Bartholomée d'Andlau

Bartholomée d’Andlau
Fonction
Abbé de Murbach
-
Biographie
Naissance
Vers
Décès
Activité
Famille
Père
Walther d’Andlau (d)
Mère
Marguerite de Hus (d)
Fratrie
Lazare d’Andlau (d)
Blason.

Bartholomée d’Andlau est un prince-abbé de Murbach né dans le premier quart du XVe siècle et mort le ou 1477. Grâce à ses appuis familiaux et à son éducation universitaire, il s’illustre comme un réformateur de l’abbaye, ainsi qu’un soutien des sciences et des arts. Sa lutte contre les bourgeois de Guebwiller et la suppression de leurs privilèges est néanmoins à l’origine de légendes le dépeignant de manière négative.

Biographie

Bartholomée d’Andlau naît dans le premier quart du XVe siècle, son père étant Walter d’Andlau et sa mère Margarethe de Haus de Wittenheim-Uttenheim. Les deux familles jouissent d’une importante influence régionale : son oncle Dietrich de Haus est ainsi prince-abbé de Murbach, tandis que l’évêché de Bâle est dirigé par son beau-frère assisté de ses oncles Georges et Henri d’Andlau[1],[2],[3]. Il bénéficie également d’une bonne éducation, étudiant dans les années 1430 à l’université de Heidelberg, où il obtient en 1435 le titre de maître ès arts[2].

À la mort de Dietrich de Haus en 1447, Bartholomée d’Andlau est nommé prince-abbé de l’abbaye de Murbach[2]. Le début de son abbatiat est marqué, d’une part, par l’affirmation des droits de justice de son abbaye face à l’évêché de Bâle et, d’autre part, par l’émergence d’un conflit avec les habitants de la vallée de Guebwiller[2],[3]. À sa prise de fonction, les bourgeois de Guebwiller refusent en effet d’abord de lui prêter hommage, posant comme condition préalable l’abolition de la plupart des taxes prélevées par l’abbaye. Bartholomée d’Andlau de son côté accepte de confirmer les privilèges établis, mais refuse d’en céder davantage, ce qui conduit les bourgeois à lui fermer les portes de la ville. Bien que les bourgeois lui prêtent par la suite serment, ils s’emploient dans les années suivantes à refuser ou à compliquer la plupart des demandes de l’abbé. Celui-ci profite finalement du ravage de la ville par les Armagnacs en 1450 pour mettre les bourgeois au pas en supprimant l’intégralité des privilèges des bourgeois[4].

Au sein de l’abbaye, Bartholomée d’Andlau diffuse la culture scientifique et artistique. Outre la restauration des bâtiments appartenant à l’abbaye, il enrichit considérablement la bibliothèque du couvent et en fait établir le catalogue[3],[4]. Il réforme également le chapitre de l’abbaye et œuvre pour son rapprochement avec celui de l’abbaye de Lure, qui aboutit ultérieurement à la fusion des deux chapitres[3]. Il transforme également en 1456 le prieuré de Lucerne en chapitre collégial, qu’il libère de ses obligations vis-à-vis de l’abbaye de Murbach[2].

Il meurt au Hugstein, château des abbés de Murbach le ou 1477[3],[1],[2].

Personnage légendaire

Le conflit entre Bartholomée d’Andlau et les habitants de Guebwiller a pour conséquence que de nombreuses sources proches de ces derniers dépeignent l’abbé de manière négative[3]. L’auteur de la chronique des Dominicains de Guebwiller, après avoir écrit qu’il faudrait expulser, voire tuer, tous les Andlau de la ville invente un récit fictif sur la mort de l’abbé[5].

Dans cette histoire, l’abbé est retrouvé mort par un serviteur, étouffé par un énorme chat noir couché sur sa poitrine. Lors de son enterrement quatre chevaux peinent à tirer le corbillard jusqu’à l’église de l’abbaye, mais lorsque le cercueil est ouvert avant le début de la messe, il se révèle être vide[5].

Notes et références

  1. Newald 1953, p. 60.
  2. Clémence 2001.
  3. Wolff 1982, p. 41.
  4. Sitzmann 1909, p. 34.
  5. Sitzmann 1909, p. 35.

Annexes

Bibliographie

Liens externes

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