Barbe-Bleue (film, 1936)

Barbe-Bleue

Réalisation René Bertrand-Boutée et sa famille
Scénario d'après le conte de
Charles Perrault
Sociétés de production Jean Painlevé
Pays de production Drapeau de la France France
Genre court métrage
d'animation en volume
Durée 13 minutes
Sortie 1936

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Barbe Bleue est un court métrage d'animation en volume, animation de pâte à modeler. Produit par Jean Painlevé , sorti en 1936, et réalisé par le sculpteur René Bertrand ainsi que par sa famille (femme et enfants)[1]. Le tournage dura trois ans et permit de perfectionner les techniques d'animation.

C'est le premier film d'animation en pâte à modeler (plastiline) et en couleur (procédé Gasparcolor, mis au point par un chimiste hongrois). Jean Painlevé "s'amuse" avec sa bande de copains, musicien et sculpteur, pendant des mois de tournage et trois ans de recherche sur les nouvelles techniques d'animation[2].

Synopsis

D'après le conte de Charles Perrault, La Barbe bleue et l'opéra bouffe de Maurice Jaubert.

La morale de la fable féérique est : « La curiosité malgré tous ses attraits. Coûte souvent bien des regrets. »

Fiche technique

Technique utilisée

  • La technique utilisée pour la mise en couleur est le gasparcolor (en) inventé par le Hongrois Bela Gaspar.
  • Ce film d'animation a été réalisé en pâte à modeler[3], de la plastiline[2].

Réalisation

Par suite de rencontres entre amis l'idée de ce film arrive et Jean Painlevé qui la juge "épatante" [4]devient producteur pour ce film d'animation en volume, novateur sur le plan technique. Painlevé est particulièrement intéressé par la technique : pour s'en inspirer pour ses propres réalisations de films scientifiques et parce qu'il travaille sur les couleurs au cinéma au CNAM. Le livret de Bréchignac et la musique de Jaubert sont achevés dès 1935 mais le tournage ne commence que le 18 juin 1936 car Painlevé et son opérateur André Raymond perfectionnent, adaptent et mettent au point la caméra. Automatique. Elle doit pouvoir enregistrer simultanément les trois couleurs (rouge, bleu, jaune), avec un obturateur tournant permettant trois clichés de chaque couleur saisis dans trois secteurs d'une seule pellicule puis les clichés sont synthétisés en les superposant sur un négatif en couleur soustractive trichromie[5].

Ensuite, les sculpteurs-animateurs mettront un an et demi pour tout réaliser. René Bertrand mobilise toute sa famille : son épouse Germaine, et ses trois enfants Nicole, Michelle, Jean-Louis, alors âgés de 9 à 13 ans. Les statuettes sont en pâte à modeler, de la plastiline moulée sur une armature de fils de cuivre. Mais pendant l'été Bertrand constate que les fils de cuivre chauffent trop et coupent la plastilline, il doit les remplacer par des fils d'aluminium. Pour rendre le plus réaliste possible les mouvements Bertrand s'inspire des graphes et chronophotographies de Étienne-Jules Marey. Et pour assurer la synchronisation avec la musique, il suit le graphe de la musique déjà enregistré sur la pellicule. 648 bonhommes sont animés pour la scène de guerre, et pour ce film de 370 mètres et d'environ un quart d'heure, on compte 17 000 images, 1 200 à 1 500 personnages, 200 à 250 000 mouvements[6], [5].

Références

  1. ↑ (fr) Jean Painlevé sur le site Ciné-ressources (Cinémathèque française)
  2. Alexis Magnaval, « “Barbe-bleue”, pionnier du film d’animation », sur France Culture, (consulté le )
  3. (fr) sur dvdclassik.com
  4. ↑ Article de Léo Sauvage, Barbe Bleue va-t-il détrôner Mickey ?, La Lumière, janvier 1938, cité par Roxane Hamery page 118.
  5. Roxane Hamery, Jean Painlevé : le cinéma au cœur de la vie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Le Spectaculaire », 2009, 312 p., pages 116-120.
  6. ↑ Article de Léo Sauvage, Barbe Bleue va-t-il détrôner Mickey ?, La Lumière, janvier 1938, cité par Roxane Hamery page 120.

Liens externes

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