sur le fond de végétation tahitienne. C'est un agrandissement et un développement partiel du tableau antérieur D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? avec lequel il est exposé en 1898, recevant un meilleur accueil que le tableau philosophique de Gauguin.

L'œuvre est conservée au Barber Institute of Fine Arts, à Birmingham en Angleterre, qui l'a acquise en 1949.

Description

Ce tableau est une huile sur toile, de 73,3 × 91,8 cm[1].

Les deux baigneuses sont nues, dans la rivière, l'une à gauche de dos, semblant sortir de l'eau en tournant la tête vers le spectateur, et celle de droite dans l'autre sens, le corps légèrement penché, les bras en avant.

Les deux femmes semblent s'ignorer, mais toutes les deux regardent le spectateur[1].

Le paysage tahitien est figuré par de grands et « larges coups de pinceau vaporeux, dans des tons de vert et de rouge éclatants, pour un effet expressif »[1].

Historique

Paul Gauguin (1848-1903) peint ce tableau en 1897, à Tahiti, en Polynésie française. C'est l'une des huit toiles reliées à la grande peinture métaphysique qui résume la philosophie de Gauguin : D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?[1]. Selon la volonté de Gauguin, les huit toiles en question, dont Baigneuses à Tahiti, sont exposées conjointement l'année suivante à la galerie d'Ambroise Vollard, en novembre - [2]. Les huit toiles sont présentées comme des « répliques fragmentaires et des études préparatoires » à sa vaste toile[1]. Leur réception montre bien qu'elles sont perçues « comme un ensemble décoratif total au programme défini »[2].

Le présent tableau Baigneuses à Tahiti représente en partie gauche un agrandissement de l'arrière-plan évoquant le destin : la partie « Où allons-nous ? » du tableau D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?[1]. Plus précisément, Gauguin agrandit un détail montrant au loin une femme nue sur la gauche de ce tableau pour peindre ce tableau-ci Baigneuses à Tahiti[3].

Alors que la grande composition D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? ne bénéficie pas d'un très bon accueil lors de l'exposition commune[3], en revanche le tableau Baigneuses à Tahiti, avec ses réminiscences de la peinture française des XVIIIe et XIXe siècles et la lumière particulière au climat tropical montre un érotisme léger qui plaît davantage à la critique[3],[4].

Cette œuvre figure au catalogue raisonné de l'œuvre de Gauguin établi par Wildenstein sous la référence W. 564[5]. D'après Georges Wildenstein et J. de Rotonchamp, ce tableau est l'une des neuf toiles envoyées le au marchand d'art Ambroise Vollard avec la description « Deux petites baigneuses sur un fond d'arbres jaunes »[5]. Pour la femme représentée à gauche, Wildenstein conseille de se référer au tableau Fatata te Miti[5], et elle se retrouve au fond du tableau Femme tahitienne I qu'il désigne en W. 576[6].

Le tableau est vendu par Vollard à Samuel Courtauld en 1924, puis passe dans diverses autres collections, dont celle de Wildenstein lui-même[5]. Il est acquis en 1949 par le Barber Institute of Fine Arts de Birmingham en Angleterre, sous la référence d'inventaire no 49.9[1].

Notes et références

  1. (en) « Paul Gauguin : Bathers at Tahiti », sur barber.org.uk, Barber Institute of Fine Arts (consulté le ).
  2. Bernardi et Ferlier-Bouat 2017, p. 216.
  3. Claire Bernardi (dir.) et Ophélie Ferlier-Bouat (dir.), Gauguin, l'Alchimiste, Paris, Réunion des musées nationaux et musée d'Orsay, (ISBN 978-2-35433-255-6 et 978-2-7118-6435-5), p. 110.
  4. ↑ (en) Shackelford, D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, Paris et Boston, 2003, p. 237 et p. 251, no 50.
  5. Georges Wildenstein, « 564. Baigneuses à Tahiti », dans Gauguin : Catalogue, vol. I, Paris, éditions Les Beaux-Arts, , p. 235-236.
  6. ↑ Georges Wildenstein, « 576. Femme tahitienne I », dans Gauguin : Catalogue, vol. I, Paris, éditions Les Beaux-Arts, , p. 241-242.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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