Balázs Orbán

| Député de l'Assemblée nationale de Hongrie 43e législature du parlement hongrois (d) - | |
|---|---|
| depuis le | |
| Directeur de campagne Fidesz-Union civique hongroise | |
| - | |
| Député de l'Assemblée nationale de Hongrie 42e législature du parlement hongrois (d) - | |
| - | |
| Political director of the Prime Minister Gouvernement Orbán IV Gouvernement Orbán V | |
| - | |
| Président du conseil de fondation (d) Mathias Corvinus Collegium Foundation (d) | |
| depuis | |
| Vice-ministre (en) Gouvernement Orbán IV Office of the Prime Minister of Hungary (d) | |
| - | |
| Secrétaire d'État Gouvernement Orbán IV Office of the Prime Minister of Hungary (d) | |
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Orbán Balázs András |
| Nationalité | |
| Formation |
ELTE Apáczai Csere János Gyakorló Gimnázium és Kollégium (d) (- Université Loránd-Eötvös (Juris Doctor) (- Université Loránd-Eötvös (baccalauréat ès arts) (- Université catholique Péter-Pázmány (Master of Laws) (- |
| Activités |
| Parti politique | |
|---|---|
| Directeur de thèse |
István Kukorelli (d) |
| Site web |
(hu + en) orbanbalazsandras.hu |
Balázs Orbán, né le à Budapest, est un homme politique, directeur de think tanks et juriste hongrois, membre du Fidesz.
Conseiller politique en chef de Viktor Orbán (sans lien de parenté avec lui) depuis 2021 et député depuis 2022, il dirige un vaste réseau de cercles de réflexion financés par l'État hongrois, notamment le Mathias Corvinus Collegium (MCC) et le Danube Institute (en), qu'il mobilise au service du rayonnement idéologique international du gouvernement.
Théoricien d'un « post-libéralisme » souverainiste, il promeut un rapprochement avec la Chine, la Russie et d'autres régimes autoritaires contre ce qu'il désigne comme le « nouveau narratif libéral » occidental.
Biographie
Formation et début de carrière
Balázs Orbán naît le à Budapest. Il effectue sa scolarité secondaire à l'Eötvös Loránd Tudományegyetem Apáczai Csere János Gyakorló Gimnázium és Kollégium de Budapest de 1998 à 2004. Il intègre ensuite la faculté de droit et de science politique de l'université Loránd-Eötvös, dont il sort diplômé en droit en 2009, puis en science politique en 2011. Entre 2009 et 2012, il suit une formation doctorale dans la même université, dont il valide les enseignements sans toutefois soutenir de thèse. Il obtient par la suite un master en droit spécialisé en codification à l'université catholique Péter-Pázmány entre 2013 et 2014[1].
Carrière politique
Dès 2009, il entre au ministère de la Justice en tant que conseiller juridique. Il rejoint ensuite la fondation Századvég, un think tank conservateur hongrois, dont il prend la direction des études en 2013, avant d'obtenir un poste d'enseignant à l'université nationale de l'administration publique en 2015[2].
À partir de 2015, Orbán dirige le Centre de recherche sur la migration, créé pour fournir un socle académique à la rhétorique anti-immigration de Viktor Orbán (avec lequel il n'a aucun lien de parenté). En 2018, il entre au gouvernement comme secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement et vice-ministre à la chancellerie du Premier ministre. En août 2021, il devient conseiller politique en chef de Viktor Orbán[3]. Il est élu député sous l'étiquette du Fidesz en 2022[2].
Influence internationale
Durant la présidence hongroise du Conseil de l'Union européenne en 2024, il accompagne Viktor Orbán lors de ses déplacements à Kiev, Moscou, Pékin et Mar-a-Lago, dans le cadre d'une initiative présentée comme une « mission pour la paix »[2].
Selon un diplomate européen en poste à Budapest, le réseau de Balázs Orbán lui permet notamment d'établir des liens avec J. D. Vance avant son accession à la vice-présidence, ce qui aurait ainsi contribué à éveiller la fascination de Donald Trump pour la Hongrie[4].
Il est un habitué de la Conférence d'action politique conservatrice et participe à la National Conservatism Conference de 2024 à Washington[2].
Réseau de think tanks
En 2020, Orbán prend la tête du Mathias Corvinus Collegium (MCC), think tank ultraconservateur, maison d'édition et institut d'enseignement supérieur[2]. Fin mars 2023, le think tank de politique étrangère Institute for Foreign Affairs and Trade (IFAT) est rattaché à son cabinet, jusqu'alors placé sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères de Péter Szijjártó[5].
Ce transfert est préparé par Márton Ugrosdy, ancien directeur de l'IFAT devenu bras droit d'Orbán en juin 2022, et par Márton Schöberl, directeur en exercice de l'IFAT. Il renforce la position d'Orbán face à son rival Antal Rogán, qui avait de son côté pris le contrôle de plusieurs agences de renseignement[5].
L'IFAT, dont les experts disposent d'un accès aux productions de la communauté du renseignement et entretiennent des contacts réguliers avec des diplomates et personnalités étrangères, est appelé à fournir au premier ministre des analyses indépendantes et pluralistes, distinctes de celles produites par les services officiels[5]. Orbán dirige également le Danube Institute (en). À la tête de l'ensemble de ce réseau de cercles de réflexion financés par l'État hongrois, il en fait un instrument important du rayonnement idéologique international du gouvernement Orbán[4].
Pensée politique
Orbán est l'auteur de plusieurs ouvrages publiés par le MCC et théorise l'entrée dans une ère « post-libérale ». Il défend l'idée d'une Hongrie appartenant autant à l'Occident qu'à l'Orient, à rebours de la tradition conservatrice hongroise classique[3]. Il promeut un rapprochement des démocraties occidentales avec la Chine, la Russie et d'autres régimes autoritaires, s'opposant à ce qu'il désigne comme un « nouveau narratif libéral » prônant une « formation de blocs » reposant sur la confrontation et le découplage[2].
En 2020, Balázs Orbán publie Comprendre la stratégie hongroise, préfacé par Viktor Orbán. Le livre expose la stratégie politique du gouvernement hongrois, fondée sur la préservation de la souveraineté nationale comme objectif primordial, et s'appuie largement sur l'histoire constitutionnelle médiévale hongroise, notamment le concept de « Sainte Couronne ». Le politiste Andrej Školkay y voit moins un ouvrage académique qu'un manifeste politique et relève l'absence de données prospectives solides. Il juge la démarche davantage mythologique que scientifique. Il estime par ailleurs que la logique de cette stratégie conduit à terme à une incompatibilité croissante avec le cadre de l'Union européenne[6].
Controverse sur la guerre russo-ukrainienne
En septembre 2024, Balázs Orbán provoque une controverse en qualifiant d'« irresponsable » la décision du président ukrainien Volodymyr Zelensky de défendre militairement son pays face à l'invasion russe, affirmant que la Hongrie n'aurait pas fait de même afin de préserver des vies humaines, en invoquant le souvenir de l'insurrection de 1956 pour justifier sa position[7]. Il est critiqué par la presse pour ces propos, tandis que la figure de l'opposition Péter Magyar réclame sa démission. Viktor Orbán lui-même qualifie cette position d'erreur[8]. Balázs Orbán présente ensuite des excuses[9].
Références
- ↑ (hu) « Orbán Balázs »
, sur Site du gouvernement hongrois (consulté le )
- Ramona Bloj, « Qui est Balázs Orbán, le conseiller politique dans l’ombre du Premier ministre hongrois ? »
, sur Le Grand Continent, (consulté le )
- Thomas Laffitte, « En Hongrie, Balázs Orbán, l'étoile montante du Fidesz »
, sur Le Courrier d'Europe centrale, (consulté le )
- Jean-Baptiste Chastand, « Hongrie : comment Budapest est devenu le laboratoire du nationalisme occidental, sous l’influence de Viktor Orban »
, sur Le Monde, (consulté le )
- « Au plus près de Viktor Orban, le jeune conseiller Balazs Orban centralise les instruments de politique étrangère »
, sur Intelligence Online, (consulté le )
- ↑ (en) Andrej Školkay, « Balázs Orbán: The Hungarian Way of Strategy », Politologický časopis - Czech Journal of Political Science, no 2, , p. 155–158 (ISSN 1805-9503 et 1211-3247, DOI 10.5817/PC2023-2-155, lire en ligne
, consulté le )
- ↑ (en) Justin Spike, « Orbán aide faces backlash for saying Hungary wouldn’t have fought a Russian invasion »
, sur AP News, (consulté le )
- ↑ Joël Le Pavous, « “Honte nationale” : un conseiller d’Orbán relativise la révolte de 1956 »
, sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ (en) Csongor Körömi, « Orbán (sort of) slaps down aide who said Hungary would surrender to Russia »
, sur Politico Europe, (consulté le )
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