Bataille de Tabocas

Bataille de Tabocas

Informations générales
Date
Lieu Mont des Tabocas, Vitória de Santo Antão, Capitainerie de Pernambouc
Issue Victoire portugaise [1],[2]
Belligérants
Drapeau du Royaume de Portugal Royaume du Portugal
Drapeau des Pays-Bas à cette époque Provinces-Unies
Commandants
João Fernandes Vieira [1]
Antônio Dias Cardoso
Hendrik van Haus [1]
Forces en présence
900 (dont 200 Esclaves noirs) [3] à 1 000 hommes 1 100 [1] à 1 500 hommes (soutenus par les Amérindiens tapuia)
Pertes
Inconnues 200 à 370 morts [4]

Guerre néerlando-portugaise
Insurrection du Pernambouc

La bataille de Tabocas, le , également connue sous le nom de bataille du mont des Tabocas, se déroule entre les armées néerlandaise et portugaise au mont des Tabocas, dans la Capitainerie de Pernambouc. Elle est remportée par les forces portugaises et est une première victoire de l'Insurrection du Pernambouc qui conduit au retrait des Hollandais du nord-est du Brésil.

Contexte

Suite à la conquête d'une partie du nord-est du Brésil par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales entre 1630 et 1635, les propriétaires portugais de plantations de canne à sucre doivent payer aux néerlandais des taxes beaucoup plus élevées que celles sous la domination portugaise. Dès 1638-1639, leur dette cumulée atteint environ 100 tonnes d'or et le mécontentement envers le pouvoir néerlandais augmente. Après la réduction de l'armée d'occupation et le départ du gouverneur Jean-Maurice de Nassau-Siegen, les Portugais y voient une opportunité de se révolter [5],[6].

Bataille

Quelques mois après le début de la révolte des habitants portugais de Nouvelle-Hollande contre la domination néerlandaise au Brésil, la bataille a lieu. Le 3 août 1645, une petite unité néerlandaise commandée par le colonel Hendrik van Haus et le capitaine Blaer, sur le sommet rocheux du Monte das Tabocas, à une cinquantaine de kilomètres de Recife, rencontre une force portugaise d'environ 1 000 hommes commandée par le chef de la rébellion, João Fernandes Vieira. Les forces néerlandaises lancent une attaque, se considérant bien mieux équipées que les Portugais et leurs alliés qui disposent d'armes improvisées [5],[6].

Les Néerlandais tentent de franchir la barrière de bambous, où trois embuscades sont tendues.
Dernière offensive néerlandaise, à la tombée de la nuit.

Un récit de la bataille, d'après le chroniqueur de l'époque Diogo Lopes Santiago [7]:

« À la tête de 1 500 soldats aguerris et triés sur le volet, armés d'arquebuses et de mousquets, et soutenus par les Amérindiens tapuia, le colonel Hendrik van Haus arrive sur le site de la colline vers midi, si sûr de la victoire qu'il manque de prudence au combat.

Pendant que l'ennemi traverse la rivière, trente de nos hommes font feu et battent en retraite, gravissant le sentier menant à la colline. Trois embuscades y sont tendues, dissimulées dans un épais fourré de bambous de quinze mètres de large, bordant la montée.

Au pied de la colline, un capitaine des mercenaires ordonne l'arrêt et lance une charge de mousquets, comme s'il pressent un danger derrière l'épaisse forêt. On entend alors le son des tambours et les cris des Tapuia, comme s'ils ont déjà remporté la bataille.

Le long du sentier, les soldats de Dias Cardoso ouvrent le feu, provoquant les Hollandais qui, furieux, se ruent vers l'avant. Déterminés, ils résistent aux deux charges dévastatrices des premières embuscades, ne reculant qu'à la dernière, la plus importante, car ils craignent que toute la montée ne soit un champ de bataille.

Ils se regroupent en trois escadrons dans la plaine entre la rivière et le pied de la montagne, tandis que nos tirs continuent de crépiter depuis les bois, sans qu'ils puissent en apercevoir la provenance, ne constatant que les dégâts.

Galvanisé par le combat, à la tête de 400 hommes, l'épée et le bouclier rond au bras, João Fernandes Vieira descend la pente pour affronter l'ennemi dans la plaine lorsqu'Antônio Dias Cardoso sort pour l'arrêter, arguant que sa mort à cet endroit signerait la ruine de la rébellion.

Au milieu de l'après-midi, les Hollandais reprennent l'ascension, pénétrant cette fois dans le fourré de bambous. Ils y subissent de si lourdes pertes qu'ils battent en retraite sans délai.

À la fin de l'après-midi, réalisant que nous sommes à court de poudre, nos munitions s'amenuisant, et comme pris de désespoir, ils parviennent à percer les embuscades, nous faisant croire que tout est perdu.

Fernandes Vieira, voyant qu'ils ont détruit la barrière défensive, descend avec ses hommes (trente Noirs, enrôlés en échange de leur liberté, armés de lances aux pointes calcinées, ainsi que le reste des hommes, pour la plupart Métis), (avec des machettes et de vieilles épées) et s'avance avec une telle fureur sur l'ennemi, au corps à corps, que ce dernier est contraint de redescendre dans la plaine, contre son gré, plus vite qu'il n'est monté.

Profitant de l'obscurité et de la pluie battante, le colonel Van Haus ordonne la retraite, abandonnant de nombreux chariots de blessés en chemin.

À l'aube, nous comptons 370 ennemis morts, sans compter ceux qui ont été jetés dans la rivière, enterrés ou morts dans les bois. Nous y récupérons de nombreuses armes à feu de bonne qualité et de la poudre, car celles que nous possédons ne dépassent pas 230, dont beaucoup sont vieilles et rouillées [8]. »

Conséquences

Hendrik van Haus lance quatre assauts acharnés contre la colline et ses hommes sont repoussés à chaque fois, subissant de lourdes pertes. Après le coucher du soleil, les combats cessent et les Néerlandais, ayant probablement perdu environ 200 hommes, décident de battre en retraite. Les Portugais promettent la liberté aux Esclaves noirs de leurs auxiliaires en échange de leur aide dans la lutte contre les Néerlandais et cette bataille marque un tournant en faveur des insurgés [5],[6].

Notes et références

  1. Lourenço 2006, p. 70.
  2. Marley 1998, p. 131.
  3. Lourenço 2006, p. 69.
  4. (pt) SANTIAGO, Diogo Lopes, História da guerra de Pernambuco e feitos memoráveis do Mestre de Campo João Fernandes Vieira (1654), Fundarte,
  5. Boxer, Charles R., De Nederlanders in Brazilië 1624-1654, (ISBN 90 218 2352 7)
  6. Evaldo Cabral de Mello, De Braziliaanse Affaire [vertaald uit het Portugees door: Catherine Barel], Zutphen: Walburg Pers
  7. Diogo Lopes Santiago: o cronista da Guerra de Pernambuco. Por Ursula Andréa de Araújo Silva e Maria Emília Monteiro Porto. ANPUH – XXIII Simpósio Nacional de História. Londrina, 2005.
  8. SANTIAGO, Diogo Lopes. História da guerra de Pernambuco e feitos memoráveis do Mestre de Campo João Fernandes Vieira (1654). Fundarte, 1984.

Bibliographie

  • Lourenço Paula, Batailles de l'histoire portugaise - Défense des outre-mer., vol. X., . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • David Marley, Guerres des Amériques: une chronologie des conflits armés dans le Nouveau Monde, 1492 à nos jours, (ISBN 978-0-87436-837-6). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • icône décorative Portail de l’histoire militaire
  • icône décorative Portail du Portugal
  • icône décorative Portail des Pays-Bas
  • icône décorative Portail du Brésil
  • icône décorative Portail du monde colonial