Bataille de Novoazovsk

Bataille de Novoazovsk

Informations générales
Date 25–28 août 2014
(3 jours)
Lieu Novoazovsk, Oblast de Donetsk, Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Issue Victoire séparatiste/russe
Belligérants
Drapeau de l'Ukraine Ukraine Drapeau de la République populaire de Donetsk République populaire de Donetsk
Drapeau de la Russie Russie
Commandants
Drapeau de l'Ukraine Valeriy Heletey
Drapeau de l'Ukraine Andriy Biletsky
Drapeau de la République populaire de Donetsk Alexander Zakharchenko
Unités impliquées
Forces de la Nouvelle-Russie
Forces armées de la fédération de Russie
Pertes
Inconnues Inconnues

Guerre du Donbass
(fait partie de la Guerre russo-ukrainienne)

Batailles

Contexte

Annexion de la Crimée


Troubles pro-russes


Guerre du Donbass

Coordonnées 47° 06′ 53″ nord, 38° 04′ 48″ est
Géolocalisation sur la carte : oblast de Donetsk
(Voir situation sur carte : oblast de Donetsk)
Bataille de Novoazovsk
Géolocalisation sur la carte : Ukraine
(Voir situation sur carte : Ukraine)
Bataille de Novoazovsk
Géolocalisation sur la carte : Europe
(Voir situation sur carte : Europe)
Bataille de Novoazovsk

La bataille de Novoazovsk est un affrontement militaire de la guerre du Donbass, dans le cadre de la guerre russo-ukrainienne qui débute le lorsque les rebelles séparatistes prorusses, contrôlés par la Russie, directement appuyés par les forces armées régulières russes, ouvrent un nouveau front en attaquant la ville de Novoazovsk, dans le sud-est de l'oblast de Donetsk, en Ukraine orientale. Les forces ukrainiennes ont été contraintes de se replier vers Marioupol.

Déroulement

Le , les forces séparatistes prorusses contrôlées par la Russie mais se réclamant de l'autorité de fait se disant « République populaire de Donetsk » ont déclaré leur intention de « se frayer un chemin jusqu'à la mer d'Azov »[1]. Conformément à cette déclaration, un barrage d'artillerie a été lancé sur la ville côtière de Novoazovsk, dans le sud-est de l'oblast de Donetsk[1].

Ouverture d'un nouveau front

Le , une colonne de véhicules blindés est entrée sur le territoire ukrainien internationalement reconnu depuis la Russie près de Novoazovsk[2],[3],[4]. Il n'y avait eu aucune formation des rebelles séparatistes à l'intérieur de cette zone pendant de nombreuses semaines[5]. De violents combats ont eu lieu dans le village de Markyne, à 7 kilomètres Novoazovsk. Les rebelles séparatistes ont utilisé le village pour bombarder Novoazovsk[6]. Un porte-parole du Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine (CNSD) a déclaré que l'entrée de la colonne en Ukraine était une tentative « de l'armée russe sous le couvert de combattants du Donbass d'ouvrir une nouvelle zone de confrontation militaire »[2].

Selon le site internet de la ville de Marioupol, les bataillions de volonatire Dnipro et Donbass ont repoussé l'attaque et les forces rebelles séparatistes se sont retirées vers la frontière russo-ukrainienne internationalement reconnue[7]. Le porte-parole militaire ukrainien Andryi Lysenko a affirmé que deux chars d'assaut russes avaient été détruits et que 10 membres d'un « groupe de sabotage du renseignement » avaient été capturés[8]. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré qu'il n'avait aucune connaissance de l'incident et a suggéré que les rapports faisant état d'une incursion des forces régulières russes en territoire ukrainien étaient de la « désinformation »[9]. Juste avant l'apparition de la colonne blindée, la zone a été lourdement bombardée. Les positions d'artillerie des rebelles séparatistes les plus proches ne correspondait pas à la portée de ce bombardement[5].

Le , les rebelles séparatistes ont à nouveau bombardé Novoazovsk avec l'appui de la Russie, depuis la frontière russe. Les gardes-frontières ukrainiens stationnés au poste-frontière de Novoazovsk-Veselo-Voznesenka ont montré des cratères qui, selon eux, ont été causés par des bombardements depuis le territoire russe. La Russie a nié toute implication et a déclaré que les forces rebelles séparatistes avaient agi seules[10]. Selon les forces armées ukrainiennes, ce bombardement était une tentative de détruire les positions d'artillerie ukrainiennes dans la région[11]. Pendant le bombardement, de la fumée était visible au dessus de la ville, tandis que de nombreux habitants s'enfuyaient en voitures et en camions[12]. Quatre civils ont été blessés dans le bombardement.

Repli ukrainien

Les rebelles séparatistes ont pénétré dans Novoazovsk le [13],[14]. Alors que le gouvernement ukrainien affirmait avoir le « contrôle total » de Novoazovsk, le maire de la ville, Oleg Sidorkin, a confirmé que les insurgés séparatistes s'en était emparée[14]. Il a également déclaré que des « dizaines » de chars d'assaut et de véhicules blindés avaient été utilisés par les rebelles séparatistes dans leur assaut sur la ville. Au moins quatre civils ont été blessés par les bombardements.

Au nord, près de Starobesheve, les forces ukrainiennes ont déclaré avoir repéré une colonne de 100 véhicules blindés, chars d'assaut et camions lance-roquettes Grad qui se dirigeait vers le sud, en direction de Novoazovsk[14]. Ils ont déclaré que ces véhicules étaient marqués de « cercles ou triangles blancs », similaires aux brassards blancs vus sur les parachutistes des forces armées régulières de la Russie, capturés par l'Ukraine sur son territoire quelques jours plus tôt. Sous la pression de l'apparition de ce nouveau front, le troisième en Ukraine orientale, les forces ukrainiennes se sont repliées vers l'ouest en direction de la gande ville de Marioupol[13]. Le CNSD a plus tard reconnu que Novoazovsk avait été capturée par les « troupes russes », malgré les démentis antérieurs du gouvernement ukrainien[15]. Selon le CNSD, les troupes ukrainiennes se sont retirées de Novoazovsk pour sauver des vies et mieux préparer la défense de Marioupol.

Implication directe de la Russie

L'Ukraine et d'autres gouvernement européens et nord-américains affirment que les troupes russes ont facilité ou ont participé à l'attaque de Novoazovsk[16]. Au moment où la ville est tombée aux mains des assaillants, l'OTAN a déclaré qu'au moins 1 000 soldats réguliers russes opéraient sur le sol ukrainien. Un commandant rebelle de la prétendue « république populaire de Donetsk »a déclaré que ses propres forces avaient pris le contrôle de Novoazovsk et qu'il bénéficiait du soutien de « volontaires russes ».

Le , les troupes russes semblaient avoir disparu de la ville, alors gardée par les rebelles séparatistes prorusses de la soi-disant « république populaire »[16]. Toutefois, certains habitants ont affirmé qu'ils avaient vu des « petits hommes verts » à l'extérieur de la ville, faisant référence à un terme utilisé lors des événements qui ont conduit à l'occupation de la Crimée par la Russie pour désigner les forces russes non identifiées (sans insigne ni drapeau) qui ont pris le contrôle de la péninsule en [16]. Alors que la bataille se poursuivait à Novoazovsk, le CNSD a publié une vidéo montrant un char d'assaut T-72 à Novoazovsk. Le gouvernement ukrainien a déclaré que cela prouvait la présence de troupes russes sur le sol ukrainien[17].

Voir également

Références

  1. « Donetsk Militia Fighting its Way to Azov Sea », RIA Novosti,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  2. « 'Column from Russia' moves on Mariupol », BBC News,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  3. Gordon, Michael, « Russia Moves Artillery Units into Ukraine, NATO Says », The New York Times,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  4. Andrew Kramer, « Ukraine Says Russian Forces Lead Major New Offensive in East », CNBC,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le ) :

    « "Tanks, artillery and infantry have crossed from Russia into an unbreached part of eastern Ukraine in recent days, attacking Ukrainian forces and causing panic and wholesale retreat not only in this small border town but a wide swath of territory, in what Ukrainian and Western military officials are calling a stealth invasion." »

  5. Christian Lowe, « In Ukraine, an armoured column appears out of nowhere », Reuters,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  6. « Ukraine accuses Russia of opening new front before leaders' meeting », Reuters,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  7. « Terrorists retreating from Novoazovsk to border », National News Agency of Ukraine,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  8. (en) « Slim chance of progress as Russian and Ukrainian leaders meet », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. Richard Balmforth, « Ukraine Accuses Russia of Opening New Front Before Putin-Poroshenko Meeting », Reuters,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  10. « Exclusive: In Ukraine, an armored column appears out of nowhere », Reuters,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  11. Christian Lowe, « Ukraine crisis: Poroshenko says 'roadmap' to ceasefire with Russia possible », Canadian Broadcasting Corporation,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  12. « Ukraine: Watch smoke rise as shelling pummels Novoazovsk », RuptlyTV,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. « Ukraine Reports Russian Invasion on a New Front », The New York Times,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  14. « Rebels push into port of Novoazovsk », BBC News,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  15. « 'Russian troops deployed' in Ukraine - Poroshenko », BBC News,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  16. « For now, a tense quiet in Ukraine's eastern front », Al Jazeera,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  17. « Ukraine releases video of purported Russian tank in Novoazovsk » [archive du ], Yahoo! News (consulté le )
  • icône décorative Portail de la guerre russo-ukrainienne
  • icône décorative Portail de l’Ukraine
  • icône décorative Portail de la Russie
  • icône décorative Portail de l’histoire militaire