Le Bataillon d'Artillerie (BnAie, en néerlandais Bataljon Artillerie) est l'unique unité d'artillerie des Forces armées belges.
Historique
Origines
Suite à la réforme de la Défense de 2009, toutes les unités d'artillerie de l'Armée belge, à l'exception d'une seule, ont été dissoutes[1].
La Bataillon d'Artillerie naît de la fusion du 2de Regiment Veldartillerie (2e Régiment d'Artillerie de Campagne - 2A) - dont il reprend les traditions et l'étendard - du 14de Regiment Luchtdoelartillerie (14e Régiment d'Artillerie Antiaérienne - 14A) et du Département d'Artillerie (héritière traditionnelle du 6e Régiment d'Artillerie).
L'unité est opérationnelle depuis . Les dernier obusiers M109 A4BE ayant tous été mis au catalogue de vente de la Défense à partir de 2008[2], le Bataillon reçoit les obusiers LG1 105mm précédemment utilisés par la Batterie d'artillerie de campagne para-commando, elle-même fusionnée avec le 2A en 2004[3].
2010-2025
En 2017, suite à la "Vision Stratégique pour la Défense 2030" du ministre Steven Vandeput, les capacités de défense aérienne du bataillon sont abandonnées[4]. Toutefois, ces capacités sont mises sous cocon pour être préservées et en 2020, il est annoncé qu'une batterie d'artillerie de défense aérienne serait réactivée avant 2030.
En , le bataillon est intégré à la Brigade motorisée pour laquelle il assure l'appui-feu[5]. Cet appui aux unités de la Brigade consiste en des missions d'observation grâce à des contrôleurs aériens avancés (JTAC, Joint terminal attack controller) et des tirs d'artillerie. 10 % de ses effectifs sont également formés comme parachutistes commandos et peuvent être déployés en appui des unités du Special Operations Regiment.
En 2025, le bataillon jusqu'alors uniquement néerlandophone devient bilingue en développant son unité à Marche-en-Famenne.
Le décret royal n° 6158a du attribue un étendard à chaque régiment d'artillerie. Le 2e régiment d'artillerie se voit ainsi remettre son étendard par le roi Albert 1er le à Beverlo.
Une fois survenue la cessation des combats fin mai 1940, l'étendard est brûlé. Le lion fut remis au Musée royal de l'Armée le .
En 1946, le 2e régiment d'artillerie reprend ses traditions. L'étendard est à nouveau attribué au régiment et une nouvelle toile est confectionnée. Le , la passation d’étendard de l’ancien au nouveau commandant se fait en présence du ministre de la Défense.
L’étendard reste ainsi dans l’unité, qui devient 2e bataillon d'artillerie en 1951, jusqu’à sa dissolution en . En , il devient l’étendard du Bataillon d’Artillerie.
L'étendard porte les inscriptions suivantes en français sur le recto et en néerlandais sur le verso :
La mascotte du groupe principal est une chèvre offerte par la ville de Lierre, ville marraine du bataillon d'artillerie depuis 2011 après avoir été celle du 2e Régiment d'Artillerie de Campagne depuis 1962[7].
Un peloton équipé de missiles sol-air Mistral 3, en montée en puissance depuis 2023.
Matériel
Pièces d'artillerie
Deux obusiers LG1 tractés par deux Dingo 2 du Bataillon d'Artillerie lors du défilé de la fête nationale, à Bruxelles, le 21 juillet 2025.14 obusiers GIAT LG1, 105 mm;
Dans le cadre du programme CaMo (Capacité Motorisée) puis CaMo 2 en partenariat avec la France, les capacités d’appui-feu de la Force terrestre seront développées. Cela se concrétise notamment par l’achat de 28 obusiers CAESAR MK II et de 24 mortiers de 120 mm embarqués sur VBMR Griffon MEPAC.
En parallèle, il a été décidé en , décision renforcée dans la Vision stratégique Défense 2025[11], que le Bataillon d’Artillerie serait scindé en deux bataillons, un néerlandophone et un francophone[12]. Le premier aura essentiellement pour mission d'appuyer la 1e Brigade et le second la 7e Brigade (recréée en ) et sera basé à Marche-en-Famenne[13]. Ce dernier sera toutefois placé sous le commandement hiérarchique du bataillon de Brasschaat. A terme, les effectifs seront portés à 630 artilleurs à Brasschaat, 250 à Lombardsijde et 380 à Marche-en-Famenne[14].
La Vision stratégique prévoit que la structure du bataillon soit transformée comme tel :
2 batteries d’artillerie de campagne (chacune composées de 2 sections à 4 CAESAR Mk II);
1 batterie de mortiers (équipée de 8 Griffon MEPAC);
1 batterie de munitions rôdeuses d’attaque;
1 batterie de défense sol-air basse couche (Counter Unmanned Aerial System (CUAS) et Very Short Range Air Defence (VSHORAD)), notamment sur Mistral 3 et Serval CUAS avec canon de 30 mm[15].
1 batterie d’équipes de liaison destinées à coordonner les feux (JTAC), des éléments C² sur Griffon et des radars et des senseurs de contre-batterie.
Le bataillon francophone, en appui de la future 7e Brigade, sera quant à lui composé d’une batterie d’artillerie de campagne ainsi que d’une batterie MEPAC.
Par ailleurs, au moins 15 Griffon «véhicule d’observation d’artillerie» (VOA) ainsi que des systèmes radar longue portée de contre-batterie et des capteurs acoustiques, une station météo mobile et de l’équipement JTAC seront acquis.