Bataille de l'Inaouen (1902)
La bataille de l'Inaouen est un conflit survenu le durant la révolte de Bouhamara secouant le nord du Maroc, entre des tribus partisanes du Rogui, et les harkas (corps expéditionnaires) du makhzen marocain, qui conclut sur la victoire des partisants de Bouhmara. Elle est considérée comme le premier grand succès du chef révolté.
| Date | 22 décembre 1902 |
|---|---|
| Lieu |
Vallée de l'Oued Inaouen, |
| Issue |
victoire des Partisans de Bouhamara
|
| Partisants de Bou Hamara : |
| Rogui Bou Hmara (présence incertaine) |
| Lourdes pertes matérielles (prise de toutes les armes et munitions des troupes du Makhzen, leurs tentes, provisions, argent et concubines) |
Révolte de Bouhamara
Contexte
Nous sommes au début de l'année 1902, quand un surnommé "Bouhamara" (l'Homme à l'Anesse) prétend être le frère emprisonné du sultan Abd al-Aziz, Moulay Mhammed ben al-Hassan. Ce dernier séduit plusieurs tribus originellement dans la région du nord de Fès et de Taza, où il prêche le jihad contre le makhzen qui collabore, selon lui, avec les mécréants. Il séduit plusieurs tribus (dont Hyayna, Tsoul, Ghiata, Branes), qui la même année lui prêteront allégeance, au tombeau de Sidi Mhammed Belahsen al-Jatani, au pays des Hyayna. En des escarmouches et combats on déjà lieu entre Bouhmara et le Makhzen[1],[2].
Le sultan, ayant marre de la révolte, qu'il pense pouvoir rapidement maté, envoie 4 harkas en , une dirigé par son frère Moulay Kebir (Abd ar-Rahman ben Hassan), une par Moulay Mohamed al-Alaoui, une par Moulay Abd as-Salam al-Merani et la dernière part le frère du ministre de la guerre El-Menebhi[3].
Déroulement
Les 4 harkas, formaient environ un corps de 15 000 hommes, bien qu'indépendantes les unes des autres, décident de poser leur campement dans la vallée de l'Inaouen, nous sommes vers la fin du mois de Ramadan, et avec la nuit est sur le point, les chefs sont fortement en désaccord sur la manière d'agir ce qui mène à au désordre parmi les troupes. Le repas de la rupture du jeûne était servit, le campement presque festifs, dont même des concubines furent amenés pour les chefs et les soldats[3].
Tout d'un coup, brisant l'air festif de ce ftour en territoire ennemi, les Ghiata déferlent sur le campement, s'opposant à eux une faible résistance, et surtout une grande fuite, presque évaporation des 15 000 hommes, trouvant alors le repas servit, des armes, des munitions, de l'argent, des canons et même des femmes. Les contingents du sultan vont ensuite se faire couper la route par la tribu des Hyayna, qui vont les dépouillés du peu qu'ils leurs reste et rentrerons à Fès en toute hâte, nues ou en haillons[3].
Conséquences
Le sultan étant sur le point de rejoindre les harkas, se replia rapidement à Fès voyant ses troupes revenir totalement défaites[1]. Ceci créa un sentiment de panique général dans la capitale, où les habitants s'apprêtaient à défendre la ville, fermant les boutiques de la médina et se mettant en condition de faire face à un déferlement venu du nord. Déferlement qui ne viendra pas, le Rogui part après sa victoire à Taza, en pays Ghiata, où il y passe l'Aid al-Fitr accueilli en grand sultan. Il épousera là bas d'ailleurs une femmes des Ahl Tahar, fraction puissante de la tribu des Ghiata[4]. Bouhamara rendra également tous les esclaves capturés durant la bataille à Abd as-Salam al-Merani, à l'exception d'un surnommé "Moul al-Wudhu" (signifiant ”Celui aux ablutions”) qui deviendra un proche du Rogui en le rejoignant dans sa cause et mènera même ses troupes[5].
Références
- Jean Mauclère, Lyautey: Prince Lorrain, FeniXX réédition numérique, (ISBN 978-2-307-19775-1, lire en ligne)
- ↑ (ar) العمراني, محمد, « قبيلة بني مسَّارة وثورة بوحمارة », الحوار المتوسطي, vol. 8, no 2, , p. 167 (ISSN 2571-9742, lire en ligne [archive du ], consulté le )
- Eugène Aubin, Le Maroc dans la tourmente: 1902-1903, Eddif, (ISBN 978-9981-896-48-2, lire en ligne), p. 142
- ↑ Eugène Aubin, Le Maroc dans la tourmente: 1902-1903, Eddif, (ISBN 978-9981-896-48-2, lire en ligne), p. 143
- ↑ (ar) عبد الوهاب بن منصور, أعلام المغرب العربي الجزاء الأول, (lire en ligne), p. 313
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