Barbier (métier)

Barbier / barbière
Une barbière rasant la barbe d'un homme.
Présentation
Forme féminine
Barbière
Secteur
Métiers de la mode
Métiers voisins
Codes
ROME (France)
D1202

Le barbier et la barbière sont des personnes dont le métier consiste à entretenir les cheveux ou la pilosité faciale (la barbe, la moustache, les rouflaquettes, etc.) des hommes. Ce métier est proche de celui du coiffeur, en plus spécialisé. Barbier et barbière doivent savoir raser de près (dans le sens de pousse du poil) et à blanc (dans le sens contraire de pousse du poil). Barbier est un statut qui, comme le titre de Maître Barbier, a disparu en 1989.

Histoire

Une femme tient en main la dent qu'elle vient d'arracher à la personne qui lui fait face.
Barbière chirurgienne (arracheuse de dent), gravure sur bois légendée, 1500-1600.
Tableau d'une femme, portant lunettes, qui coupe les cheveux d'un homme assis devant elle ; un enfant, à côté, tient un bassin pour récupérer les chutes de chevaux.
Une barbière par le Maestro della tela jeans, XVIIe siècle.

Ce métier existe depuis l'Égypte antique.

Sous l’Ancien Régime, les termes de barbier (pour l'homme) et barbière (pour la femme) désignent différents métiers :

  • les barbiers chirurgiens sont chargés de la petite chirurgie et peuvent effectuer des soins comme les saignées, la pose de ventouses ou de pansements, les soins dentaires. Par une ordonnance du , le roi Charles V leur donne un statut, prétextant la difficulté des pauvres à recourir aux chirurgiens. En 1383, Charles VI augmente et confirme leurs privilèges. En , Charles VII achève de leur transmettre une partie des attributions de la chirurgie. Le , le parlement les autorise à s’intituler « maîtres barbiers-chirurgiens[1]. Ce n'est qu'en 1691 qu'un édit royal français sépare chirurgiens et barbiers, nommés alors Barbier de longue robe et Barbier de courte robe.
  • les barbiers et barbiers-perruquiers sont les ancêtres des coiffeurs de l'époque contemporaine. L'expression est toujours utilisée au Québec pour désigner la coiffure pour homme.

Description du métier

Les barbiers installent généralement leurs clients sur une chaise de barbier. Ils s'occupent du rasage des hommes qui ne portent pas la barbe mais aussi de l'entretien des cheveux, de la barbe, des moustaches ou des rouflaquettes pour ceux qui en portent, nettoient les oreilles, épilent les sourcils et les poils du nez. Ils emploient un rasoir (qui peut être mécanique, ou, aux époques les plus récentes, électrique) et un lubrifiant, par exemple de la mousse à raser. Au XIXe siècle, il pouvait être d'usage de proposer au client de raser soit au pouce soit à la cuillère : ce dernier objet introduit dans la bouche du client permettait de gonfler la joue et de faciliter ainsi le rasage[2].

Représentations dans les arts

Dans le théâtre français, un barbier fameux est Figaro, créé par Beaumarchais dans Le Barbier de Séville en 1775 et repris dans Le Mariage de Figaro puis La Mère coupable. Ces pièces ont fait l'objet de plusieurs adaptations en opéras, en films et en téléfilms. En 1950, Norman Rockwell peint La boutique du barbier Shuffleton une huile sur toile qui servit d’illustration pour la couverture du magazine américain Saturday Evening Post du .

En Angleterre, le personnage de Sweeney Todd, barbier criminel qui égorgeait ses victimes, et dont il n'est pas sûr qu'il s'inspire d'un criminel réel[3], apparaît dans la littérature du XIXe siècle et fait l'objet de nombreuses pièces de théâtre, comédies musicales, films et téléfilms.

Animaux

Le terme "barbering" appliqué aux souris de laboratoire est un comportement dans lequel les souris utilisent leurs dents pour arracher les poils du visage de leurs compagnons de cage lorsqu'elles se toilettent. Il est pratiqué par les souris mâles et femelles. Le "barber" plume les vibrisses du receveur. Ce comportement est probablement lié à la dominance sociale[4].

Enseigne de barbier

Une enseigne rayée rouge, blanc et bleu

Dans certains pays, les boutiques de barbiers sont visibles dans la rue grâce à des enseignes de barbiers aux formes caractéristiques et aux couleurs bleu-blanc-rouge qui représentent différents aspects du métier. C'est un symbole de l'époque où les barbiers pratiquaient des procédures médicales. Les rayures blanches et rouges symbolisent les bandages et le sang, tandis que les rayures bleues représentent les veines. L'enseigne, dite poteau au Québec peut être stationnaire ou rotative, et souvent mue par un moteur électrique[5],[6]. La rotation crée une illusion d'optique, donnant l'impression que les rayures montent ou descendent le long du poteau[7],[8].

Aux États-Unis, la bande bleue est également parfois utilisée pour correspondre au drapeau[9],[10],[11]. En Corée du Sud, les enseignes de barbiers sont utilisées à la fois pour les salons de coiffure et pour les bordels[12],[13]. À Forest Grove, en Oregon, le "poteau de barbier le plus haut du monde" mesure 72 pieds (21,9456 m)[14] En raison de ses bandes et couleurs vives, le sébaste à bandes rouges Sebastes babcocki est appelé "poteau de barbier". D'autres pseudonymes incluent[Quoi ?] bandit, condamné, canari, Hollywood et drapeau espagnol[15].

L'expression barber pole est un jargon dérisoire au craps, et désigne le fait de mélanger des « chèques de jeu de différentes dénominations ». Les mises qui combinent différentes dénominations sont « censées être empilées avec la dénomination la plus élevée en dessous »[16].

Notes et références

  1. Édouard Fournier, Histoire des enseignes de Paris, Paris, E. Dentu, libraire, , pages 152-153.
  2. Bien qu'appuyé sur aucun document, cette pratique est citée par Albert Demard dans Un homme et son terroir (1978).
  3. « Sweeney Todd: Fact or Fiction ? », article dans The Independent, 3 janvier 2006. Page consultée le 25 avril 2011.
  4. JR Sarna, RH Dyck et IQ Whishaw, « The Dalila effect: C57BL6 mice barber whiskers by plucking », Behavioural Brain Research, vol. 108, no 1,‎ , p. 39–45 (PMID 10680755, DOI 10.1016/S0166-4328(99)00137-0, S2CID 18334770, CiteSeerx 10.1.1.519.7265)
  5. « Barber Pole », sur Webster's New World College Dictionary, Cleveland, Wiley Publishing, (consulté le )
  6. Kate Smith, « Why Barber Poles are Red and White » [archive du ], sur Sensational Color (consulté le )
  7. (en) Dominic W. Massaro, « Book Reviews: What Are Musical Paradox and Illusion? », American Journal of Psychology, University of California, Santa Cruz, vol. 120, no 1,‎ , p. 123–170, 124, 132 (DOI 10.2307/20445384, JSTOR 20445384, lire en ligne)
  8. Stefano Carrella, Iswandy, Kuncup, Lutz, Kai et King, Andreas « 3D-Localization of Low-Power Wireless Sensor Nodes Based on AMR-Sensors in Industrial and AmI Applications » (18–19 mai 2010) (lire en ligne, consulté le )
    Vorträge der 15. ITG/GMA-Fachtagung
    « (ibid.) », dans Sensoren und Messsysteme 2010, Nuremberg, Berlin Offenbach (ISBN 978-3-8007-3260-9)
  9. « A Quick History Of Barbering | Austin, TX Barbershop » [archive du ], sur eighteeneight.com, (consulté le )
  10. Joan Burke, « Management of Barber Pole Worm in Sheep and Goats in the Southern U.S », U.S. Department of Agriculture Dale Bumpers Small Farms Research Center, Booneville, Arkansas,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  11. Susan Schoenian, « Diseases: Worms », sur Sheep 101,
  12. Katharine Hyung-Sun Moon, Sex Among Allies: Military Prostitution in U.S.–Korea Relations, New York, Columbia University Press, (ISBN 978-0-231-10642-9, lire en ligne), p. 45
  13. Jamie Trecker, Love and Blood: At the World Cup with the Footballers, Fans, and Freaks, Orlando, Houghton Mifflin Harcourt, (ISBN 978-0-15-603098-4, lire en ligne Inscription nécessaire), 13 :

    « prostitution barber. »

  14. Doug Kirby, Ken Smith et Mike Wilkins, « Forest Grove, Oregon: World's Tallest Barber Shop Pole », Novato, California, Roadside America, (consulté le )
  15. « Redbanded rockfish », sur Alaska Fisheries Science Center, National Marine Fisheries Service National Oceanic and Atmospheric Administration (consulté le )
  16. « Crap Dictionary », sur World Casino Directory, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

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