Bataille de Torrevicente
| Date | 9 juillet 981 |
|---|---|
| Lieu | Torrevicente, près d'Atienza, Espagne |
| Issue | Victoire de Cordoue |
| Rebelles musulmans Comté de Castille Royaume de Viguera |
| Ibn Abi ‘Amir | Ghâlib † García Ier de Castille Ramire de Viguera † |
| Inconnues | Inconnues |
| Inconnues | Inconnues |
| Coordonnées | 41° 20′ nord, 2° 56′ ouest | |
|---|---|---|
La bataille de Torrevicente oppose le une force fidèle au califat de Cordoue, sous le commandement d'Almanzor, à une force rebelle dirigée par Ghâlib et ses alliés chrétiens, le roi Ramire de Viguera et le comte García Ier de Castille.
Contexte
L'intention de Ghâlib est de poursuivre la politique des califes précédents, Abd al-Rahman III et al-Hakam II, qui consiste à maintenir pacifiquement sa suprématie sur les principautés chrétiennes. Ibn Abi ‘Amir poursuit une nouvelle politique de « Djihad », illustrée par ses sept actions agressives contre les chrétiens au cours des trois années précédentes [1].
Bataille
Les armées de Ghâlib et d'Ibn Abi ‘Amir arrivent devant le château de « Sant Biyant », c'est-à-dire San Vicente (probablement Torrevicente, près d'Atienza, selon Évariste Lévi-Provençal), comme convenu au préalable par voie diplomatique. Le vendredi se passe sans combat, peut-être par respect pour la fête musulmane, mais le samedi les combats commencent. Ibn Abi ‘Amir commande le centre de son armée, tandis que la droite, composée de Berbères, est sous le commandement d'Abou Ya‘far ibn ‘Ali al-Zabi ainsi que de son frère Yahya, et la gauche est sous le commandement conjoint d'Ahmad ibn Hazm, d'Abou-l-Ahwas Ma‘n ibn ‘Abd al-‘Aziz al-Tuyibi et d'al-Hasan ibn ‘Abd al-Wadud al-Salami [2],[3].
Ghâlib est un octogénaire à cheval, coiffé d'un haut casque qui mène lui-même la charge initiale contre les Berbères, qui rompent immédiatement les rangs et prennent la fuite. L'aile gauche cède également sous la charge et chacun ne pense qu'à lui-même. Après avoir dispersé les deux flancs d'Ibn Abi ‘Amir, Ghâlib aurait prié Dieu d'aider celui qui serait le plus apte à mener les musulmans. Puis, éperonnant son cheval, il descend dans un ravin voisin. Ses camarades ne le suivent pas, mais après une longue absence, ils partent à sa recherche et le trouvent mort au sol, son cheval immobile à proximité. La cause du décès est inconnue. Croyant que la mort de Ghâlib est un signe divin, une grande partie de ses partisans va demander la paix à Ibn Abi ‘Amir. Celui-ci, croyant à un stratagème, exige une preuve de la mort de Ghâlib. L'un apporte son sceau, un autre sa main, et un autre encore son cheval. Les musulmans infligent alors une lourde défaite aux alliés chrétiens de Ghâlib. Les troupes musulmanes restantes de Ghâlib, paniquées, prennent la fuite en direction d'Atienza, poursuivies tout au long du chemin par les forces d'Ibn Abi ‘Amir. García Ier de Castille réussit à s'échapper, mais Ramire de Viguera est retrouvé parmi les morts, avec de nombreux autres chrétiens. Les historiens musulmans interprètent la bataille comme une victoire sur les chrétiens [4].
Conséquences
Ramire de Viguera et Ghâlib périssent tous deux au cours de la bataille, et Ibn Abi ‘Amir remporte la victoire. Il s'agit de la douzième campagne militaire d’Ibn Abi ‘Amir, appelée dans les sources musulmanes « Campagne de la Victoire » (« Campaña de la Victoria ») [1]. Ibn Abi ‘Amir poursuit sa victoire en prenant Atienza et Calatayud (Qalat Ayub), les centres de soutien de Ghâlib, et en lançant une razzia en Castille [4],[5]. Après soixante-dix-huit jours de campagne, il revient triomphalement à Cordoue le , recevant le titre honorifique califal « al-Manṣūr bi-llāh » (qui signifie « victorieux par Dieu »). C'est par la latinisation médiévale de « al-Manṣūr » qu'Ibn Abi ‘Amir est aujourd'hui surtout connu : Almanzor. À Cordoue, la peau de Ghâlib est bourrée de coton et crucifiée à la porte de l'« alcázar ». Sa tête, également clouée sur une croix, est placée à la porte de Madinat al-Zahira, où elle reste jusqu'à la destruction de ce lieu.
Notes et références
- Martínez Díez 2005, p. 497.
- ↑ Martínez Díez 2005, p. 497–99.
- ↑ Cañada Juste 1982, p. 33–34.
- Ruiz Asencio 1968, p. 46.
- ↑ Martínez Díez 2005, p. 500.
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