Bataille de Great Swamp
| Date | |
|---|---|
| Lieu | près de South Kingstown, Rhode Island |
| Issue | Victoire des colons anglais |
| Confédération de Nouvelle-Angleterre Pequots Mohegans |
Narragansetts |
| Josiah Winslow | Canonchet |
| 1000 miliciens 150 supplétifs amérindiens |
3 000 combattants et non-combattants |
| 70 mort 150 blessés |
600 à 1000 morts dont des civils |
| Coordonnées | 41° 28′ 07″ nord, 71° 35′ 44″ ouest | |
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La bataille de Great Swamp est une bataille cruciale de la guerre du Roi Philip qui opposa le des troupes de la milice de Nouvelle-Angleterre aux Narragansetts.
Contexte
L'affrontement s'inscrit dans le cadre de la guerre du Roi Philip, qui oppose les colons de Nouvelle-Angleterre à plusieurs nations autochtones. À la fin de l'année 1675, la puissante tribu des Narragansetts maintient une neutralité précaire. Bien qu'ils n'aient pas rejoint officiellement la coalition de Metacomet, les autorités coloniales les soupçonnent d'abriter des guerriers wampanoags en fuite et de préparer une offensive pour le printemps suivant.
Inquiètes de cette menace potentielle, la confédération de Nouvelle-Angleterre décide de lancer une attaque préventive. L'objectif est de détruire le principal camp d'hiver des Narragansetts avant que ces derniers ne puissent se mobiliser.
Le site choisi par les Narragansetts pour leur refuge est une île de terre ferme située au cœur d'un vaste marécage, le Great Swamp, dans l'actuel Rhode Island. Cette position est naturellement protégée par des eaux boueuses et des fourrés denses, rendant toute approche militaire quasi impossible en temps normal. Cependant, l'hiver 1675 est exceptionnellement rigoureux : le gel intense des marécages au mois de offre aux troupes coloniales une opportunité inattendue de marcher sur la glace pour atteindre la forteresse[1].
Déroulement
Le , sous une tempête de neige, une armée coloniale d'environ 1 000 miliciens, appuyée par 150 alliés Mohegans et Pequots, atteint les abords du camp fortifié. Les colons sont guidés par un déserteur narragansett, dont les renseignements s'avèrent décisifs : il indique aux troupes l'unique point d'accès vulnérable, une brèche dans la palissade où un tronc d'arbre servait de pont improvisé au-dessus de l'eau glacée.
L'assaut initial est meurtrier. Les premiers officiers anglais à s'élancer sur le tronc sont immédiatement abattus par les défenseurs narragansetts positionnés dans une fortification surplombant l'entrée. Malgré des pertes importantes, les miliciens parviennent à forcer le passage et à pénétrer à l'intérieur de l'enceinte, où s'ensuit un combat au corps à corps acharné qui dure plusieurs heures.
Face à la résistance désespérée des guerriers de la tribu, le commandant Josiah Winslow ordonne de mettre le feu aux 500 habitations qui composent le village. L'incendie se propage rapidement, transformant le refuge en piège mortel. Si de nombreux guerriers parviennent à s'enfuir dans les bois gelés à la faveur de la tombée de la nuit, une grande partie des non-combattants, incluant des femmes, des enfants et des vieillards, périssent dans les flammes ou lors de la retraite forcée à travers le marécage.
Bilan
Le bilan de l'affrontement est l'un des plus lourds de l'histoire coloniale américaine. Les forces coloniales déplorent environ 70 morts et 150 blessés, dont de nombreux officiers. Cependant, les pertes sont bien plus catastrophiques pour les Narragansetts : si les estimations varient, on considère qu'environ 600 à 1 000 Amérindiens ont péri. Une grande partie de ces victimes sont des non-combattants (femmes, enfants et vieillards) morts durant l'incendie du camp ou de froid et de faim lors de leur fuite dans les marécages gelés.
Sur le plan stratégique, l'attaque préventive des colons s'avère être un échec diplomatique majeur. Alors que les Narragansetts étaient restés officiellement neutres jusqu'alors, le massacre de leur population les pousse à rejoindre massivement la coalition de Metacomet. Sous le commandement de leur chef Canonchet, ils lancent dès le printemps 1676 une série de raids de représailles dévastateurs contre les colonies du Rhode Island et du Massachusetts.
À long terme, la bataille de Great Swamp marque le début de la fin pour la puissance narragansett en Nouvelle-Angleterre. Bien qu'ils aient réussi à infliger de lourdes pertes aux colons par la suite, la destruction de leurs réserves de nourriture lors de l'incendie du camp et la perte de leurs membres les plus vulnérables ont irrémédiablement affaibli la tribu, menant à leur défaite finale et à leur dispersion à la fin de l'année 1676.
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Great Swamp Fight » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (an) Raymond K. Bluhm, « Great Swamp Fight », sur Britannica.
Liens externes
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